Au 9e étage du Pullman, la tour Eiffel sous tous les angles

Dans la nouvelle Suite Signature du Pullman Paris Tour Eiffel, le chef pâtissier Tanguy Tribet dévoile sa bûche de Noël entièrement façonnée à la main, sans aucun moule. Une soirée au champagne Laurent-Perrier, entre savoir-faire français, design contemporain et perspective inattendue sur une Dame de fer que l’on croyait pourtant connaître par cœur.

Il est 17 h 56. À peine arrivés dans la nouvelle Suite Signature du Pullman Paris Tour Eiffel, nous filons sur la terrasse. Face à nous, la Dame de fer dans toute sa splendeur, si proche qu’il devient presque difficile de la faire entrer dans le cadre d’une photographie. Il faut chercher le bon angle, reculer de quelques pas, longer le balcon et s’amuser de cette proximité inhabituelle. Heureusement, la terrasse s’étire suffisamment pour offrir le recul nécessaire et saisir une vue de carte postale sous une perspective que nous n’avions encore jamais découverte.

18 heures. La tour Eiffel s’illumine soudain de mille feux. Le scintillement de sa robe laisse touristes et passants en émoi devant ce chef-d’œuvre de l’ingénieur dijonnais Gustave Eiffel, dont on ne se lasse jamais. En contrebas, les regards se lèvent et les téléphones tentent d’immortaliser cette féerie. Depuis le neuvième étage, le spectacle prend une autre dimension. La dentelle métallique se révèle dans ses moindres détails, offrant un visage singulier, presque méconnu, du monument le plus célèbre de Paris.

C’est à la nuit tombée que cette nouvelle suite prend une toute autre théâtralité. Imaginée par l’agence GA Architecture, elle s’étend sur 185 m² dans l’esprit d’un vaste appartement parisien, prolongé par une terrasse panoramique de 20 m². Bois texturés, marbres aux veinures expressives, touches de laiton et étoffes naturelles composent un intérieur chaleureux aux lignes contemporaines. Les espaces communiquent naturellement, du salon à la salle à manger pouvant recevoir douze convives, en passant par le bar en céramique Raku réalisé sur mesure par l’artiste française Fabienne L’Hostis. Une cave à vin intégrée, des œuvres d’art et un mobilier choisi avec soin donnent à l’ensemble des allures de résidence privée. La chambre et sa salle de bains, dotée d’une belle baignoire et de produits Clarins, prolongent cette atmosphère feutrée.

Mais l’une des trouvailles les plus intéressantes se découvre le long des fenêtres. Des miroirs, disposés selon des angles judicieusement étudiés, multiplient les reflets de la tour Eiffel, au point que celle-ci reste visible même lorsqu’on lui tourne le dos, réapparaîssant dans un jeu de perspectives fascinant. Impossible de lui échapper, et l’on ne s’en plaindra pas. Les tapis reprennent eux-mêmes les ombres de sa structure métallique, comme un discret rappel de sa présence.

La soirée se poursuit autour d’une coupe de champagne Laurent-Perrier et d’une tradition française indissociable des fêtes de fin d’année : la bûche de Noël. Cette année, le chef pâtissier Tanguy Tribet a choisi de célébrer la noix de coco dans toutes ses textures avec une création baptisée L’Absolu Coco, dont la particularité tient autant à son goût qu’à sa conception.

Trois jours de travail sont nécessaires pour élaborer cette bûche entièrement façonnée à la main, sans aucun moule. Un parti pris peu commun dans l’univers de la pâtisserie, où la précision repose souvent sur des formes préétablies.

« Je ne souhaitais utiliser aucun moule pour cette bûche et voulais la façonner sans contrainte de matériel », raconte Tanguy Tribet, qui puise son inspiration dans ses racines professionnelles, notamment au Meurice et au Café de l’Homme, où il a occupé son premier poste de chef pâtissier.

Pour lui donner forme, le chef s’est inspiré du principe des poupées russes, concevant chaque élément séparément avant de les assembler pour reproduire les veinures du bois. L’ensemble est ensuite enveloppé d’un pochage de crème coco tout en légèreté. Un travail minutieux où la maîtrise technique laisse une large place à la liberté du geste.

À la dégustation, la bûche se révèle particulièrement onctueuse, sans excès de sucre. Les textures se succèdent et se répondent, laissant la noix de coco exprimer toute sa douceur avec subtilité. Une gourmandise qui rappelle combien la pâtisserie française, héritière d’un savoir-faire d’excellence, sait encore surprendre avec un dessert aussi familier que la bûche de Noël.

Tanguy Tribet recommande de l’accompagner d’un verre de vin chaud, d’un chocolat chaud pour les plus gourmands ou, tout simplement, de champagne. Un mariage harmonieux des bulles apportant une agréable fraîcheur à la douceur de la coco.

Cette soirée permet aussi d’entrevoir les changements qui se dessinent au Pullman Paris Tour Eiffel. Sous l’impulsion de son directeur général, Benoît Stoltz, l’établissement entreprend une transformation progressive, dont cette Suite Signature constitue l’une des premières réalisations. L’hôtel nourrit notamment l’ambition de décrocher une cinquième étoile dès 2027. Parmi les projets envisagés figurent un spa et un nouveau restaurant sur le rooftop, ainsi que d’autres surprises encore gardées confidentielles.

C’est le moment crépusculaire. Une coupe de champagne dont les fines bulles pétillent en écho aux scintillements de la Dame de fer vient parfaire le tableau. De retour sur la terrasse pour le spectacle de la nouvelle heure, on se fait finalement une raison : mieux vaut immortaliser cette carte postale avec les yeux et l’esprit qu’à travers l’objectif d’un appareil photo.

Daniel Latif
Film : Jordan Rey
Photo :DL /DR