La bohème nautique n’existe plus

C’est un beau et grand voilier qui vient de faire son approche sur le port de Kaş, au Sud de la Turquie. Alex effectue la manœuvre d’amarrage. Imperturbable, mais non moins nonchalant, sa barbe bien fournie lui forge ce caractère de presque vieux loup de mer tandis que son regard perçant pourrait faire de lui l’effigie de ce mannequin en poster dans la chambre d’une adolescente.

Tant de charisme qui fait déjà saliver ces trois sulfureuses polonaises dont l’attention ne se porte plus que sur le skipper :
« Vous venez d’où ? Lui demande l’une d’elles
— De Corse… » lance-t-il fièrement.
Les yeux des filles scintillent aussitôt. 
— Que faites-vous dans la vie ?
— Je suis navigateur et poète, termine-t-il légèrement agacé par la question.
— Ça doit être la belle vie de voguer à travers le globe au gré de vos envies ? »

Taciturne, il sourit et reste pensif…

Certes, changer tous les jours de cadre et rencontrer de nouvelles personne c’est le bon côté de la navigation. Peut-être « un des derniers aspect qui persiste encore aujourd’hui ». Même s’il est passionné de nautisme, Alex regrette cette période où existait encore la « belle aventure » que tout le monde fantasme encore, cette « bohème nautique », aujourd’hui,  n’existe plus.

En effet, autrefois « on arrivait avec un rafiot ou un bateau des plus minimaliste et on se posait comme un pirate dans un coin du port ». Aujourd’hui, prendre la mer cela reste une grande aventure mais « c’est devenu une vraie industrie où tout est question de fric ». Il enchaîne du tac au tac : « entre les délais d’attente pour le contrôle d’entrée dans chaque pays, qui varient entre 4 à 5 heures, puis les taxes ainsi que les frais de ports qui peuvent atteindre les 1 000 euros. Tout ceci, ajouté aux frais de carburant mais aussi d’équipements. Sur ce bateau de 4 millions d’euros, il y a 400 000 euros juste pour les voiles. De surcroît, le bateau doit s’équiper d’un système de navigation GPS, d’un téléphone satellite et de radios pour être assuré, « les assurances sont très regardantes car ça chiffre très vite si tu abîmes le quai ou le yacht d’un voisin » précise le jeune capitaine. 

À la question de « l’écologie dans tout cela ? », il soupire et lève les yeux au ciel. Entre les plastiques des bateaux qui ne sont pas recyclables, les solvants de construction, la peinture au cuivre que l’on met sur les coques pour éviter que les algues s’accrochent, les particules de peintures sur la coque et enfin les diesels des bateaux…  « On est loin de préserver notre planète », se lamente-t-il. 

Ce qui le désole le plus lorsqu’il vogue, c’est qu’« il ne se passe pas deux secondes sans croiser un sac plastique y compris les déchets organiques qui ne se biodégraderont jamais ».

Et la carte postale paradisiaque d’une étape pour se baigner nu dans une eau bleue turquoise est aussitôt balayée par ce cliché qu’il montre sur son téléphone avec ces vingt bateaux en Grèce qui ont jeté leurs eaux sales en pleine mer : « tu ne peux plus te baigner, il y a des boulettes de caca partout ! »

Rares sont les moments de navigation où l’on jouit au gré du vent, au gré des courants… Et pour cause, la navigation est loin d’être un long fleuve tranquille. Il se remémore les conditions difficiles, ces moments où l’eau était mouvementée, ces états de fatigue qui mènent aux moments d’hallucinations que Homère retranscrit parfaitement avec Ulysse dans L’Odyssée .

Tous ces petits détails qui ont le don de rendre cette mer des plus amères.

Daniel Latif
Photos : Alexandre Merlet /DR

Ca passe ou ça casse… ou ça trépasse.

La circulation à Paris laisse vraiment à désirer. Entre les incivilités au volant et le non-respect du code de la route, les exemples sont foisonnants et en dissuadent plus d’un de prendre sa voiture. Je prends souvent ma voiture de Beauvais pour aller dans le sud de la France, à Port La Nouvelle, et je suis obligé de passer par Paris. C’est l’endroit où je perds le plus de temps : il y a trop de bouchons c’est insupportable, la conduite est stressante et ça fini par devenir un vrai cauchemar confie Philippe.
Alexandre, Copenhagois et venu étudier une année à Paris avoue qu’il n’oserait jamais conduire à Paris : Les scooters doublent par la droite, font des zig-zag entre les voitures. Il y a trop de voiture, une circulation assez rude je ne pourrai pas gérer ça.

Difficile de s’imaginer pire, et pourtant…
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