Adieu RoissyBus

C’est une ligne emblématique qui s’arrête et, au fond, presque personne ne semble s’en émouvoir.

Après 34 ans de service, le Roissybus a tiré sa révérence. La navette directe entre Opéra et l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle ne circule plus. Une page se tourne dans une relative indifférence. Pourtant, cette ligne n’était pas une ligne de bus comme les autres.

Pendant des décennies, elle a été l’une des plus stratégiques de la RATP. La plus rentable de la Régie, chaque passager validant son titre, régulière, largement préservée des incidents récurrents du RER B, et assurant une desserte centrale, en plein cœur de Paris à Opéra, au plus près des terminaux.. Pour beaucoup de touristes, elle constituait la première image concrète de Paris. À peine sortis de l’avion, valises à la main, les touristes grimpaient à bord et filaient vers le cœur de la capitale. Pas de correspondance, pas de complication. Une ligne droite entre l’aéroport et l’Opéra.

Le Roissybus, c’était aussi une certaine idée du service. Une ligne exigeante, confiée à des conducteurs chevronnés connaissant parfaitement la topographie de Paris, familiers du réseau parisien et capables de s’adapter aux imprévus de la circulation. Traverser Paris en toute circonstance, affronter les grands axes, puis s’engager sur l’autoroute A1 jusqu’à Roissy demandait de la maîtrise.

Roissybus, terminus. La fin discrète d’une ligne pas comme les autres

Les MAN Lion’s City GL articulés ont longtemps assuré la liaison. Près de 19 mètres de long, une présence massive dans la circulation parisienne. On les voyait quitter l’Opéra, se faufiler dans le trafic, puis prendre la direction du nord avec assurance. Ces bus nous faisaient déjà voyager. Leur capacité importante et leur aménagement intérieur correspondaient parfaitement à la mission.

Plus récemment, certains services ont été assurés par des Iveco Bus Crossway Line. Sur le papier, ces autocars interurbains disposent de soutes à bagages. En pratique, celles-ci n’ont jamais été exploitées, notamment pour des raisons d’assurance. Les valises restaient en cabine, ce qui densifiait l’espace. Malgré leur présentation plus routière, ils se sont révélés moins adaptés et moins confortables que les articulés historiques.

La décision d’arrêt laisse un goût amer aussi bien aux passagers qu’aux chauffeurs de la ligne. La RATP renvoie vers une décision portée par la Région Île-de-France. La Région évoque de son côté des problèmes de régularité, notamment les retards liés à l’A1. Officiellement, le trafic routier aurait fragilisé l’équilibre de la ligne.

Mais ces difficultés n’ont jamais été nouvelles. Elles faisaient partie du quotidien de la ligne depuis des années.

Au-delà des responsabilités institutionnelles, c’est surtout une liberté qui disparaît. Jusqu’ici, chacun pouvait choisir. Prendre le RER ou préférer le bus pour un trajet direct, sans correspondance. Désormais, ce choix n’existe plus.

L’alternative du RER apparaît pour beaucoup comme une fausse bonne idée. En cas de panne, et elles sont régulières, il n’existe pas de solution équivalente immédiate. Les quais se remplissent rapidement, les rames deviennent saturées. Pour un voyageur chargé de bagages, la situation peut vite devenir pénible.

Le Roissybus avait aussi un avantage évident. Il déposait directement aux différents terminaux. Pas de remontée interminable depuis la gare RER, pas de longue marche jusqu’aux halls d’enregistrement. On descendait, on y était.

Sa disparition pénalise aussi de nombreux employés de la plateforme aéroportuaire qui avaient leurs habitudes. Pour eux, cette ligne représentait un repère fiable dans des journées souvent décalées. Une liaison simple, identifiée, intégrée à leur routine professionnelle. Aujourd’hui, cette évidence disparaît.

Alors oui, ce n’était qu’une ligne de bus. Mais une ligne identifiable, cohérente et symbolique. Sa suppression ne bouleverse pas Paris mais perd les touristes. Elle retire simplement une solution claire, directe qui laissait le choix.

Adieu Roissybus.

Daniel Latif

Le Stealth de Boosted Board : l’alternative à la trottinette électrique

Impossible de ne pas croiser ces trottinettes électriques qui pullulent à travers les capitales européennes. Si ce moyen de locomotion séduit bon nombre d’adeptes de la mobilité électrique, il n’en reste pas moins un classique plus que déjà vu.

Pourtant, on commence à observer l’apparition de planches à rouler électriques. Venues tout droit des États-Unis, focus le précurseur d’un moyen de locomotion qui reste très méconnu encore aujourd’hui le longboard électrique.

Le Stealth est le nouveau longboard à moteur électrique de Boosted qui a lancé toute une déclinaison de la planche à rouler en version électrique.

Au-delà de l’image ludique, il s’agit là d’un vrai moyen de transport. En témoigne son prix 1 500 euros. Plus singulier, ce super skate vous procurera bien plus que les sensations de ride d’antan.

Oui, pour le skate du futur

On en a tous rêvé depuis tout petit, le hoverboard de Marty McFly dans Retour vers le futur. Voilà de quoi délaisser les transports en commun pour s’échapper en tapis volant comme Aladdin, connaître la sensation de caresse du vent le long du corps. Boosted Board est une société californienne qui réalise enfin le rêve de gosse avec un longboard aux grosses roues motorisées électriquement en propulsion grâce à un moteur d’une puissance de 2 100 watts.

Oui, pour son originalité

Tout le monde a une trottinette, elles foisonnent partout, sur les trottoirs, partout… Au-delà d’agacer profondément les piétons et automobilistes, elles véhiculent une image inhérente du conducteur irresponsable, qui ne respecte ni le code de la route, ni les piétons.

Le Stealth de Boosted Board est un état d’esprit différent qui vous permettra de sortir du lot des classiques trottinettes.

Oui, pour ses sensations de ride

Ses grosses roues de 85 mm, sa planche épaisse et la configuration longboard permettent une flexibilité, ce qui absorbe toutes les aspérités de la route, puis permet même d’affronter les routes pavées, ce qui n’était pas possible avec un longboard classique.

Certes, les jaloux l’appelleront le « skate du feignant » mais son atout notoire ici, c’est retrouver les sensations de glisse d’un skate et arriver à destination sans nécessairement se retrouver en nage.

Oui, pour son accessibilité

Faire du skate, du longboard en a toujours effrayé plus d’un. Que l’on se rassure, ici il n’est pas question d’effectuer des figures mais de se laisser glisser.

En effet, vous n’avez qu’à poser les pieds dessus et actionner la molette de la télécommande connectée en Bluetooth pour avancer, freiner ou reculer. La vitesse maximale, la puissance d’accélération est réglable selon 5 modes de ride :

Débutant : accélération limitée, vitesse maximum de 18 km/h, aucune pente.
Éco : accélération modérée, vitesse maximum de 26 km/h, petites pentes.
Expert : forte accélération, vitesse maximum de 32 km/h, dénivelé de pente de 20 %.
Pro : accélération extrême, vitesse maximum de 35 km/h, dénivelé de pente de 25 %.

Hyper : accélération maxi, vitesse maximum de 38 km/h, dénivelé de pente de 25 %

A vous de trouver le ratio équilibré entre vitesse et consommation. Plus vous allez vite, plus votre autonomie diminuera. Il existe quelques petites astuces comme lors des démarrages en côte, qui consistent à pomper manuellement au pied pour prendre de l’élan et ainsi préserver de précieuses ressources pour gagner plus de distance pendant vos trajets.

Simplicité et accessibilité. Les non skateurs trouveront rapidement leurs repères et l’équilibre qui vient instinctivement. Notons quand même que son rayon de braquage reste toutefois bien plus limité qu’une trottinette.

Oui, pour sa sécurité

Sur la boîte, dans le manuel, sur le site, dans les vidéos… il est rappelé qu’il faut rider avec un casque. L’entreprise californienne est plus qu’à cheval sur cette règle élémentaire et de fait, vous changez automatiquement de comportement puis adoptez une conduite plus prudente. Le Stealth Board étant dépourvu de freins, il vous faudra enclencher la marche arrière pour le faire ralentir. Tout se joue dans l’anticipation.

De plus, le Stealth émet un chuintement, telle une bise qui s’amplifie et interpelle les passants qui vous entendent arriver et s’écartent naturellement.

Oui, pour son utilisation au quotidien

Son autonomie varie entre 15 et 20km, selon votre corpulence, le type de routes que vous empruntez. On l’a essayé en ville, sur piste cyclable, sur des pavés, routes caillouteuses et même sur route départementale… Certes, il y a plus confortable mais cela n’arrête pas le Stealth. Contrairement au skate classique avec ses petites roues, les petites branches, câbles, petites bordures ou autres cailloux ne sont plus des freins à votre progression.

La multiplication des voies vélos dans les grandes villes, ne peuvent que conforter son utilisation dans les trajets intra-muros.

Lors des freinage la longboard permet la récupération d’énergie. Autre atout dans son utilisation au quotidien, la rapidité de recharge. En effet, le Stealth Board se recharge complètement en 1h30.

Sachez que si vous vous retrouvez sans batterie, vous pouvez toujours skater et avancer comme sur les longboards traditionnels sans endommager le skate, ni son moteur.

Oui et non pour son encombrement et son transport

Même si le chargeur, identique à celui d’un ordinateur portable se transporte aisément. Cela oblige à avoir un sac à dos. Enfin, sachez que la plupart des compagnies aériennes refusent de transporter les batteries électriques, que ce soit en cabine ou en soute pour des raisons de sécurité. Il s’agit là de son ultime inconvénient, et des plus frustrants.

Il reste toutefois pas pratique à transporter en main. En effet son poids de 8 kilos peut s’avérer relativement lourd à la longue si vous vous retrouvez à le trimballer. Enfin, vous devrez l’avoir toujours à portée de main ou en lieu sûr car il est impossible de l’attacher, comme un vélo.

On aime :
– Le côté sensations de glisse retrouvées du longboard, skateboard
– La qualité de fabrication
– Les grosses roues qui gomment les aspérités de la route

On n’aime pas :
– L’absence d’éléments phosphorescents ou lumineux pour être visible la nuit
– L’impossibilité de changer facilement la batterie et avoir plus d’autonomie
– Transport interdit en cabine et en soute d’avion

Verdict :

Véritable alternative aux trottinettes électriques, garantissant des sensations de roulage authentiques. Le Stealth Board s’illustre aussi bien en ville, qu’en campagne ou même sur des départementales où il permet une progression suffisamment rapide

Caractéristique techniques :

Poids 7,7 kg

Dimensions :

Longueur 96,5 cm
Largeur 28,7 cm
Hauteur 14,5 cm

Roues : 85 mm

Trucks 190 mm

Vmax 38 km/h

Batterie : 36V/199Wh

Possibilité de consulter les statistiques de rides via son téléphone avec l’App compatible iOS et Android

Daniel Latif
Photo : Julien Fautrat