Dis-moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es

« Vous prenez quoi ? »

La question est lancée à la table avec un léger désespoir, alors que tout le monde a déjà choisi. Toi, non. Tu scrutes la carte comme si elle allait soudain te révéler une option cachée, un passage secret, une boisson qui ne dirait rien de toi.

Au café, on ne choisit jamais une boisson innocemment.

Mais la carte n’est pas inspirante. Et pour cause : dans la majorité des cafés français, c’est toujours la même litanie. Coca-Cola, Sprite, Orangina, Schweppes, limonade. Les grands classiques. Ajoutez à ça la bière, le vin et le café. Le tout, sauf après 18 heures, parce que « désolé, on a nettoyé la machine ».

Choisir devient alors un exercice périlleux. Car quoi que tu prennes, tu seras jugé.

Un Coca ?
Quelle audace. Le choix par défaut, celui qu’on prend quand on n’a plus d’idées, ni d’énergie mentale.

– Un Schweppes ?
Yes, « What did you expect ?». Le message est clair, inutile de développer.

Une coupe de champagne ?
L’élégance, certes, mais prépare-toi aux regards et à la question rituelle : « Quelque chose à fêter ? »

Un Orangina ?
La boisson nostalgie. Toujours trop chère pour ses 25 cl et toujours un peu frustrante, comme l’enfance.

– Un chocolat chaud ?
Il ne manque plus que le cartable et les petits écoliers pour compléter le tableau.

– Un sirop ?
Toi, tu cherches les ennuis.

– Un cappuccino ?
On entend déjà le soupir du barman depuis le fond du bar.

– Un thé ?
Un Lipton ou un Comptoir Richard sans saveur, qui va surtout réussir l’exploit de chauffer ta carte bancaire plus que ton palais.

– Un café ?
Le quinzième de la journée. Mais comme tu ne savais pas quoi prendre…

– Une bière ?
Ici, pas d’artisanale. Juste de la bière de soif. Pour ne pas dire autre chose.

– Un verre de vin ?
Le fameux Pic Saint-Loup ouvert depuis deux jours, qu’on essaie de refourguer à toutes les sauces.

Un vin chaud ?
Malheureux. On ne fait pas ça — correctement — en France.

Un Spritz ?
Tu le prends par mimétisme. En réalité, tu n’aimes pas ça.

– Un mojito ?
Tu veux surtout croquer de la glace et te faire remarquer par le bruit de la paille.

– Un ginger beer ?
Original, mais tu vas devoir expliquer à toute la table qu’il n’y a pas d’alcool dedans. Personne ne te croira.

– Un Perrier ?
Ambiance. Heureusement qu’il y a la rondelle de citron pour mettre un peu de soleil dans Paris.

– Un Ricard ?
On entend déjà les cigales et les boules de pétanque claquer peuchère.


Un Ricqlès ?
Allons. Tu ne les fais vraiment pas. Le bar non plus, d’ailleurs, depuis le siècle dernier.

– Une Suze ?
Tu veux surtout vérifier que l’inventaire a été bien fait. Spoiler : oui, RAS.

Une Red Bull ?
« C’est pas bon pour la santé », « c’est dégueu » avec grimaces à la chaîne. Les mêmes personnes qui en ont vidé des litres à la vodka en soirée.

– Un jus en bouteille ?
Secoue-le bien et prépare un peu d’eau pour faire passer l’acidité.

Un jus pressé ?
Plus de pamplemousse, plus de citron, plus d’orange. En fait, le serveur a juste la flemme.

Un Jägermeister ?
Là, tu as lâché une bombe. Te voilà immédiatement catalogué.

Un kir ?
Bon choix… jusqu’au moment où la serveuse précise : fraise, myrtille ou framboise.

Alors tu finis par opter pour une Valse.
On avait compris que tu ne savais pas sur quel pied danser. Quoi qu’il en soit, prépare-toi à devoir expliquer ce que c’est.

À ta santé.

Daniel Latif
Photo : DL /DR

« Ça y est ! » Ali Akbar est enfin décoré

Figure emblématique de Saint-Germain-des-Prés, mascotte du Quartier latin, il a même son portrait en fresque à l’angle de la rue du Four et des Canettes. Après plus de cinquante ans passés à vendre des journaux dans la rue, Ali Akbar — dernier représentant d’une profession en voie de disparition — a reçu la médaille de chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Chaque jour, il parcourt encore plus de quinze kilomètres à pied, un paquet de journaux sous le bras, pour en vendre à peine une quarantaine d’exemplaires. Une réalité qui n’étonne plus vraiment : dans les transports, les regards sont rivés aux écrans, et ceux qui font le choix délibéré de la matérialité du papier deviennent rares, presque précieux.

Dernier vendeur de journaux à la criée, Ali Akbar arpente inlassablement les rues parisiennes, notamment à Saint-Germain-des-Prés. Le Monde, Le Figaro, Libération parfois Charlie Hebdo : il les porte comme on porte une mémoire vivante. Malgré sa notoriété, malgré les interviews, malgré l’âge et même malgré la retraite, Ali bat encore le pavé, brandissant ses journaux comme d’autres lèvent un drapeau.

Il connaît ses clients par cœur. Se souvient des prénoms, des habitudes, des préférences — Le Monde pour l’un, Le Figaro pour l’autre, Libération pour les plus fidèles. Peu importe la météo. Qu’il pleuve, qu’il neige ou que le froid saisisse les doigts, Ali pousse la porte du Café de Flore, des Deux Magots ou d’un restaurant du quartier, et apporte avec lui une gaieté immédiate, presque contagieuse.

« Ça y est ! Trump va racheter la Corse ! »

Car Ali ne vend pas seulement des journaux. Il annonce l’actualité à la criée, à sa manière. Il l’improvise, la détourne, la poétise parfois. Toujours avec la même anaphore, devenue signature : « Ça y est… ». Une accroche qui amuse la galerie, déclenche des sourires, interrompt une conversation. Entre deux bons mots échangés avec les habitués, les touristes venus chercher leur exemplaire ou les serveurs qui le saluent, les titres prennent une autre saveur : « Ça y est ! François Fillon a rendu l’argent ! », « Ça y est, Marine le Pen s’est convertie », « Ça y est ! Sarah Knafo est avec François Hollande ! ».

Et pendant quelques secondes, au détour d’un café parisien, l’actualité redevient une voix, un corps, une présence.

Un monde où le journal est un lien, un prétexte, un sujet de conversation. Un moment de curiosité partagé, quand on jette un œil à la Une que tient nonchalamment le voisin. Un support que l’on peut griffonner, plier, déchirer parfois, et conserver précieusement aussi — un encadré, une photo, un titre, un fragment du jour.

Un bout d’histoire en guise de témoignage, fragile et tangible, qui rappellera à la postérité qu’il fut un temps où l’on touchait l’actualité du bout des doigts, et où, oui, on avait encore une sensibilité.

Ça y est !
Le papier n’a peut-être pas dit son dernier mot ?

Daniel Latif
Photos : DL /DR

Ça, c’est l’effet Cauet

Mardi 27 janvier, 6h55.

Le réveil s’allume. La chanson qui passe sur Europe 2 est Blue du groupe Eiffel 65. Pendant quelques secondes, le doute est permis. Le décor sonore est celui d’un début de journée de janvier au début des années 2000. Une époque où les matinales radio donnaient encore le tempo des journées, où l’on se levait avec les mêmes voix, les mêmes jingles, les mêmes réflexes.

Puis la voix arrive : « Da beu di da beu da, booonnjooour, oui je sais, c’est très pénible d’avoir un type qui chante à côté de vous quand vous n’êtes pas réveillé », lance Cauet, d’une étonnante vitalité.

Le retour vers le futur se fera pourtant par une autre voix. Celle de Piètre, son fidèle acolyte, qui nous ramène aussitôt en 2026 d’une phrase sèche et familière : « et je sais de quoi je parle », bougonne-t-il, lui qui revit « la même routine matinale depuis le 28 avril 2025 ».

Ce matin-là, Cauet le confesse d’ailleurs à l’antenne : « On est à l’heure pour une fois, pile poil » lance-t-il avant le top horaire.

Il pleut des cordes à Paris. Rien n’invite à sortir du lit, encore moins à partir travailler. Et pourtant, dès que l’on allume le poste, cette voix que l’on a tant entendue refait surface. Une voix qui a accompagné et sorti du lit des générations d’auditeurs.

Nous sommes bien en 2026. Cauet est de retour sur Europe 2.

Les horaires ont toutefois évolué, passant de 6h-10h à 7h-11h. Les murs aussi ont changé : le mythique 26 bis rue François 1er, dans le 8e arrondissement, a laissé place, depuis quelques années déjà, à la rue des Cévennes, dans le 15e. Pour le reste, tout semble étrangement familier : quasiment le même jingle, les mêmes notes, la même mécanique.

Toujours épaulé par Piètre, Cauet s’entoure désormais de Stouf et Corentin. L’émission est parfaitement huilée. Il enfile ses oreillettes et prend l’antenne avec ce flegme d’antan, intact.

Au programme du jour : quizz sur les entreprises françaises, infos insolites, chansons parodiques, jeux avec des auditeurs, de gros cadeaux à gagner jusqu’à un an de loyer offert. Une formule éprouvée, qui n’a manifestement pas pris une ride.

Dans « L’émission qui déchire », on parle de tout. Sans prétention, mais toujours dans une atmosphère de convivialité. Les discussions passent du covering mat des voitures à la manière dont Instagram a démocratisé le mauvais goût en matière d’accords de couleurs et de carrosseries.

Les séquences s’enchaînent avec rythme et fluidité. L’auditeur est happé. Cauet donne régulièrement la parole à « la France qui bosse et qui se lève tôt ». Artisans, plombiers, boulangers, personnel hospitalier. Ce matin-là, c’est Nathan, médecin, qui intervient. Il évoque les déserts médicaux, un sujet sérieux, traité sans lourdeur, avant que l’équipe n’enchaîne sur un quizz pour mieux connaître son métier et glaner quelques anecdotes croustillantes de son quotidien.

L’ambiance est familiale. Et surtout, on rit. Les auditeurs le disent eux-mêmes. Michael, plombier dans l’Aisne, résume l’état d’esprit : « je me fends la gueule tout le temps, vraiment, avec vos histoires ».

« C’est vrai qu’on rit avec pas grand-chose », concède Cauet.

Rien n’a réellement changé. Et ce n’est pas un hasard. L’émission conserve ce petit côté Jackass qui amuse la galerie et réveille une nostalgie assumée.

Quand Piètre se lamente de n’être que le mardi, Cauet réplique aussitôt, « je suis bien le matin, je suis bien le mardi, j’arrive en roulade. D’ailleurs, ça fait longtemps que j’ai pas fait de roulades, vous vous souvenez ? On faisait la roue quand on était à l’école ».

Le défi est lancé. Il se poursuivra dans le couloir pendant la publicité.

Cauet et sa bande rient de tout. Ils s’en amusent sans jamais se moquer. Rien de clivant, rien d’excluant. Toujours une forme de bienveillance, presque affectueuse. Le jeu des imitations fait partie du rituel : Pierre Bellemare, François Hollande, Trump… le répertoire est large.

La politique n’est pas absente. Elle est commentée, discutée, replacée dans l’actualité. Mais toujours avec une approche de bon sens. « Je ne fais pas de politique quand je dis ça », prend-il soin de préciser.

« Les années Europe 2 »

En l’an 2000 déjà, Cauet, alors directeur d’antenne d’Europe 2, nourrissait l’envie de prendre le micro. Un savant mélange de pilotage éditorial et de création qui avait permis de faire de la matinale la plus populaire de France, propulsant la station en tête des audiences radio, notamment auprès des jeunes.

Le passage d’Europe 2 à Virgin Radio, entre instabilité managériale et abandon d’une marque pourtant solidement installée, a marqué un tournant. Un virage qui a durablement fragilisé la station.

Aujourd’hui, ça s’entend, ça se voit. Cauet aime ce qu’il fait, au-delà de son talent : « moi j’aime profondément la radio, oui, comme j’aime profondément le fait de parler aux gens, j’aime la radio ».

Alors Europe2 rejoue la carte de la madeleine de Proust. Comme un reboot d’une série doudou, on reprend l’animateur chouchou et on relance une époque. Et les chiffres suivent.

La matinale de Cauet enregistre une forte progression d’audience, rassemblant 672 000 auditeurs entre 7h et 11h, avec une hausse marquée en un an, notamment sur la cible des 25-49 ans, atteignant ses meilleurs niveaux de part d’audience depuis cinq ans.

Parfois, il suffit d’une voix, d’un ton, d’une ambiance familière pour se sentir à nouveau en famille. Celle qui accompagne les réveils, rassemble les générations et rappelle pourquoi on aime tant la radio. Refaire vivre les plus belles « années Europe 2 », c’est sûrement ça c’est l’effet Cauet.

Daniel Latif
Photos : DL /DR

Qui a peur du retour de Friends ?

À chaque époque ses fantômes. Les années 2020 ont les leurs : des sitcoms que l’on croyait rangées au grenier mais qui continuent de hanter écrans, plateformes et réseaux sociaux. On les regarde, on les cite, on les détourne en mèmes, on les transmet. Et parfois, elles reviennent pour de bon. Pas comme un simple retour opportuniste, mais comme la continuité logique d’un attachement qui, lui, n’a jamais disparu.

Impossible de parler de ce phénomène sans évoquer Friends. Depuis la fin de la série en 2004, la question de son retour n’a jamais cessé d’exister. Elle a simplement changé de forme : film rêvé, saison fantasmée, nouvel épisode espéré… jusqu’à The Reunion en 2021. Une non-suite, en apparence. Mais un message limpide : Friends n’est jamais devenue une série du passé.

« Retrouver un vieil ami »

Le succès massif des retrouvailles dans The Reunion a confirmé ce que les fans disent depuis des années. Friends n’est pas seulement une série culte, c’est une série-refuge. Une “série doudou”, répètent souvent les spectateurs interrogés. Une œuvre que l’on relance en boucle, parfois en bruit de fond, simplement pour retrouver une sensation familière. Certains parlent même d’un rituel quotidien, presque thérapeutique.

Cette relation intime dépasse largement le seul cas de Friends. Pour Mark Blutman, scénariste emblématique de Boy Meets World (L’incorrigible Cory) et Girl Meets World (Le Monde de Riley), ce besoin s’explique simplement : revenir à ces séries, c’est retrouver des personnages avec lesquels on se sent immédiatement à l’aise, « comme rendre visite à un vieil ami ». Et qui, dans un monde plus fragmenté et plus anxiogène, n’a jamais ressenti ce besoin de familiarité ?

Ce paradoxe traverse tous les témoignages de fans : beaucoup se disent réticents à l’idée d’une suite, par peur d’abîmer un souvenir idéalisé. Mais presque tous reconnaissent qu’ils regarderaient quand même. Par fidélité. Par attachement. Parce que certaines séries, selon la communauté de fans, « font partie de la famille ».

Quand le retour fonctionne

Si Friends concentre toutes les attentes, d’autres sitcoms ont montré que le retour pouvait être une réussite. Fuller House, prolongement direct de Full House (La fête à la maison), a trouvé son public en jouant la carte de la transmission générationnelle. Même logique avec Girl Meets World, qui n’a jamais cherché à effacer Boy Meets World, mais à dialoguer avec elle en gardant dans son casting, entre autres, Ben Savage et Danielle Fishel.

Le cas le plus emblématique reste sans doute Will & Grace. Quatorze ans après sa fin, la série est revenue en 2017 pour trois saisons complètes, sans renier son ADN. Un retour qui a rappelé qu’une sitcom pouvait reprendre sa place sans se réinventer artificiellement.

Certains détails n’ont rien d’anodin. L’apparition de David Schwimmer dans Will & Grace, dans un rôle volontairement antagoniste à Ross, a ravivé la mémoire collective. Voir l’un des visages les plus identifiés de Friends ailleurs, même en contre-emploi, n’a fait qu’amplifier souvenirs et spéculations chez les fans.

Fantômes persistants et rumeurs tenaces

D’autres séries restent à l’état de murmure, mais de murmures insistants. Les rumeurs d’un retour de Who’s the Boss? (Madame est servie) refont surface régulièrement, tandis que Curb Your Enthusiasm prouve qu’une sitcom peut s’absenter, revenir, puis disparaître à nouveau, sans jamais perdre sa place dans l’imaginaire collectif. Ces allers-retours dessinent une nouvelle temporalité des séries, moins linéaire, plus organique.

Cette persistance des rumeurs n’est pas qu’un phénomène affectif. Pour Steve Callaghan, scénariste et producteur de American Dad et Family Guy, elle s’explique aussi par une réalité structurelle de l’industrie télévisuelle contemporaine. Avec la multiplication des chaînes, du câble et des plateformes, les audiences se sont fragmentées, rendant de plus en plus difficile l’émergence de nouveaux succès fédérateurs. Dans ce contexte, relancer une série déjà connue permet aux décideurs de rassembler plus facilement un public existant et de limiter la prise de risque, une logique qui s’impose d’autant plus dans un marché saturé.

La nostalgie parle aussi français

Ce mouvement ne concerne pas uniquement les États-Unis. En France aussi, la nostalgie sitcom travaille le paysage audiovisuel. Depuis plusieurs années, Cyril Hanouna et Jean-Luc Azoulay, figure historique des sitcoms AB, réfléchissent ouvertement à un retour de Les Filles d’à côté.

Parallèlement, les sitcoms françaises des années 1990 connaissent une seconde vie bien réelle sur la chaîne YouTube Génération Sitcom. Les commentaires, souvent collectifs, montrent que ces séries sont encore regardées « en famille », commentées épisode par épisode, comme un souvenir partagé que l’on refuse de laisser disparaître.

Une vraie sitcom, c’est un savoir-faire

Si ces retours fonctionnent — ou suscitent autant d’attente — c’est aussi parce qu’ils reposent sur un format extrêmement codifié. Une “vraie” sitcom n’est pas une simple série comique. Comme le rappelle Philippe-Louis Martin, producteur et réalisateur de sitcom québécoises comme Majeurs et vaccinés, Catherine et Dominic et Martin, « une sitcom, c’est une histoire complète par épisode, avec un début, un milieu et une fin ». Un format pensé pour le rendez-vous, la répétition et le confort du spectateur.

Sur le plan technique, Joey Lawrence, l’acteur principal dans la série Brotherly Love insiste sur le format multicaméra, le jeu face au « quatrième mur » et surtout la présence d’un vrai public. Contrairement à une idée reçue tenace, les rires ne sont pas faux : ils sont captés en direct, lors du tournage. Les nouvelles saisons de Will & Grace l’ont d’ailleurs rappelé explicitement au début de chaque épisode.

Will Friedle, acteur dans Boy Meets World, le résume parfaitement : une sitcom est une forme de théâtre filmé. Le rythme, la précision du montage, le comptage quasi mathématique des rires font partie intégrante de ce savoir-faire aujourd’hui parfois mal compris, mais toujours recherché.

Friends, partout, tout le temps

Si Friends continue de vivre, ce n’est pas seulement à travers ses épisodes. L’univers de la série s’étend bien au-delà de l’écran. The Friends Experience y contribue notoirement avec des expositions immersives à travers le monde. Des répliques de décors, les tasses Central Perk, les vêtements, ainsi qu’un merchandising des plus foisonnants jusqu’aux collaborations ponctuelles avec des marques comme McDonald’s, encore aujourd’hui, témoignent d’un phénomène toujours extrêmement actif.

Pour de nombreux fans, consommer Friends aujourd’hui passe autant par ces expériences que par le visionnage des épisodes. Une manière de prolonger la relation, de faire exister la série dans le quotidien, comme un souvenir que l’on matérialise.

Au-delà de la sitcom, un même désir de retour

La disparition de Matthew Perry complique évidemment toute perspective de retour classique de Friends. Chandler Bing manque et manquera toujours. Pourtant, les fans, y compris cette nouvelle génération, continuent de regarder, de commenter, de transmettre. Friends appartient désormais à une mémoire collective qui dépasse largement la série elle-même.

Et ce mouvement de retour nostalgique va bien au-delà de la sitcom. Le retour annoncé de Baywatch (Alerte à Malibu), dont de nouveaux épisodes doivent se tourner prochainement à Venice Beach, en est une preuve supplémentaire. Baywatch n’est pas une sitcom, mais elle répond au même appel du souvenir, au même désir de réactiver un imaginaire partagé.

Alors, qui a vraiment peur du retour de Friends ? Peut-être personne. Ou peut-être tout le monde, un peu. Mais si Friends ne revient pas sous cette forme, quelque chose d’autre reviendra. Un spin-off. Une autre série. Une autre bande.
Parce que, sitcom ou non, la télévision n’a sans doute jamais cessé de vouloir nous offrir cette chose simple et précieuse : la possibilité, encore et toujours, de rendre visite à de vieux amis.

Daniel Latif

Aviator Business Lounge, Copenhague : le lounge le plus sain au monde ?

On en a vu, des lounges d’aéroport. Beaucoup. Mais rarement un espace qui pousse aussi loin la réflexion autour du bien-être que le Aviator Business Lounge de Copenhague. Ici, la promesse n’est pas seulement celle du confort ou du calme : elle se joue d’abord dans l’assiette.

Dès le buffet, le ton est donné. Harengs au curry, houmous, pain noir, câpres, chou rouge, artichauts… une sélection aussi nordique que résolument saine. Les wraps au cottage cheese, pesto et épinards côtoient l’ananas frais, les salades de pâtes, les salades croquantes, le chou rouge et même le flæskesteg, clin d’œil assumé à la tradition danoise.

Le fromage n’est pas en reste et change chaque semaine : brie, fourme d’Ambert, bleu, gouda classique ou encore au cumin. Pour accompagner, du pain noir, des galettes de riz ou des pains façon tartines Wasa. Résultat : des assiettes colorées, généreuses, appétissantes — et surtout parmi les plus équilibrées que l’on puisse trouver dans un lounge.

Une soupe à la tomate vient compléter l’offre, simple et réconfortante, tandis que l’ensemble du buffet parvient à conjuguer esthétique, fraîcheur et cohérence nutritionnelle. Ici, manger avant d’embarquer devient presque un acte réfléchi.

Côté boissons, le lounge fait la part belle aux références danoises. La bière Carlsberg est proposée à la pression, dans sa version classique, mais aussi en Yakima IPA. On retrouve également une bière plus élaborée signée Jacobsen, la célèbre déclinaison de Noël Julebryg de Tuborg, ainsi qu’une Carlsberg Nordic Pilsner 0.0 %, sans alcool.

Le bar surprend aussi par une sélection d’alcools moins attendue : un gin à la rhubarbe Harlegin, à l’équilibre subtil entre douceur acidulée et notes aromatiques, parfait avec un tonic ou un soda ; une liqueur de café Råstoff, élaborée à partir de grains d’arabica ; et, plus inattendue encore, une bouteille de sambuca Casoni, liqueur anisée à base de graines.

Mais un bon lounge ne se résume pas à son buffet. L’Aviator Business Lounge impressionne par la qualité de ses assises : de vrais fauteuils, dignes d’un salon privé, avec maintien de la tête, accoudoirs confortables, et une inclinaison qui invite à s’y installer pendant des heures. Chaque place dispose de sa tablette pour poser un verre ou une assiette, de prises électriques intelligemment réparties et même d’une lampe d’appoint. On se croirait à la maison.

Le silence est un luxe supplémentaire : aucune annonce sonore ne vient troubler l’atmosphère. Il faut simplement garder un œil sur les écrans d’embarquement. La vue donne sur les boutiques et le couloir des débarquements, tandis que deux écrans géants diffusent des chaînes sportives — handball, football ou golf — en fond discret.

Pensé comme un véritable salon à vivre, l’espace se décline en plusieurs zones : repos, travail individuel sur tables basses ou hautes, et même une longue tablée propice au travail en groupe. Une modularité rare, qui transforme l’attente en parenthèse agréable.

À Copenhague, l’escale devient presque un moment à part entière. Et si le lounge le plus sain au monde se trouvait, tout simplement, ici ?

Lire l’article en anglais sur The Interior Review

Daniel Latif
Photos : DL /DR

La patinoire la plus « hyggeligt » du Danemark

Située au cœur de Copenhague, sur la mythique place de Kongens Nytorv, non loin du palais d’Amalienborg, résidence de la famille royale, une scène presque irréelle se dévoile chaque hiver. Juste devant l’iconique hôtel D’Angleterre, une patinoire éphémère s’installe, défiant la solennité du lieu par sa poésie glacée.

L’imposante façade de l’hôtel, mêlant élégamment architecture victorienne et raffinement scandinave, est notoirement connue dans tout le nord de l’Europe pour ses décorations somptueuses et ses illuminations spectaculaires, capables à elles seules de faire oublier les longues nuits d’hiver.

À la tombée du jour, Rexh Shala, responsable de la patinoire, enclenche l’immense guirlande de LED qui enserre l’anneau de glace : « c’est plus hyggeligt ainsi ? » lance-t-il à sa collègue, qui acquiesce aussitôt d’un sourire complice.

« Hygge »… Rexh s’amuse de ce mot que tout le monde tente de traduire. « Le hygge, ça ne se définit pas vraiment. Ça veut juste dire prendre du bon temps, rendre un moment plus cozy et profiter ». Et ici, le concept semble avoir trouvé son écrin parfait.

Installer une telle patinoire au cœur de la capitale danoise n’est pas une mince affaire. Près de deux semaines de travail ont été nécessaires, suivies d’un entretien quotidien minutieux. Un effort largement récompensé : depuis 1999, la patinoire revient chaque hiver, ajoutant une couche supplémentaire de magie et de hygge à cette place royale déjà chargée d’histoire.

Selon plusieurs médias danois, Katy Perry et Orlando Bloom auraient même été aperçus patinant incognito avec leurs enfants. Difficile de résister à l’appel de la glace lorsqu’on séjourne juste en face d’un tel décor.

Parmi les patineurs du jour, Arthur Lervad, menuisier-ébéniste, vient tout juste de s’offrir une paire de patins Bauer. De passage par hasard sur la place, il n’a pas résisté à la tentation d’essayer immédiatement son nouveau cadeau. Un tour, puis deux. Le geste revient vite. Le coup de patin n’a pas été oublié.Arthur se dit « ravi de reprendre le patin à glace, nouvelle résolution de l’année, surtout après huit ans sans patiner ».

Bien calé dans ses Bauer Supreme M40, qu’il juge particulièrement agiles, il rappelle que le patinage est avant tout une question de confort. Pour tout bon patineur, avoir ses propres patins reste essentiel.

Une patinoire circulaire en plein centre-ville, sur une place aussi emblématique, à deux pas de Nyhavn. Ici, personne ne semble pressé. Tout est extravagant, presque irréel, et pourtant profondément apaisant. Les bancs originels de la place, restés accessibles malgré l’installation, invitent à s’y poser quelques instants, à observer, à mieux saisir l’âme de Kongens Nytorv et à en apprécier chaque détail : « c’est un plaisir à regarder », commente Andréa, étonnée de n’avoir vu personne tomber pour le moment.

Au fil des tours, le panorama se dévoile et se redécouvre sans cesse. Le regard glisse sur le patrimoine danois : au centre, la majestueuse statue équestre de Christian V, sculpture baroque datant de 1688 ; un peu plus loin, le Théâtre royal danois ; l’Académie royale des beaux-arts installée dans le palais de Charlottenborg ; l’ambassade de France, dont l’énorme panneau publicitaire, érigé depuis de nombreuses années, vient malheureusement gâcher la vue sur ce bâtiment historique de 1683. Dans le prolongement, les façades multicolores typiquement danoises de Nyhavn, puis Magasin du Nord, ce grand magasin de style Renaissance. La boucle est bouclée.

Il ne manque plus que la neige pour parfaire cette carte postale de Copenhague. Le temps d’un surfaçage, et le miracle se produit. Confirmé par les cris d’émerveillement des passants et des patineurs, les premiers flocons commencent à tomber, de plus en plus nombreux. Les enfants exultent, les adultes retrouvent le sourire. Chacun ralentit, observe et savoure cet instant tant attendu depuis Noël.

Malgré le froid redoutable, la place de Kongens Nytorv n’a jamais semblé aussi chaleureuse, encore plus féerique, enveloppée dans cette parenthèse hivernale où le hygge prend tout son sens.

Daniel Latif
Photos: DL /DR

2026, inattendue, déjà savoureuse

Plusieurs plans m’avaient été proposés : une « masquerade party » — bof — ou une « dancing music party ». Non, merci.

Aucune envie d’un dîner guindé, encore moins de vivre l’impatience artificielle du passage à 2026. Juste celle de prendre le temps. Du bon temps. Sereinement. Il faut le reconnaître : pas de plans a souvent été le meilleur plan. Alors suivons cette philosophie et embrassons la Saint-Sylvestre dans ce qu’elle a de plus précieux : la spontanéité.

Le dîner de réveillon s’improvise ainsi, presque naturellement, chez Mikkeller Færgekroen, au cœur du plus ancien parc d’attractions du monde : le Tivoli. Aucune réservation, évidemment. Mais Clara — serveuse solaire et attentive — trouve une solution.

Me voilà installé face au lac des jardins du Tivoli, là où se déroule un spectacle d’illuminations d’inspiration féerique : lumière, son, laser, feu, fumée et eau s’unissent dans une chorégraphie inspirée de Casse-Noisette, portée par le fil d’or de la musique de Tchaïkovski.

Le hasard fait bien les choses. La rencontre d’un couple bourguignon, venu célébrer un anniversaire, se transforme en discussion chaleureuse, puis en tablée partagée. Le réveillon prend corps.

À table, la tradition danoise se raconte avec sincérité. Des plats classiques, préparés avec soin, à partir d’ingrédients locaux de grande qualité. Le menu de Noël met à l’honneur le pâté de foie maison, le filet de carrelet croustillant, le généreux schnitzel viennois ou encore la poitrine de porc lentement rôtie. La maison excelle aussi dans l’art du smørrebrød, ces sandwichs ouverts emblématiques, travaillés avec précision, saisonnalité et ce savoir-faire danois justement réputé.

Ce soir, je choisis un grand classique : le Stjerneskud, garni de crevettes et d’œufs de truite. Une explosion de fraîcheur, nette, élégante. Pour accompagner ce plat à la fois savoureux et familier, une stout export sélectionnée par le brasseur Mikkeller : ronde, profonde et réconfortante.

En dessert, le patrimoine gastronomique danois s’invite à nouveau avec un divin risalamande. Et pour conclure, un havtorn snaps : doux, subtilement parfumé à l’argousier, préparé maison. Servi jusqu’à ras bord, comme la tradition l’exige. Skål !

Le froid est mordant, mais ici, le bon sens règne encore. Lampes chauffantes à l’extérieur, chaleur de l’accueil, convivialité assumée : on profite de l’air frais sans renoncer au plaisir.

Direction ensuite l’atelier de Johan Bülow, le confiseur spécialiste des Lakrids, pour une note de réglisse tout en douceur. L’art délicat — presque audacieux — de rendre la réglisse universelle, déclinée en près de vingt parfums permanents, parfois plus selon les saisons : menthe givrée, caramel beurre salé, fraise amère… Une gourmandise maîtrisée.

Puis cap sur le Nimb. L’American Bar offre refuge et chaleur autour d’un gløgg, vin chaud traditionnel accompagné d’amandes et de gâteaux à la cannelle, faits maison bien évidemment.

Le cinq étoiles, à la stature de palace, s’active. Ici, tout est prêt pour offrir à ses hôtes un passage à la nouvelle année inoubliable. Les privilégiés s’apprêtent à rejoindre le rooftop, autour de la piscine, pour assister au feu d’artifice du Tivoli. La direction et le personnel sont aux petits soins ; le temps s’efface dans une parenthèse aussi magique qu’inattendue.

Si cette période devait avoir un parfum, ce serait celui d’Amouage, qui habille harmonieusement le Nimb. Une senteur délicate, présente jusque dans les savons et crèmes pour les mains — attention précieuse en cette saison où la peau est mise à rude épreuve.

À 23 heures, le Tivoli lance officiellement les festivités. Un feu d’artifice orchestré par une équipe de pyrotechniciens chevronnés, mondialement reconnus. Un spectacle éblouissant qui laisse petits et grands les yeux levés, et semble émouvoir jusqu’au ciel lui-même.

Une coupe de champagne Ruinart accompagné d’un kransekage — que je surnomme affectueusement le gâteau de la reine, tant il est associé aux mariages royaux et réceptions officielles — viennent sceller l’instant. Une douceur de pâte d’amande, en anneaux superposés, simple et symbolique.

Skål og godt nytår !

Que 2026 soit tout aussi savoureuse.

Daniel Latif
Photos : DL, Flemming Gernyx /DR

Odense, une autre façon d’embrasser l’hiver

Après Copenhague et Aarhus, Odense est la troisième plus grande ville du Danemark. Une ville à taille humaine, douce et attachante, souvent associée à l’une de ses spécialités les plus emblématiques : le marcipan d’Odense. Cette délicate douceur, proche de la pâte d’amande mais plus fine et plus subtile, est fabriquée à partir d’amandes finement broyées et de sucre. Un symbole gourmand devenu presque indissociable de la ville depuis plus d’un siècle.

Capitale de la Fionie, Odense est aussi connue bien au-delà des frontières danoises pour être la ville natale de Hans Christian Andersen. Sa maison d’enfance, devenue un musée que l’on peut visiter aujourd’hui, rappelle que c’est ici qu’est né l’un des plus grands conteurs européens.

Mais Odense ne se résume ni à ses douceurs ni à ses contes. La ville se prête merveilleusement à la flânerie, entre vestiges vikings du Moyen Âge et patrimoine religieux remarquable. La cathédrale gothique Saint-Knud, dont les origines remontent au XIᵉ siècle, domine le centre historique. En hiver, elle fait face à un immense sapin de Noël, point de départ d’une mise en lumière qui se prolonge naturellement jusqu’à la place Flakhaven.

C’est là, au cœur de la ville, que s’installe chaque hiver une patinoire extérieure en vraie glace. Une activité idéale à faire en famille, entre amis, ou même en solo, pour prolonger un peu la magie de Noël quand on trouve, comme beaucoup, que les fêtes passent toujours trop vite.

Dès l’arrivée, l’ambiance est chaleureuse. Accueilli par une équipe souriante, on enfile ses patins avant de s’élancer sur la glace, dans une atmosphère qui évoque presque un Holiday on Ice à ciel ouvert. La glace est de très bonne qualité, parfaitement entretenue, sans aspérités. Et surtout, on ne s’ennuie pas : une très légère descente d’un côté et une montée tout aussi douce de l’autre viennent casser la monotonie des tours. Une subtilité bienvenue qui apporte du rythme et permet de travailler l’équilibre et la maîtrise du patinage.

Au centre de la patinoire, un banc circulaire invite à la pause. L’occasion d’admirer la vue imprenable sur la mairie d’Odense, dont l’architecture néo-Renaissance de 1893 dialogue harmonieusement avec la cathédrale voisine et les bâtiments historiques alentour. À quelques pas, d’autres églises du centre ancien complètent ce décor urbain dense et élégant. La carte postale est parfaite.

Un véritable esprit de famille règne ici. Le temps d’un instant, on devient presque le spectacle des passants, qui s’arrêtent, regardent, rêvent. « C’est beau et ça fait rêver, et en plus ça a l’air super simple », s’émerveille Gitte, replongée dans ses souvenirs de jeunesse, quand elle patinait encore sur des lacs gelés.

À la tombée du jour, lorsque les lumières se reflètent sur la glace et que les cloches de Saint-Knud retentissent, le temps semble s’arrêter : la patinoire de Flakhaven devient bien plus qu’une simple attraction hivernale. C’est une parenthèse, encore plus délicate si l’on a la chance d’entendre le carillon des quarante-huit cloches. Un moment suspendu où la ville se laisse apprivoiser en glissant. À Odense, l’hiver est une caresse qui donne envie de rester encore un peu.

La patinoire d’Odense à Flakhaven est ouverte tous les jours de 10 h à 21 h. Plus d’informations ici : https://www.city-odense.dk/nyheder/skoejtebane-paa-flakhaven/

Daniel Latif

Journée internationale de la raclette au Drugstore Publicis Champs-Élysées

Les origines de la raclette remonteraient au Moyen Âge, en Suisse, dans le canton du Valais. À l’époque, les bergers valaisans faisaient chauffer leur fromage au feu de bois avant de le racler sur du pain ou des pommes de terre. Un geste simple, rustique, qui donnera son nom au plat.

Le fromage utilisé est aujourd’hui connu sous l’appellation Raclette du Valais AOP, un fromage à pâte mi-dure, traditionnellement fabriqué à partir de lait cru de vache.

En France, la raclette connaît un véritable essor à partir des années 70, avec l’arrivée des premiers appareils électriques permettant de faire fondre le fromage directement à table. La convivialité devient alors indissociable du plat.

Le 13 décembre, la raclette à l’honneur

Le 13 décembre, c’est la journée internationale de la raclette. À cette occasion, Seb a organisé le #ParisRacletteDay au Publicis Drugstore, sur les Champs-Élysées. Un lieu mythique, avec vue sur les Champs et sur l’Arc de Triomphe, qui se prête étonnamment bien à l’exercice. Avec les décorations et illuminations de Noël, la raclette s’y installe comme une évidence, entre effluves de fromage fondu et regard porté sur l’une des avenues les plus célèbres du monde.

La raclette, une affaire de convictions

Pour Clément Cavadore, grand amateur de raclette, il est temps de trancher le débat : « arrêtons de parler de saison de la raclette, car c’est toute l’année la saison ». Un avis partagé par Raimund Kunz, ancien ambassadeur et diplomate suisse, avec qui j’avais eu le plaisir de déguster une raclette un 1er août, au Swissôtel The Bosphorus d’Istanbul, par plus de 35 degrés. Preuve, s’il en fallait une, que la raclette n’a que faire du thermomètre.

Même tonalité chez Yann, chef et restaurateur français : « la raclette, on se pose trop de questions avant de la manger : “est-ce bien la saison ? fait-il assez froid ?” Et on culpabilise après, parce que c’est vrai, ce n’est pas le plat le plus léger. Mais au final, on devrait en manger toute l’année, et ça devrait être remboursé par la sécurité sociale ».

Fromages, variations et liberté

Le fromage à raclette est un fromage au lait cru, à pâte pressée, spécialement élaboré pour être chauffé. Pour l’événement, on retrouve notamment le fromage du Meilleur ouvrier de France, M. Janier. Mais la raclette se décline aujourd’hui pour tous les goûts : à la truffe, au poivre, aux grains de moutarde, au vin blanc, fumée, à l’ail.

La légende dit qu’une vraie raclette repose sur ce trio incontournable : fromage, charcuterie et pommes de terre. Mais les légumes sont toujours les bienvenus, et il serait dommage de s’en priver.

Il est également possible de revisiter la raclette avec du morbier, de la montagnette d’Aydius au Jurançon ou même du saint-nectaire, qui apporte un fondant et une onctuosité remarquables. Et surtout, ne pas oublier les essentiels : les cornichons, oignons et salade.

Une organisation collective

Cette performance a été rendue possible grâce aux bénévoles des Toques Françaises, dont la mission est de partager et valoriser la gastronomie française dans le monde. Grâce à leur mobilisation, un service continu a pu être assuré de 11h à 22h, pour un total de plus de 1 200 couverts.

La balade digestive de rigueur

Après le repas, quoi de mieux qu’une petite marche sur cette avenue mythique ? Les Champs-Élysées, l’Arc de Triomphe, la ville qui continue de vibrer. Il ne manque plus que la neige.

Vivement l’année prochaine !

Lire l’article en anglais sur The Interior Review

Daniel Latif
Photos : Jordan Rey, DL /DR

Les saveurs lyonnaises s’invitent au lounge Air France

Décidément, le lounge Air France du terminal 2F ne cesse de surprendre, notamment sur le terrain gastronomique. Après la présentation de la nouvelle carte signée en personne par le Chef François Adamski — un moment particulièrement remarqué — le salon poursuit sur sa lancée gourmande.

« À l’occasion de la sortie du Beaujolais nouveau, on a élaboré un menu pour la semaine », présente Rudy Faliex, Chef exécutif chez Servair. Une parenthèse événementielle articulée autour des grands classiques des bouchons lyonnais, équivalent régional de la brasserie parisienne.

Toute la semaine, en plus de l’offre chaude habituelle, les voyageurs peuvent ainsi savourer un saucisson brioché, nappé d’une sauce bourguignonne, ou encore une quenelle de brochet relevée d’une bisque de homard. Deux plats emblématiques, pensés pour conjuguer authenticité lyonnaise et élégance du service Air France.

Pour accompagner ces mets, une sélection pointue des vins servis à bord est proposée : un Château Ollieux Romanis, cuvée Prestige 2021, et un Condrieu de Paul Jaboulet, « un vin de connaisseur » glisse Rudy Faliex. De quoi transformer une simple halte en un véritable moment de dégustation.

Aux tables du lounge, l’enthousiasme se lit immédiatement. « C’est extraordinaire ! » s’exclame une passagère, ravie d’avoir « pour une fois un peu de temps, devant elle, pour manger ». Car ici, qu’il s’agisse du petit-déjeuner, du déjeuner ou du dîner, « c’est la première étape vers un embarquement » poursuit Rudy Faliex : un rituel où la gourmandise fait partie intégrante du voyage.

Et comme la curiosité est un doux défaut, impossible de repartir sans demander quelles seraient les prochaines surprises. Réponse du chef : à partir du 20 décembre, le salon se mettra à l’heure des fêtes avec des meringues et des sablés de Noël, ainsi qu’un gâteau au yaourt aux « épices de pain d’épices ».
Du 23 au 25 décembre, un menu foie gras–saumon fera son apparition, accompagné d’une eau aromatisée imaginée spécialement pour l’occasion, aux notes de banane, cannelle et pain d’épices.

Entre Beaujolais nouveau, spécialités lyonnaises et prémices gourmands des fêtes de Noël, le lounge du 2F confirme son statut de halte privilégiée pour les voyageurs en quête d’un embarquement… savoureux.

Daniel Latif
Photos : DL /DR