Palais de Justice, un étrange public composé de jeunes étudiants se presse pour prendre place dans la salle des Criées. Des effluves de riz au soja, sushis, sandwiches poulet mayonnaise et des frites burgers Macdo se répandent dans cette chambre au prestige éminent. Au cœur de l’ancien palais des rois de France, où certaines pièces datent même du XIIIème siècle, la scène est quelque peu affligeante. En effet, non contentes d’y pouvoir poser leur séant, certaines iront même jusqu’à reposer leur affreuses paires de tennis sur les bancs et contre les balustrades au mépris du lieu classé monument historique de France.
Au bout de trois heures d’attente, une rumeur ambiante infernale se propage, dans une chaleur étouffante, alors que certains s’agitent tels des écoliers à la cantine, d’autres arrivent étonnamment à se plonger dans une lecture religieuse de leur livre.
Ce fourmillement de profanes est venu assister à la Conférence Berryer. Un concours d’éloquence, datant de la fin du XIXème siècle, où deux « valeureux candidats » viennent répondre à une question ayant trait à personnalité invitée et sur laquelle ils ont planché deux semaines durant.
Invité de la Berryer: l’arène de la conférence pour la reine des conférences! pic.twitter.com/DIlE5xbfbv
— Christophe Barbier (@C_Barbier) 23 Juin 2015
A l’issue de leur performance, ces derniers s’exposent à la critique des douze Secrétaires de la Conférence, de jeunes avocats élus après un concours jugeant de leur aptitude oratoire, le tout sous l’œil de l’invité prestigieux qui, pour clôturer cette saison 2015 est le directeur de la rédaction de l’Express : Christophe Barbier.
Arrivant la clochette à la main, l’agitant avec frénésie, Louis-Romain Riché, 4ème Secrétaire et Président de la Conférence Berryer, crie du haut de son estrade : « Peuple de Berryer !!! ». Ce maître de cérémonie svelte, aux lunettes rondes, du haut de son mètre quatre-vingt quinze, porte une très longue écharpe rouge autour de son cou — tombant jusqu’à ses genoux — à la façon de Christophe Barbier. Arrive les autres secrétaires vêtus eux aussi à l’effigie du célèbre éditorialiste d’iTélé.
L’ambiance est survoltée et rappelle ces amphis délirants d’étudiants en première année de médecine. L’invité, Christophe Barbier, arrive sous les applaudissements et les cris d’ovation, tellement pris dans l’effervescence et telle une rockstar, Barbier ira même jusqu’à escalader la table pour saluer l’audience.

Louis-Romain Riché redonne aussitôt de la voix et calme la foule en secouant sa clochette : « Peuple de Berryer, nous t’avons entendu ». Commence alors un portrait approximatif de l’invité dressé par Cosima Ouhioun, deuxième secrétaire de la Conférence décrivant l’invité « musclé comme un sandwich SNCF », soulignant son omniprésence dans les médias : « je passe plus de temps avec vous, à travers l’écran, qu’avec mon époux qui est à cran ! » puis, s’adressant à Christophe Barbier, s’obstine à vouloir connaître la symbolique de cet accessoire rouge emblématique : « votre écharpe, cache-t-elle des pellicules ? La lavez-vous ? En avez-vous plusieurs exemplaires… ? ». Autant de question que, il faut l’avouer, tout le monde se pose secrètement.
L’EXPRESS EST-IL EN RETARD ?
Le premier candidat est présenté par Louis-Romain Riché, passant le CV du jeune avocat au peigne fin, tout en le raillant, le 4ème Secrétaire lui rappelle le sujet : « L’Express est-il en retard ? Vous répondrez à cette question par l’affirmative ! ». Voilà le premier orateur jeté
dans la fosse aux lions. Assis parmi la foule, il se lève et d’un air assuré, commence… péniblement car trop accroché à lire ses feuilles. Les secrétaires ainsi que Christophe Barbier écoutent attentivement et prennent des notes. Après avoir développé la première partie sur l’historique et la notoriété des “Unes” tabous de l’hebdomadaire, tout en filant la métaphore du train, les jeux de mots et calembours ont fusé, faisant plus ou moins rire l’audience : «L’Express aurait-il perdu son Humanité ? ». Un des secrétaires perd patience et lâche un « ta gueule ! ». Louis-Romain Riché veut mettre fin à la souffrance du premier candidat et commence à caresser la cloche comme pour annoncer la proche fin de la déclamation. Notre premier candidat conclut aussitôt et en profite pour se vendre auprès de Christophe Barbier : « je vous propose très humblement mes services à votre magazine ». Une collaboration qui sera d’autant plus facile car l’Express ne propose pas de piges actuellement.
ON N’AURA JAMAIS AUTANT RI DANS LE PALAIS DE JUSTICE
Vient le moment tant redouté du jugement dernier, le 12ème secrétaire est le premier à délibérer. Jouant lui aussi sur la métaphore ferroviaire, il compare l’intervention interminable à un « long tunnel » et conclut de façon cinglante : « tu es à l’éloquence ce que la grâce est à la ligne 13 un lundi matin à 7h25… une incompatibilité ! ».
Les secrétaires passent les uns après les autres, certains convaincants et mordants, d’autres, peu convaincus de ce qu’ils déclament, tombent parfois dans une théâtralité pour tenter de compenser leur maigre répartie. Seul face à un jury aussi nombreux, le combat est plus qu’inégal et le candidat en prend pour son grade. Les blagues des secrétaires font penser à des vannes sorties tout droit de dessins animés — avec des airs de battle de rap, allant parfois frôler le plus que douteux : « un tétraplégique ne peut pas courir, tu n’es pas l’Oscar Pistorius de l’éloquence ».
Un autre secrétaire confie une de ses craintes : « qu’est-ce que se passe s’il fait un bon discours ? ». Heureusement, ce n’était pas le cas affirme-t-il soulagé.

La parole revient enfin à Christophe Barbier : « mais quelle sauvagerie » commence-t-il presque estomaqué. Loin de cautionner cet acharnement et trouvant que la prestation du premier orateur n’était pas si catastrophique, il ajoute : « je vais défendre ce candidat ». Après une longue diatribe, il enchaîna quelques calembours dont : « nos journaux sont faits pour emballer le poisson, c’est pour ça que dans la salle des Criées je me sens chez moi ! » pour enfin conclure sur : « faut-il réviser les décisions d’acquittement ? Eh bien non, je vous acquitte ».
LE BARBIER EST-IL RASOIR ?
Pour le deuxième sujet : « Le Barbier est-il rasoir ? Vous répondrez par la négative ». Le second candidat habillé en costume, cravate et pochette se lève pour se faire présenter à l’audience. Il a une barbe fournie et taillée, et fait étrangement penser à ces avocats dans les séries télé judiciaires américaines. Le maître de cérémonie introduit ainsi un étudiant en école de commerce de l’ESSEC incapable d’envoyer son CV en entier. La plaidoirie commence et il perd aussitôt son assurance, bafouille puis revient à ses notes à de nombreuses reprises. Le public se regarde et l’on entend dans les rangs : « C’est une blague ? ». La gêne devenant tellement grande, quelques mécontents quittent la salle, beaucoup rient jaune et certains se prennent la tête dans une ambiance lourde à essayer de trouver une cohérence dans un exposé dont l’éloquence fait penser à un canular complotiste. Le summum du saugrenu sera atteint avec une comparaison entre Barbier et un vampire, affirmant que ce dernier est méconnaissable sans son écharpe. Il finira ainsi : « Ce n’est pas pour vous couvrir d’éloges, quoi qu’un stage serait de bon aloi ». C’est une hécatombe. Les secrétaires s’affairent à leurs stylos, tels des candidats dans le jeu Des chiffres et des lettres, mettant sur feuille leurs répliques. Le compte semble bon, ils délibèrent.

UN BEL ÉCHEC POUR LE CANDIDAT DE L’ESSEC
Un secrétaire commence : « Cher Richard, ou peu importe en fait… On a l’impression d’être les petits pâtés de ta farce. Tu resteras dans nos mémoires, mais pour de mauvaises raisons ». Un autre craque et ne peut s’empêcher de faire un quolibet sur son nom : « on pensait qu’on avait un champion, mais dans la catégorie Pierre Richard, on a trouvé mieux ». Notre étudiant de l’ESSEC rentre dans une torpeur, rit jaune, se frotte la barbe, gêné puis croise les bras… Soudain, alors qu’il essuie de cinglantes critiques, Richard sort un sandwich et c’est le pompon ! On n’aura jamais autant rigolé dans un Palais de Justice, dans une chambre mitoyenne à la Salle d’Audience de la Première Chambre supplémentaire du Tribunal de grande instance. Riché ira même jusqu’à lui ôter « le pain de la bouche » partageant son casse-croûte avec les secrétaires.
Enfin, c’est au tour de Christophe Barbier « Redscarfman » de venir porter assistance au malheureux candidat de l’ESSEC qui vient d’essuyer un bel échec : « Richard, vous avez dit la vérité, et quel endroit plus beau qu’un palais de justice pour dire la vérité ! ». L’ensemble de ses notes ayant été lues par Cosima Ouhioun, qui manquait d’inspiration, eu égard la contre performance précédente, Christophe Barbier s’en est brillamment tiré avec une pirouette verbale et a félicité le courage des candidats qui ont su affronter un jury quelque peu excessif. Une conclusion corroborée par Louis Boré, ancien Secrétaire de la Conférence en 1996, qui n’a pas hésité à remettre en place certains secrétaires insolents en soulignant leurs remarques « très très ras des pâquerettes ».
Une soirée qui aura très certainement eu le mérite d’inspirer Christophe Barbier qui doit être « en panne de sujets », après avoir traité à maintes reprises « les francs-maçons, les musulmans et la crise de l’immobilier en Île-de-France ». Si cette joute oratoire a eu l’effet d’exutoire pour les participants, Christophe Barbier n’a toujours pas livré le secret de son écharpe rouge.
Daniel Latif







“Quand est-ce que tu décides d’avoir un vrai téléphone ?” Voici le procès que l’on me fait régulièrement. L’on m’accuse ainsi d’être has been. Tout ça parce que je suis Blackberry. J’avoue, j’en suis fier. Certes, mon BlackBerry Q10 porte le nom d’une crème Nivea. Mais cela décrit à merveille la sensation de douceur que j’éprouve lorsque mes pouces effleurent les touches du clavier. L’appellation Q10 évoque cependant très justement des performances qui seraient supérieures à n’importe quelle Audi.
Une émulation plutôt réussie qui propose aux globe trotters une sorte d’hybride tablette offrant une lecture ergonomique et confortable, grâce notamment au clavier touch-sensitive : une innovation sur un clavier physique capable de faire défiler de façon tactile une page sans avoir à toucher l’écran avec ses doigts.
Qu’elle se rassure, les BlackBerry sont réputés pour leur robustesse notoire, très loin de l’image des iPhones, bien connus pour être fragiles, dont la vitre se fissure sans peine.
Le 3 mars 2015, Olivier Schrameck, Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, semblait bien amusé lors de son discours d’introduction pour la conférence de presse de présentation de la première journée de la langue française dans les médias audiovisuels.
En effet, ce n’est que 30 ans après qu’une initiative tente de “fédérer, inciter, promouvoir plutôt que de contraindre et de réglementer”. Des propos qui sonnent comme un aveu d’impuissance et qui surprennent lorsque l’on se rend compte que l’autorité de régulation de l’audiovisuel en appelle au bon vouloir des chaînes de radio et de télé.
Il aura fallu sept jours pour que le gouvernement autorise enfin la mise en place du dispositif de circulation alternée : quelle réactivité hors pair !
Dans la lignée des longues finitions de la 308, l’on connaissait déjà le niveau de gamme “Féline” qui, en plus de conférer des allures de tigresses, est notoire pour être la finition la plus haute en matière d’équipement. Toujours inscrit dans son invitation au voyage, où les parfums, les couleurs et les sons se répondent, Peugeot lance la version GT de sa 308, en vue de renforcer l’expérience synesthésique du conducteur.