« Ici, c’est Napoli »

« Il ne faut pas comparer par rapport aux autres villes que tu peux connaître » me prévient d’emblée Sybille, alors que nous venons de prendre place à bord d’un taxi à l’aéroport.

Assis à l’avant, j’observe ce scooter qui vient de s’arrêter à mon niveau. Deux amoureux, sans casque. Au guidon, un charismatique jeune homme en tee-shirt, prêt à démarrer en trombe, me lance un regard. Une proximité qui embarrasserait l’européen moyen et gênerait les scandinaves. On se regarde et spontanément l’on se dit : « ciaaaooo ! ».

Derrière lui, la demoiselle n’a d’yeux que pour son téléphone. Pianotant à deux mains, complètement absorbée, on admire la désinvolture de la sulfureuse qui ne craint encore moins de faire le sac de sable au premier coup d’accélérateur.

Arrivé devant l’église Sainte Marie, un homme m’observe, le regard défiant et plus qu’insistant. « Buongiorno » lançai-je aussitôt. Son visage s’adoucit et sa voix suave pleine de chaleur enchaîne : « bonjour, je m’appelle Gennaro, d’où venez-vous ?
— Parrigi, rétorquai-je fièrement avec mes maigres connaissances en italien
— Ah, j’aime beaucoup Paris, continue-t-il en français. Surtout le Paris Saint-Germain. C’est votre première visite ici ?
— En Italie non, mais ma première fois ici à Naples
— On n’est pas en Italie, ici c’est Napoli ! »

Car, ici, les portes — surplombées d’imposantes statues — sont hautes et impressionnantes, le porche annonce les prémices de grands palais. L’architecture est théâtrale, les églises foisonnent à chaque coin de rue, et les monuments d’une telle majestuosité qu’ils en ridiculiseraient les plus grands chefs-d’œuvre parisiens.

A Napoli, lors d’une remontée de rues pavées à l’ombre du linge étendu sur les balcons, vous vous enivrez d’une alliance de ces senteurs d’épices et parfums de lessives. 

« Dis-moi ce qui te fait plaisir et je te le cuisine ». On a beau croire qu’il faut s’adapter, mais, ici, on est aux petits soins lorsqu’il s’agit de gastronomie. Comme dans l’épicerie fine, Ciro Amodio, sur la Via Nardones, c’est le patron Enzo, qui prépare toutes les spécialités locales : tartines de tomates du Vesuvio, Mozzarella Bufala, aux côtés d’un très large choix de charcuteries ou encore les friarielli, ce légume typique napolitain.

« DIS-MOI CE QUI TE FAIT PLAISIR ET JE TE LE CUISINE »

Un peu plus haut dans la vieille ville, chez Nennella, une ancienne pizzeria, la Margherita est faite avec amour sous vos yeux en trois minutes pour 2,50 euros et l’ingrédient supplémentaire, c’est cadeau ! Un goût disproportionné eu égard son prix, mais surtout une véritable pizza à la cuisson parfaitement maîtrisée qui laissera toutes les autres versions que vous aviez dégusté en France à désirer.

Direction Sano sano. Y déguster une mousse de café glacée et pour les plus gourmands, l’incontournable glace italienne.

C’est la nuit à Napoli, les rues sont calmes et tout va bien. Il fait toujours chaud, en témoigne ces amoureux lovés qui « vont te faire un bébé sur le banc » s’amuse cette touriste française les regardant avec envie. Plus que de l’amour, il s’agit sans doute de passion, au sens le plus noble.

Le temps d’une déambulation nocturne afin de prendre le recul nécessaire et digérer la complexité et la beauté d’une ville des plus authentiques. 

C’est sûrement ça, la dolce vita.

Daniel Latif
Photos : DL/DR

Évasion estivale aux Beaux-arts

Ce sont les jours caniculaires et ce soir-là, aux Beaux-arts de Paris, pendant les portes ouvertes, tout était permis pour se rafraîchir. Les crèmes glacées faites maison ou l’ambiance pool party en maillot de bain autour d’une piscine gonflable n’ont rien changé à l’atmosphère et la chaleur accablante.

Plus loin, dans la cour, les visiteurs se trouvent médusés devant deux écrans télé derrière lesquels Pierlouis Clavel et Élise effectuent une performance derrière des grilles sur fond vert.

Pierlouis interprète A60, un personnage au côté brut, beauf et excessif qui ne parle de bagnole mais il est sensible et s’exprime dans un enclin mélancolique et poétique s’adonnant volontiers aux sonorités et autres figures de style : « j’ai 6 cylindres dans mon cœur. Passez moi vos 0-6 » chante-t-il.

Les spectateurs amusés se prennent au jeu et restent devant les écrans où l’on voit les artistes incrustés au volant d’une voiture rouge parcourant une forêt interminable. Plus qu’un montage ou un trompe l’œil, le spectacle d’improvisation fascine et produit « une véritable madeleine de Proust » décrypte Pierre Delmas, diplômé des Beaux-arts, qui se remémore le clip musical de Kraftwerk, Autobahn.

Dans l’audience, certains confessent leur envie de prendre la route, partir en voyage. D’autres, pris dans une torpeur, prennent au sérieux cette volonté d’échappatoire puis franchissent la grille pour prendre place à bord de l’auto virtuelle, prendre le micro.

« Je ferais chauffer et crisser les pneus, comme ils pleurent et chantent, 
Dans des paysages estival et chaud,
Le goudron nous brûle
Nous marque au fer
Quand on roule
Tout est houle
Le vent et les vagues
J’ai une vague idée de la route
Que je dois suivre pour la suite
Mais je vous invite dans mes berlines si sensible
Je serais votre guide » 

Une interaction à partir d’une grille rappelant la frustration de l’univers des circuits automobiles avec un écran qui a permis à A60 et Élise de présenter leurs musiques et leur univers dans un cadre en mouvement où l’on s’affranchit « du rapport de force que l’on retrouve dans un concert entre la scène et le public, on se protège de vous comme on vous protège de nous, comme des lions en cage »

Daniel Latif

Design week Milan : la quête du renouveau de la créativité

« Qui a peur du design ? » le slogan de cette affiche publicitaire dans les rues de Milan, pourrait résonner comme un aveu d’orgueil, et pourtant… Ne leur parlez pas de « fashion week », de « design week » ou encore moins de « semaine de la gastronomie ». Toutes ces manifestations, ne changeront rien à la classe des Milanais.

Car la classe, on l’a ou on l’a pas… En l’occurrence, dans le chef-lieu de la Lombardie, il n’y a pas de débat. Pour s’en convaincre, il suffit de flâner le long de la galerie commerçante historique de prestige ; La Galleria Vittorio Emanuele II qui renferme sous un imposant dôme, une architecture de style néo-classique à tendance baroque du XIXème siècle, une multitude de magasins, restaurants rappelant la galerie du Louvre à Paris.

Le constat est frappant. Les Milanais sont aussi chic et clinquants que dans ces publicités Dolce & Gabbana. Ici, l’on ne court pas — encore moins quand on est en retard. L’on marche d’un pas sûr, posé et tranquille. Tels des figurants flegmatiques, mais non moins charismatiques, les passants vont et viennent sereinement. Le Milanais ne se prend pas au sérieux mais prend tout avec le cœur, pour ne pas dire … amour !

Avec, entre autres, une cathédrale à l’architecture emblématique. Un éclairage radieux qui fait ressortir le panachage ocre, brique et jaune moutarde. Enfin, la circulation y est étonnamment fluide et les arbres sont fleuris. La ville de Milan, semble sortie tout droit d’un film.

Autant d’arguments qui ont attiré les designers de chez Honda pour venir chercher l’inspiration dans ce haut-lieu historique et culturel. De ce séjour idyllique, est née la neuvième génération de la Honda Civic.

Et c’est en partie pour cette raison, mais également dans une volonté de confronter les idées pour trouver de nouvelles solutions pour parfaire une évolution, qui s’inscrirait dans le sens d’une émulation automobile, que Honda a décidé de participer pour la première fois à la célèbre Design week.

Exposant ainsi dans la rue Tortona son nouveau petit bijou : le Honda « e Prototype ». Sa couleur blanc mat perlé, harmonic white myst, qui reflète une lumière bleutée invite à la caresse. L’on y voit de nombreuses réminiscences de voitures iconiques mais non moins sportives telles qu’une 205 par exemple.

A l’intérieur c’est vraiment la voiture du futur. Une sensation confirmée par la présence d’un écran panoramique, c’est le règne du digital.
Tellement futuriste que les rétroviseurs ont disparu au profit d’appendices latéraux équipés de caméras qui diffusent en permanence sur des écrans l’image d’un rétroviseur.
Heureusement une belle et massive planche en bois vient contraster et faire office de planche de bord. Autre souci du détail : les ceintures de sécurité y sont customisées de couleur marron.

Un prototype qui fascine et plaît : « un panda futuriste, hyper mignon, rien de superflu et ils ont osé un logo qui s’éclaire » s’enthousiasme Pierlouis Clavel, étudiant aux Beaux-arts de Paris. Une initiative des plus coquettes qui ne risque pas de se concrétiser « notamment en Europe où ce logo illuminé sera interprété comme une publicité » regrette Ken Sahara, chef du design extérieur.
Pierlouis Clavel poursuit l’analyse de cette compacte du futur, notant cette petite « folie de la part du constructeur » qui y a inclus un bloc noir destiné à accueillir le câble de recharge sur le capot.

Pour l’intérieur de cette nouvelle Honda ePrototype, les designers japonais nous confient avoir séjourné en Scandinavie à la recherche des éléments qui permettent le bien-être à bord. Un condensé du célèbre concept de « hygge » pour apporter une harmonie notoire à l’intérieur de l’auto.

Modeste et humble, le constructeur japonais reconnaît son côté quelque peu trop rationnel et cherche ainsi avec cette première participation à la design week une opportunité de faire quelque chose de vraiment différent de ce qu’ils ont pu faire auparavant : « ajouter une atmosphère émotionnelle, mettre plus de rêve et d’émotion ». Ils peuvent dorénavant compter sur les italiens pour ajouter cette facette à leurs véhicules.

Daniel Latif

Une pharmacie au cachet originel

Il est un lieu hors du temps où s’entremêlent boiseries typiques et architecture d’époque dans un cadre authentique doté d’une extrême convivialité. En plein cœur de Dijon, non loin du Palais des Ducs de Bourgogne, se cache une pharmacie qui ne ressemble à aucune autre.

Tenue par Christian et Claude Richard, l’authenticité de l’officine de La Croix Blanche est la résultante étonnante de l’œuvre d’un binôme gémellaire. D’un père pharmacien, ces derniers sont les garants d’une grande tradition où le médecin « Magister » prescrivait des préparations dites magistrales exécutées in extenso par le pharmacien.

L’ÉTONNANTE ŒUVRE D’UN BINÔME GÉMELLAIRE

Dans un décor digne des plus beaux comptoirs d’apothicaires érudits, parmi foison de flacons et bocaux de racines de Ginseng, trophées animaliers de voyage, ces derniers ressuscitent la genèse de la pharmacie où le pharmacien manipulait les matières premières pour élaborer les médicaments. Aujourd’hui, leur registre concerne leurs préparations magistrales et officinales. Cette pharmacie se distingue des autres en conservant les traditions qui sont immédiatement perceptibles par les senteurs de plantes, conférant une atmosphère apaisante et purifiée qui enivre aussitôt, créant une véritable synesthésie baudelairienne.

Si nos cinq sens sont en éveil dans ce lieu emblématique, le pari était réellement risqué mais non moins relevé car il fallait avoir de l’audace pour créer cette pharmacie unique, qui a aboli, ou du moins mis en retrait, les médicaments du quotidien au profit des préparations. La pharmacie « La Croix Blanche » à Dijon, propose également des préparations cosmétiques sans oublier les teintures officinales, les mélanges de plantes.

DES PRÉPARATIONS DANS LES RÈGLES DE L’ART

Tout est réalisé sur place pour répondre à la large demande d’une clientèle en quête de produits naturels et de qualité. Ainsi, l’expertise, la sincérité et le professionnalisme de ces pharmaciens sont marqués par leur souci de rigueur et de vérité dans un lieu d’antan digne des plus belles œuvres naturalistes de Zola.

Daniel Latif

Première journée de la langue française : et le CSA se réveilla enfin !

Olivier-SchrameckLe 3 mars 2015, Olivier Schrameck, Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, semblait bien amusé lors de son discours d’introduction pour la conférence de presse de présentation de la première journée de la langue française dans les médias audiovisuels.
Selon ce dernier, cette journée est la concrétisation “d’une idée née fin 2013 lors d’un colloque du CSA sur l’avenir de la langue française”.

PARTIE DE RIGOLADE AU CSA

Mais alors pourquoi une telle euphorie ? Sans doute, se rappelait-il cette loi datant du 30 septembre 1986 qui dispose que le Conseil veille « à la défense et à l’illustration de la langue française » dans la communication audiovisuelle. Olivier-Schrameck-Patrice-GelinetEn effet, ce n’est que 30 ans après qu’une initiative tente de “fédérer, inciter, promouvoir plutôt que de contraindre et de réglementer”. Des propos qui sonnent comme un aveu d’impuissance et qui surprennent lorsque l’on se rend compte que l’autorité de régulation de l’audiovisuel en appelle au bon vouloir des chaînes de radio et de télé.
De quoi rire jaune, quand on pense qu’au Québec, un office de la langue française existe depuis 1961 et veille à ce que le français soit la langue normale et habituelle du travail, des communications, du commerce et des affaires.

FAIS CE QUE JE DIS, PAS CE QUE JE FAIS

Patrice Gélinet, membre du CSA et Président du groupe de travail Langue française et francophonie dénonce “l’utilisation systématique de mots étrangers, essentiellement anglais, quand ils ont un équivalent en français soi-disant parce que ça fait chic car c’est à la mode”. Il en profite également pour rappeler à l’ordre de façon pédagogue quelques mauvais élèves : “Pourquoi mettre à l’antenne un morning plutôt qu’une matinale ? N’est-ce pas Le Mouv’ ?”. Un des concernés, Frédéric Schlesinger, son directeur, rit du bout des lèvres.

CSA francophonie

Il faut le reconnaître l’écran publicitaire intitulé “dites-le en français”, diffusé lundi 16 mars, sur de nombreuses chaînes de télévision à l’occasion de la journée de la langue française a eu le don de faire rire aux larmes. Pourquoi donc ? Parce qu’il était diffusé juste après la chronique économique de Claire Fournier sur i>télé, intitulée : La fin du « french bashing » ?
Patrice Gélinet le rappelle, “le rôle (du) CSA dans le domaine de la langue, n’est pas un gendarme, ni un censeur, mais il veille, comme la loi le lui impose, à la défense de la langue française”.

“Le français doit revenir à la mode” ajoute-t-il et ce message devrait s’adresser aux publicitaires qui semblent être toujours réticents sur les traductions. En effet, il n’est pas anormal que la publicité s’harmonise et respecte également la langue des consommateurs qu’elle cible. “Quand un mot anglais ou allemand est utilisé” un cahier des charges impose qu’il soit sous titré mais que les “publicitaires s’arrangent souvent pour que ces sous-titres soient si petits que personne ne puisse les lire”.
On peut le noter avec “La Box Power by Numericable”, ou Nissan dont le slogan “Innovation that excites” est traduit par “Innover autrement” alors que dans la version québécoise l’on a “Innover pour exalter”.

LE CSA ET L’ACADÉMIE FRANÇAISE SE RENVOIENT LA BALLE

Cependant, au sein de l’Académie Française, des commissions placées sous l’autorité du Premier ministre ont pour rôle de trouver des équivalences pour les termes dans l’informatique, le sport, l’automobile, le nucléaire… Ces dernières proposent des termes et une fois que l’Académie les valide, ils paraissent au Journal officiel et — théoriquement — les organismes publics doivent utiliser ces termes.

De plus, l’Académie Française décortique sur son site, dans la rubrique “dire, ne pas dire”, un certain de nombre de fautes couramment faites, des emplois fautifs, des anglicismes, des extensions de sens abusives et propose un certains nombre de termes qui peuvent être utilisés à la place. On pensera notamment aux usages de plus en plus banalisés des titres féminisés à tort et à travers comme “ambassadrice” qui désigne la femme de l’ambassadeur ou encore l’usage regrettable du terme “écrivaine”, “auteure” ou encore “professeure”. Or, nombre de ministres passent outre les recommandations en vue de préserver “une réelle égalité entre les hommes et les femmes dans la vie politique et économique” en rendant “indispensable la préservation de dénominations collectives et neutres, donc le maintien du genre non marqué chaque fois que l’usage le permet. Le choix systématique et irréfléchi de formes féminisées établit au contraire, à l’intérieur même de la langue, une ségrégation qui va à l’encontre du but recherché”.

Hélas, cette institution n’a pas de puissance de police, ni de force contraignante et que tout dépend encore une fois du bon vouloir des administrations. Espérons que cette semaine de la Langue française et de la Francophonie, où nombreuses émissions se dérouleront sous la Coupole de l’Académie française, permettra de mettre fin à ce dialogue de sourds entre le CSA et les Immortels. Outre Atlantique, la Cour du Québec ne rit pas du tout et n’hésite pas à condamner jusqu’à 1 500 dollars canadiens (1100 euros) tout contrevenant qui omettrait d’employer le français. Les démarches sont des plus simples car l’Office propose de déposer une plainte par voie électronique en utilisant un formulaire en ligne ou un numéro de téléphone. On ne badine pas avec le français au Canada.

Daniel Latif

Retour en enfance avec Tintin au Musée Hergé

Quand on pense à la Belgique on pense au chocolat, aux moules frites “Chez Léon”, au Thalys… Et quand on voyage en “Confort 1”, au calme dans des sièges confortables, avec des plats gourmands servis à notre place puis la presse internationale gratuite et des prises qui fonctionnent… On se dit que les Belges n’ont rien à envier à la 1ère classe de la SNCF.
En Belgique, l’on se fait la bise qu’une seule fois. A Bruxelles, prononcez Brussel, l’on répète tout deux fois : en français et néerlandais. Et lorsqu’on aperçoit au détour de la Grand Place le Manneken-Pis, on se dit qu’on l’imaginait trois fois plus grand !
La Belgique c’est également le pays de Hergé, le père d’un célèbre reporter que l’on appelle Tim en allemand, Tenten en turc, Kuifje en néerlandais ou plus communément en français : Tintin. Les aventures de Tintin ce sont 23 albums en bandes dessinées, traduits dans plus de 70 langues et dialectes. Une traduction qui a donné quelques variations linguistiques peuvent amuser le lecteur étranger notamment au niveau des noms de personnages. En Angleterre, le nom de Tintin ne change pas, cependant son inséparable compagnon y est rebaptisé Snowy, le Professeur Tournesol devient ainsi Professor Cuthbert Calculus et les Dupond et Dupont y sont plus connus sous l’identité de Thomson and Thompson.
Georges Rémi, alias Hergé, est l’inventeur d’un style sobre et précis : la ligne claire. À travers un parcours BD dans la capitale européenne, l’on peut se laisser surprendre devant des fresques murales de Boule et Bill, Quick et Flupke, Gaston Lagaffe, etc. Ces murs de bandes dessinées de la taille des immeubles sont un atout de charme et un agrément de nostalgie qui rappelle la fierté nationale.

LE PLUS CÉLÈBRE JURON DU CAPITAINE HADDOCK INSPIRE DU TURC

La vision de tous ces personnage provoque une réminiscence et l’on essaie de se rappeler quand est-ce qu’on a pris le temps d’ouvrir et de redécouvrir un album des gamins de Bruxelles, Quick et Flukpe. Que cela fait du bien de tourner simplement les pages et de tenir un support différent que celui d’un iPhone ou d’un iPad. Il était enfin temps de relire cet album de Tintin au Tibet qui trônait dans cette bibliothèque comme un trophée de collection qu’on n’a pas osé revendre. Quelle délectation de retrouver un ouvrage qui défend la langue française en y usant de belles tournures, du vocabulaire riche — “Bachi-bouzouk” du turc, qui signifie “tête déréglée” est le plus célèbre juron du Capitaine Haddock, varié : “Mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest !” et de surcroît permet de découvrir différentes cultures à travers un média qui a beaucoup perdu de sa popularité. Les jeunes ne lisent plus de bédé ! Ils n’ont pas eu cette chance d’avoir un membre de leur famille collectionneur, passionné qui leur aura transmis la curiosité, le plaisir de lire et de s’instruire ou simplement collectionner ce genre de bandes dessinées.
Pour se replonger dans cet univers, rien de mieux qu’un tour au musée Hergé, situé à Louvain-la-Neuve. Dans un lieu qui rompt avec l’urbanisme de Bruxelles où l’on rentre dans un espace lumineux démesuré et ouvert sur l’extérieur avec de grands vitrages en forme parallélogramme. On accède à plusieurs salles larges et volumineuses au style épuré et à l’éclairage tamisé pour découvrir des planches inédites. Toutes les coulisses de fabrication, les crayonnés, les planches originales à l’encre de chine, dont les traits dégagent une puissance et des expressions profondes.
Jusqu’au 26 janvier, le Musée Hergé refait vivre les aventures indiennes de Tintin à travers une exposition temporaire intitulée Allo Bruxelles ? Ici Rawhajpoutalah !

Aujourd’hui, le reporter du Petit Vingtième revendique plus d’un million de « J’aime » sur sa page facebook. Ce héros international a été décliné en boutiques dédié au personnage éponyme où l’on décline son image est déclinée en montres, bagages, vaisselle, t-shirts, linge de maison, fournitures de bureau, figurines, etc. Qui aurait pensé qu’un personnage de bande dessinée crée en 1929 aurait pu être adapté en dessin animé, en jeu vidéo puis au cinéma en 3D par Steven Spielberg ?
En effet, quand on pense à tout cela, on se dit qu’ils ne blaguent pas les Belges !

Musée Hergé
À lire : Musée Hergé par Michel Daubert aux Éditions La Martinière

Daniel Latif
Crédit photo : Olivier van de Kerchove

Deuxième édition du Bal des Quat’z’arts à l’école des Beaux-arts.

Au détour de Saint-Germain et de son boulevard, non loin du Pont des Arts, l’on pouvait assister à une extravagante procession des étudiants de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) sous l’oeil amusé des motards et autres routards.

Paradant, selon les règles de l’art, en guise de préambule du Bal des Quat’z’arts, tout en fanfare au rythme des explosions de pétards, ils s’en sont allés dare-dare jusqu’au Musée d’Orsay sous l’oeil hagard de quelques snobinards. Les costumes s’apparentent au style Pop art et d’inspiration venant de nulle part.

Un jeune artiste prônant l’art pour l’art raconte qu’il aime cette école qui a une histoire incroyable, des profs de technicité qui sont des spécialistes et ont le coeur de transmettre l’amour de l’art.

Ne s’attardant point à raconter des bobards, loin de penser encore à des dollars, ils n’écartent pas néanmoins l’idée d’apprécier prochainement du caviar, alors ils gardent à l’esprit cet objectif : faire tout simplement des beaux arts.

(c) DLDSamedi 22 juin 2013, dans la cour vitrée des Beaux-Arts, les jeunes artistes s’apprêtent à défiler par ateliers devant le directeur de l’école Nicolas Bourriaud entouré d’un jury chargé de délibérer afin de récompenser ainsi la créativité du thème costumé.

Le dress code de cette année était “L’Arche de Noé”. A l’exception de quelques flemmards, arborant un simple loup ou ayant loué un déguisement tout prêt, ce dernier a été relativement bien respecté lors de la soirée. Les plus fêtards comme l’atelier de Philippe Cognée ont ainsi élaboré des costumes retraçant l’évolution de Darwin. Dernières répétitions dans les coulisses avec Madeleine incarnant une méduse, elle inspecte son parapluie tentaculaire qu’elle a confectionné la veille, la pression monte avant le défilé. A ses côtés, il y a Emilienne Alcover, diplômée de 3ème année, déguisée en chien, qui n’éprouve absolument pas de stress et écoute tout sourire le débat soudain qui s’improvise sur lance sur l’ordre de passage : “Qui est apparu en premier ? Ana, une huître qui affiche ostensiblement une perle au dessus de sa tête ou Madeleine, la Méduse ?” Telle est la question à laquelle ils n’auront pas le temps de répondre… (c) Elsa GuillaumeLa scène apparaît, l’ambiance monte d’un cran, la chaleur se fait ressentir : les équipes peinent à patienter leur tour, ils tapent des pieds et des mains pour presser leurs concurrents. Valentin Perrano – Bruc s’inquiète : “J’ai l’impression d’être dans un film… Un film qui dégénère un peu !”. La musique psychédélique et la variété des costumes rendent l’ambiance surréaliste. Vient le moment de défiler, sous l’oeil indécis du jury et les crépitements des flashs, demi-tour et l’on repart : “Ouffff !!! Lance un oiseau, qui a visiblement laissé toutes ses plumes sur le podium, ça y’est enfin diplômé, défilé terminé, la fête peut commencer !”. Les jeunes artistes peuvent souffler car ils sont officiellement en vacances. Après avoir traversé une période assez agitée où ils n’ont pas eu le temps de chômer : trois jours plus tôt ces derniers venaient tout juste d’être diplômés, le jour d’après ils s’attelaient à préparer deux journées pour présenter leurs travaux lors des “ateliers ouverts” au grand public et professionnels du monde de l’art. Puis, à peine une demi-heure après, ils enchaînent avec le bal.

Ainsi, le Prix du meilleur atelier a été décerné à celui d’Emmanuel Saulnier avec le Bateau pirate de l’apocalypse. Un navire, sorte costume de groupe sous l’égide du capitaine Téo Bétin en 4ème année de Sculpture, avec animaux, pirates, sirènes et chasseurs, qui a particulièrement séduit Nicolas Bourriaud, ce dernier regrettait l’absence de travail collectif l’année précédente.

(c) SBDéguisée en sirène, Églantine Laval, jeune diplômée des Beaux-arts, a été récompensée du Prix de beauté. Elle raconte que le choix de son costume “s’est fait dans un geste spontané” puis explique que même si “les sirènes symbolisent la connaissance du monde” car elles sont “situées entre deux continents et savent tout ce qui se passe” elle avoue qu’elle ne s’attendait pas du tout à recevoir une telle distinction avec du “made in China”.

(c) Elsa GuillaumeEnzo Mianes de l’atelier Tania Bruguera, quant à lui, a reçu le Prix du meilleur costume avec “l’escargot qui trace” grâce à une planche à roulette fixée sur son dos. Portant des lunettes au motif de l’Union Jack, il raconte que son personnage rêve d’Angleterre car à “Londres l’herbe y est plus verte et la pluie encore plus abondante”. Ironie du sort, Enzo n’était pas présent sur le podium lorsque le jury a annoncé son nom. Il devait certainement “être en train de marcher… lentement…” ont plaisanté ces derniers.

Il y avait également Sébastien Hamideche, en 5ème année, vêtu d’un maillot de basket rouge, le visage peint en noir et rouge. Derrière cette apparente simplicité de déguisement, où Sébastien incarne le taureau des Chicago Bulls, se cache un profond engagement vis-à-vis de la nature et une pointe de sarcasme. En effet, il déplore que de nos jours “la seule présence d’animaux en milieu urbain se résume à des mascottes dans les stades”.

L’évolution du bal est remarquable par rapport à l’année précédente. Même si le DJ’ing et la musique laissaient parfois à désirer. Avec une présence renforcée de vigiles et beaucoup plus d’encadrement, on note que “le bal s’est professionnalisé”, remarque un invité présent lors de la première édition du bal. Les étudiants n’étaient pas laissés sur leur faim et pouvaient se rendre dans la cour d’honneur pour se restaurer. Effectivement, pour apaiser leur faim de loup, il y avait notamment le camion Cantine California, où l’on y fait de “bons burgers bio, accompagné de frites et la sauce mayo pour pas cher” assure son fondateur Jordan, tout en prenant et encaissant les commandes. Pour ceux qui ont un appétit d’oiseau, il y a la Guinguette d’Angèle, jeune chef spécialisée dans la cuisine diététique. Là aussi, “tout est bio, fait maison et sans gluten”, du gaspacho en passant par le riz aux épices fraîches jusqu’au délicieux gâteau bergamote-pavot.

“Ils ont pensé à tout” renchérit-il sauf à s’assurer que “le contact avec les professionnels, restés souvent à l’écart, ne soit pas aussi timide”.

Il est bientôt 3 heures du matin, il n’y a plus de métro. Jean-Éric, étudiant en architecture à Malaquais est assis dans une Formule 1 en bois dans la cour d’honneur. Il cherche à démarrer l’oeuvre d’art, réalisée par un étudiant de l’atelier Tadashi Kawamata, pour rentrer chez lui à bord de ce bolide dont les détails ont été magnifiquement reproduits. Il me confie qu’il aurait “souhaité être invité au bal” et explique la séparation de l’Archi et des Beaux-arts (peinture, sculpture et gravure). Car, il y a bien une réelle scission avec l’école nationale supérieure d’Architecture Paris-Malaquais restée cependant implantée dans l’enceinte historique de l’école des Beaux-arts. Un autre étudiant des Beaux-arts pris de compassion “regrette que les étudiants d’archi ne soient pas invités au bal des 4’z’arts”. Apparaît Johane, une autre étudiante qui fait partie du Bureau des étudiants en Archi, qui me souffle : “qu’il soit rassuré, nous sommes présents à la soirée”. La doléance de Jean-Éric n’est point vaine et les étudiants de Malaquais ont bien raison de persister et venir au Bal. En effet, sans eux le bal devrait s’appeler “le Bal des Troi’z’arts”.
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Guide Michelin 2013, le meilleur ambassadeur de la gastronomie française

“Michelin a toujours été en avance sur son temps”. C’est ce qu’a affirmé Michael Ellis, directeur international des Guides Michelin, lors de la présentation de l’édition 2013 du célèbre Guide rouge dans la prestigieuse enceinte de l’Automobile Club de France. Et il n’a pas tort. En effet, le guide Michelin recense depuis plus de cent ans les meilleures tables en France. L’UNESCO, de son côté, a attendu 2010 pour ériger la gastronomie française dans son patrimoine de l’humanité. Un siècle plus tard, “Michelin sait toujours vivre avec son temps” poursuit Michael Ellis en soulignant la complémentarité du Guide avec l’application mobile et du site internet.
Au menu de la 104ème édition du Guide, une sélection qui salue la vitalité de la cuisine française avec 8 768 établissements dont 4461 hôtels et maisons d’hôtes et 4282 restaurants. Le nombre d’étoiles distingue les meilleures tables, tous styles de cuisine confondus. Les critères retenus sont : les ingrédients, la maîtrise des cuissons et des saveurs et le rapport qualité/prix. Notons l’arrivée d’un seul nouveau “trois-étoiles” : La Vague d’Or à Saint-Tropez dirigé par Arnaud Donckele, un jeune chef de 35 ans. Parmi les “deux-étoiles”, cinq nouveaux restaurants avec, entre autres, l’Hostellerie du Chapeau Rouge à Dijon avec à sa tête le chef William Frachot qui explique que cette distinction “n’est pas le fruit du hasard mais de longues années de travail et de remises en question” puis La Table du Kilimandjaro à Courchevel avec l’un de ses chefs Glenn Viel qui confie ne pas vouloir s’“arrêter en si bon chemin et pense déjà à la troisième étoile”.

Ce millésime 2013 sortira le 1er mars. Un baromètre de la gastronomie que je recommande fortement de garder dans votre voiture, au cas où l’envie vous prendrait de partir en escapade gourmande à travers la France.

Daniel Latif
Photo : Sylvester Djualim

Les Beaux-Arts relancent le Bal des 4’z’arts

Samedi 30 juin, 22 heures, au 14 rue Bonaparte, il fallait montrer patte blanche — ou plutôt bracelet bleu — pour accéder au Bal de l’école nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA). Au terme des « Ateliers ouverts », où les étudiants ont exposé leurs œuvres et rencontré le grand public ainsi que des professionnels de l’art, l’ambiance est à la fête. Les quelques 2 000 invités ont vraiment joué le jeu et se sont donnés la peine de se déguiser. Les étudiants étaient facile à reconnaître, se démarquant ainsi grâce à leur inventivité et créativité pour élaborer des costumes originaux et assez réussis. Parmi les plus notoires, il y avait Saïdia déguisée en Amy Winehouse, qui, équipée de son micro, entonnait les chansons les plus connues de l’artiste soul. Cette dernière vient tout juste d’obtenir son Diplôme national supérieur d’arts plastiques et a tenu à cette occasion un atelier maquillage et costume afin de « permettre à chacun de se grimer à son envie, de peaufiner les laborieux personnages et aux invités extérieurs de l’école de prendre part à l’euphorie du bal » explique-t-elle.

L’apogée de la soirée se fit ressentir lorsque les étudiants répartis en ateliers ont été invités à procéder au défilé — dans un cadre historique grandiose, sous la verrière des Beaux-Arts — chacun avec un thème spécifique, devant un jury. Saïdia confie que ce fut « pour beaucoup d’étudiants de l’école un moment de fête après une longue période de travail en vue des passages de diplômes tout au long du mois de juin ».

Georges Brassens regrettait longuement de ne plus pouvoir aller danser au grand bal des Quat’z’arts dans sa chanson éponyme. Prenant cela très à cœur en affirmant que : « les vrais enterrements viennent de commencer ». Aujourd’hui, il doit se retourner dans sa tombe !
46 ans après l’épilogue du fameux carnaval des quatre branches de l’ENSBA (architecture, sculpture, peinture et gravure) où la fête se transformait habituellement en orgie. « Le bal représentait l’image libertaire qui commençait à devenir assez dérangeante pour l’institution » explique Nicolas Bourriaud, directeur des Beaux-Arts ayant pris ses fonctions en décembre 2011. Ce fut, en effet, lors de ces bals que l’on vit pour la première fois, une participante du nom de Mona effectuer l’effeuillage, le précurseur du strip-tease…

Quelques mois après son arrivée, Nicolas Bourriaud décide de rétablir cette tradition datant de 1892 et de la remettre au goût du jour sous un aspect plus distingué et moins libertin : « Il me semblait que ce bal faisait partie de l’ADN des Beaux-Arts » et se trouve être un moyen efficace pour réinscrire l’école « dans le monde de l’art du 21ème siècle ».

Le thème de la soirée était « Excessif » mais les participants ont su interpréter intelligemment cette consigne et rester dignes. Il suffit de comparer l’ambiance de la soirée à celles organisées par d’autres écoles de commerce, entre autres, où les secours interviennent inlassablement pour des tristes comas éthyliques.

« Les quat’z’arts avaient fait les choses comme il faut », c’est certainement ce que penserait le célèbre chanteur poète s’il avait assisté à cette version contemporaine du bal historique des beaux-arts. Tous les étudiants s’accordent sur le fait que cette renaissance du bal s’achève sur un franc succès eu égard au nombre de convives. « Tout le monde s’était bien impliqué pour le préparer et ça s’est très bien déroulé » conclut Emilienne qui a participé à la soirée avec l’atelier Philippe Cognée sous les couleurs du tuning, son seul regret est « de ne pas avoir défilé dans la rue ».
Mais le directeur souhaite faire évoluer le concept et pense d’ores et déjà à l’édition 2013 du Bal des 4’zart en promettant de « donner davantage d’ambition » et notamment de « relancer le traditionnel défilé ».

Daniel Latif
Crédits photo : ENSBA & Mathilde Le Cabellec

Hommage à Gökşin Sipahioğlu

Rue de l’Odéon, un coiffeur sort de son salon, l’air inquiet, il questionne les passants, s’interroge sur l’attroupement devant le théâtre de l’Europe. Plus de 300 personnes étaient rassemblées pour rendre hommage à Gökşin Sipahioğlu, fondateur de l’agence Sipa Press, décédé à 84 ans. Parmi la foule on pouvait reconnaître les nombreux confrères et collègues du reporter armés de boîtiers d’appareil photo.
Le choix du lieu ne relève pas du hasard. Ce dernier symbolise le « théâtre » des manifestations estudiantines de Mai 68, au cœur du quartier Latin. Premier événement que Gökşin Sipahioğlu a couvert lors de son aventure en France.

Gökşin Sipahioğlu est décrit comme « un homme grand » qui n’a jamais hésité à franchir les barrières des CRS pour être au plus près de l’action et partager au monde l’actualité sous son regard singulier. Nommé affectueusement « le Turc », il incarnait la figure du père qui a laissé la chance à de nombreux passionnés de pouvoir se lancer dans leur plus belle aventure, celle du photojournalisme. Sur scène se succèdent de surprenantes personnalités, dont Tony Comiti, notoire pour ses reportages Zone interdite sur M6. Tony Comiti, qui est passé de la photo à la caméra, est venu rendre hommage à ce « patron de presse » qui a crée une « école orientale où l’argent est une chose secondaire » et où le seul mot d’ordre était : « Démerdez-vous ! ».

L’ambiance était à la nostalgie. En effet, un paparazzi regrette la fin de l’époque du photojournalisme et s’inquiète sur le tournant que prend la profession avec « la fin des relations humaines au profit des ordinateurs et des réseaux ». Patrick Chauvel, reporter photographe de guerre a terminé la cérémonie sur un discours satirique retraçant de singulières anecdotes à propos de Gökşin Sipahioğlu puis conclut ainsi : Gökşin est « quelqu’un qui m’a mal payé et à qui je dois autant ».