Perception nouvelle du regard parisien

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C’est en discutant avec mon ami photographe Cunione qu’il me lança le défi de faire mes portraits avec un appareil photo numérique plus qualitatif et surtout de meilleure résolution que mon BlackBerry. Effectivement, il y a une autre approche dans l’exécution d’une photographie avec un reflex plutôt qu’un smartphone. C’est moins discret et la vision d’un objectif braqué sur soi entraîne plus facilement des réticences. L’exercice est plus difficile et bouscule mes habitudes mais j’accepte le challenge.

Alors je me suis naturellement orienté vers un appareil Nikon car leur univers m’a toujours été familier ; il m’est également arrivé d’utiliser régulièrement dans mes reportages un Nikon D70 puis un D700. Leur usage était par pur intérêt pragmatique. En effet, la photographie n’avait pas encore éveillé en moi d’élan poétique.

Pignon /
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Histoire de me roder avec le tout nouveau D780 de Nikon, je retrouve des photographes chevronnés et passionnés que j’avais déjà suivis auparavant. L’occasion parfaite pour explorer Paris avec un nouveau regard, capturer la vie parisienne sous un autre angle avec ce tout nouveau boîtier Nikon.

LexarSD1066x

Le Nikon D780 est capable de prendre jusqu’à 12 images par seconde en rafale et également de faire de la vidéo en 4K. Des performances qui nécessitent une carte mémoire puissante mais robuste. Ayant eu quelques mauvaises surprises auparavant, j’ai opté pour une carte SD de nouvelle génération, la Lexar SD 1066x SDXC, qui en plus d’être capable de capturer rapidement, permet d’afficher et parcourir des photos de très haute qualité sans ralentir ou peiner. Autre argument notoire : sa capacité de stockage 128 Go, allant même jusqu’à 512 Go. À l’image du boîtier qui est tropicalisé, la Lexar SD1066x résiste à l’eau, aux chocs, vibrations et rayons X. Un élément primordial pour conserver l’essence même du travail d’un photographe et travailler en toute sérénité.

Pérégrinations au cœur de Paris

Regardx Parisiens

Les samedis se suivent et ne se ressemblent pas. Pourtant, cela fait dix ans que les photographes du collectif Regards Parisiens se réunissent hebdomadairement et poursuivent la même routine : déambuler à travers la capitale pour capter ces regards et instants de vie du quotidien.

Lauren Dufour / Regards Parisiens
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Même après la crise sanitaire de 2020, nos artistes parcourent toujours la ville lumière armés de leurs boîtiers photo mais avancent désormais masqués comme des bandits, à l’instar des passants qu’ils essaient tant bien que mal de capturer à travers des clichés. 

« Museler la personnalité ou souligner le regard ? ». Au-delà de se limiter à une dualité grossière, cette problématique — relative au port du masque et son impact dans la perception de la photographie — constituerait à elle-même un remarquable sujet de thèse.

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Le masque est, certes, un élément devenu trivial de notre quotidien. Toutefois, il ajoute une toute nouvelle contrainte dans l’exécution de l’œuvre photographique. Comme s’en lamente Daniel Girard, photographe amateur depuis 1970, qui regrette le temps où les passants n’avaient pas cette allure fantomatique.  

« Cela déshumanise un peu les photos, reconnaît Emma Radenac, photographe au sein du collectif Regards Parisiens, qui affectionne les portraits de rue très serrés. On a du mal à photographier autre chose que des masques et des portables mais il faut saisir le masque car c’est un marqueur temporel qui a toute sa place dans nos photos. C’est le témoin d’une époque que nous traversons » philosophe-t-elle. 

Le masque a cet atout paradoxal de souligner certaines expressions, notamment du regard. Parfois, ces yeux envoûtants peuvent disparaître aussitôt une fois le masque enlevé. « Même si beaucoup d’émotions passent par les yeux, il manque le sourire. Elle se remémore, « avant, on avait le droit à des photos d’amoureux, de longs baisers langoureux ! Là, ça devient très rare » soupire Emma Radenac. Pourtant c’est si beau l’amour. 

Pour Laurent Dufour, adepte de photo argentique avec son authentique Hasselblad 500 CM « cela ne change absolument pas leur regard ». Spécialiste de la photo de rue notamment à Paris, il dresse un portrait cinglant du parisien qui « n’est pas connu pour être sympathique en général. Peu souriant, souvent ronchon, râlant pour un oui ou pour un non ». Pourtant, ce jour de janvier, les flocons de neige qui ont recouvert Paris d’un joli manteau blanc, ont adouci le mauvais caractère du parisien qui se prêtait volontiers au jeu en tombant spontanément le masque, le temps du cliché.

Immersion dans les nouveaux quartiers de Paris

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Le soir, couvre-feu oblige, la capitale se plonge dans un silence des plus angoissants rappelant des airs du premier confinement. C’est le moment idyllique pour arpenter les rues de Paris afin de capter les architectures et des perspectives et ainsi tester le Nikon D780 en basses lumières — exercice auquel je ne pouvais me prêter avec un téléphone. 

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Engouffrons-nous dans cette nouvelle rue dans le 17ème arrondissement au nom imprononçable et dont la prolongation mène au nouveau Tribunal de Paris. Un tout nouveau pan de quartier disgracieux, entièrement bétonné, une architecture au goût douteux, un horizon de tours d’immeubles aux façades végétalisées — ornées de plantes déjà fanées dont la plupart des feuilles sont tombées ou moisies.

Le lendemain, en repassant par ce quartier aux prémices de La Défense, j’aperçois un taxi New-Yorkais. Ce fameux yellow cab utilisé pour le tournage d’un film attire immédiatement mon œil. Une équipe empêche les accès aux voitures et piétons y compris à ce livreur à scooter qui insiste pour passer : « attendez, on est en train de tourner un film qui se passe à New-York, vous ne pouvez pas être dans le plan »

Copyright © : Dan Latif

Foison de constructions qui ont déjà mal vieilli, rappelant les modélisations 3D, où règne l’ambiance glauque d’un Resident Evil 3, orné de fausses façades en trompe l’œil comme dans Driver. Visiblement, au-delà de nous replonger dans ces jeux-vidéo sur la PlayStation d’antan, ce décor fantomatique a le mérite d’inspirer des réalisateurs et leur épargner un tournage outre-Atlantique.

La balade s’achève, j’envoie les premiers portraits à Cunione. Il jette un coup d’œil sur son portable rapidement et lance : « Elles sont très bien tes photos ! C’est lassant de voir tous ces masques. Déjà qu’on les voit dans la vie de tous les jours… » argumente-t-il. Outre le fait d’occulter toute une partie du visage et de lui rappeler a fortiori la crise sanitaire, cela ne l’empêche pas de percevoir le fameux « sourire parisien », son expression favorite pour parler du « parisien qui tire la tronche ». Après une inspection minutieuse et quelques observations, le verdict tombe dans la soirée : « oublie ton BlackBerry ! ».

Daniel Latif
Photos : DL /DR

Le retour de Lula Nonyme

Si le personnage de Lula Nonyme ne vous dit rien, ne cherchez pas plus, vous n’avez probablement pas connu l’époque d’Internet 1.0. Cette héroïne de bande dessinée s’est forgée sous la plume de Frédéric Berria, pionnier blogueur à l’époque où Facebook n’avait pas encore imposé ses diktats dans nos usages sur le web.

Ce graphiste a toujours eu la fibre du dessin. Déjà à 17 ans, il avait loué un kiosque dans la galerie commerciale Compans-Caffarelli de Toulouse où il faisait des portraits ou des caricatures des passants et clients. Quelques années après, il rejoint la capitale et commence à travailler chez Take-Two, maison mère de Rockstar qui a sorti le fameux jeu vidéo Grand theft auto (GTA).

Un jour de 2005, alors qu’il rêvassait dans un bar en terrasse apercevant une « adulescente » qui passait avec une jupe au-dessus de son jean : « Surpris par cette nouvelle mode, j’ai griffonné la fille » se souvient Frédéric. Le jeune graphiste dessine spontanément à ses heures perdues sur des post-it : Lula Postit venait de naître. Une première planche est publiée sur son blog promettant d’« inénarrables aventures de la petite fille qui squatte [son] pense-bête ».

DU POST-IT À LA BANDE DESSINÉE

Très rapidement, la jeune Lula s’ennuie toute seule dans son carré de papier. Elle rêve d’un animal de compagnie « intelligent, petit et mignon avec de la force dans le caractère ». Son créateur fait alors entrer sur scène Günther, un petit cochon gris quelque peu râleur, une tortue japonaise nommée Fuyutsuki, Zach, un félin taciturne — à l’opposé de Salem, le chat dans Sabrina l’apprentie sorcière — puis un bébé : Pomme, le petit frère de Lula, « né sur une feuille vierge et immaculée, un peu comme Jésus, mais sans le folklore ».

Un an plus tard, Frédéric Berria signe désormais les croquis d’une sobre lettre entourée d’underscores  _F_. Très rapidement le cochon se fait remarquer et un éditeur propose à Frédéric de sortir un livre. Lula change son patronyme et devient Lula Nonyme,  car « Post-it ça ne plaisait pas à la marque 3M qui voyait un parasitage », et s’échappe de sa petite case jaune avec ses compagnons pour s’épanouir en grand format bande dessinée en 2008 à travers 94 pages. 

« STEVE JOBS A TUÉ MON JEU »

L’univers de Günther sera par la même occasion décliné en jeu vidéo en animation Flash. « 15 000 joueurs ont testé le jeu en moins d’une semaine dès sa sortie », un tel succès a naturellement poussé Frédéric Berria à sortir : Little Pig Adventure 2, un deuxième opus entièrement développé par ses soins, de la programmation jusqu’à la création sonore, où le cochon doit faire le plein de Crépitos pour progresser plus vite, tout en évitant des sentinelles et obstacles, le tout chronométré.

Même si l’on peut trouver encore des traces de ses jeux sur le net, il est désormais difficile d’y rejouer car les différents navigateurs ne prennent dorénavant plus en charge Flash Player depuis le 31 décembre 2020, pire encore, ces derniers l’ont même bloqué depuis cette année suite à l’abandon définitif de son propriétaire Adobe. « Steve Jobs a tué mon jeu » plaisante-t-il aujourd’hui. En effet, le patron d’Apple avait, pour des raisons de sécurité mais aussi de stabilité, banni la technologie Flash sur les appareils mobiles et tablettes à la pomme. 

DU POST-IT À LA TABLETTE GRAPHIQUE

Les années ont passé, Frédéric Berria a lancé en 2012 l’agence de communication Pencil Park, une agence couteau suisse qui crée du contenu pour tous les supports. À la fin du premier confinement, son crayon le démange, « profitant d’une période de creux », l’artiste en a profité pour faire revivre ses illustres personnages ultra-minimalistes.

Lula et sa famille ont franchi le cap de la modernité et s’affichent sur Instagram et Facebook. Grand aficionado du format comic strip, sa référence ultime reste Calvin and Hobbes illustrée par Bill Watterson, bande dessinée publiée quotidiennement dans le New York Times. « Je me force à raconter mes histoires, gags ou tranches de vie en une ou quatre cases à cause des contraintes d’affichage sur Facebook » soupire-t-il.

Le style de ses dessins a évolué, « je fais des essais pour représenter le caractère hyper dynamité de Lula, je travaille sa chevelure notamment son emblématique swing. Je ne la maîtrise pas encore tout à fait » avoue l’artiste. Alternant à la fois entre Günther et la jeune fille aux cheveux rouges, tantôt dans sa tête ou dans son univers, l’on se délecte quotidiennement à retrouver ses personnages touchants, voire attachants.

Au-delà du running gag, Frédéric Berria nous invite à une réflexion, humblement, sans prétention, mais avec une finesse dans sa prose et une pointe de nostalgie où il introduit subtilement des références à ses influences, comme une chanson dans la tête, ou à des incontournables du cartoon et de la pop-culture : The Simpsons, Scooby-Doo et Superman entre autres…

À la question d’un prochain album de bande dessinée, Frédéric s’amuse : « cela n’est pas le but recherché mais s’il y a un lectorat conséquent, on verra. Pour l’instant, je m’amuse ». Pour que l’œuvre devienne réalité, vous savez ce qui vous reste à faire…

Daniel Latif
Photo : DL /DR
Dessins : Frédéric Berria

Bretagne : Moncontour, plus beau village de France

À quelques kilomètres de Saint-Brieuc se trouve l’un des plus beaux villages de France : Moncontour. Découvrez avec moi ses charmes et ses secrets, qui vous feront rapidement comprendre pourquoi le village a décroché ce fameux label de petite cité de caractère.

Situé à l’extrême ouest de la France, en Bretagne, à 25 km de Saint-Brieuc et appartenant au département des Côtes-d’Armor, Moncontour se révèle être un des plus beaux villages de France. Faisant parti du label touristique des Petites Cité de Caractère et de l’association des plus beaux villages de France, Moncontour se distingue par sa particularité d’être une authentique cité médiévale !

L’histoire de Moncontour

Moncontour a joué un rôle militaire important dès le XIIe siècle, devenant alors une des places fortifiées du Duché de Penthièvre. Après avoir subi sièges et assauts, la ville se tourne vers le commerce de toiles de lin et de chanvre qu’elle exporte vers l’Espagne et les Indes. Au gré des ruelles, admirez les hôtels particuliers et les maisons légués par ces riches négociants. L’hôtel Clézieux et l’hôtel de Kerjégu, devenu aujourd’hui la mairie, en sont de parfaits exemples.

A voir absolument à Moncontour

Les remparts et tours du XVIIIe siècle, vestiges du château, les venelles et ruelles bordées d’hôtels particuliers en granit ou à pans de bois, et bien sûr le trésor du village : l’église Saint-Mathurin de Moncontour. Ses verrières du XVIe siècle sont parmi les plus belles de Bretagne ! Pour plus d’explications et d’anecdotes, pourquoi ne pas opter pour une visite guidée du village ?

Balades nature autour du village

Coteaux, chemins, forêts et landes… La campagne environnante vaut la balade. De Moncontour, empruntez le chemin en sous-bois qui mène à la Chapelle Notre-Dame-du-Haut. A 20 minutes de marche, la vue sur la cité est remarquable !

Vous pourrez aussi tenter la randonnée du Mont Bel Air, sur 17 km aller-retour, soit environ 5h45 de marche. Ce circuit traverse la cité de Moncontour, jusqu’au moulin Saint Michel puis la chapelle Notre-Dame, avant de découvrir du haut du Mont, la Baie de Saint-Brieuc et les Landes du Mené.

Pour les amateurs des balades pédestres, le chemin de l’Ecce Homo est idéal pour se replonger dans le passé médiéval de Moncontour. Il permet de passer de chapelles en étangs, de traverser le vallon boisé du ruisseau de l’Etang Prioux puis de partir à l’assaut de la cité médiévale de Moncontour. Comptez 5,5 km pour 1h40 de balade, assez facile.

Enfin, afin de ne rien rater du paysage, les plus aventureux pourront découvrir le ciel des Côtes-d’Armor en montgolfière.

Daniel Latif

Adventures on the French Riviera

The French Riviera reveals landscapes with golden tints of an azure blue sky all year round and exposes many more unusual places for unforgettable adventures. Here are our ideas for a sweet, completely exotic moment! Adventures on the French Riviera

The French Riviera

The French Riviera allows you to savour the great diversity of landscapes and activities in an idyllic and quiet setting, with the rhythm of cicada songs… Leave your home comforts, therefore, for a variety of adventures on the French Riviera.

A unique safari and the unusual

In search of scenery and adventures? The Monts d’Azur Biological Reserve is the ideal place to recharge your batteries, and why not go on a safari at the heart of the French Riviera? Indeed, it is 40 km from Grasse that we find the most breathtaking setting and nature, full of cliffs, long, winding lawns and a great diversity of animals roaming free. Hundreds of animals, such as bisons, deer or wild boars, live together here. Fauna and flora unite for a most fascinating visit, whether on foot or by horse-drawn carriage.

Scented getaway in Grasse

For a unique and scented adventure, there’s nothing like visiting the centre of French fragrance. The world-renowned International Perfume Museum makes for the most intoxicating visit. You will discover the perfume industry’s history, the secrets of manufacturing or the different marketing strategies for packaging these incredible scents. The Molinard and Fragonard perfumeries offer a fragrance bar, where playful workshops take place. A great idea for us to get tempted, before taking home our own bespoke perfume made for us! Enough to get you further to the bottled South.

Culinary adventure in Menton

The greatest gourmands will be able to rejoice in a culinary escapade in the city of lemons, Menton. Indeed, at the heart of the town centre is Maison Herbin, which, since 1974, lovingly prepares and manufactures homemade jams on the spot, tantalising the eyes, as well as the taste-buds and sense of smell. Moreover, the lemon town also, of course, offers many products made from Menton’s lemons. From vinegar to chocolate, via the tapenade, this shop honours the city’s golden elixir.

A moment of culture in Nice

For a cultural getaway, what better way than a city trip to Nice? In fact, discover the Baroque treasures, such as the Nice Cathedral or the Palais Lascaris, before strolling along the emblematic Promenade des Anglais. Nice has a large number of museums filled with treasures: the Chagall Museum, the Matisse Museum, MAMAC (Museum of Modern and Contemporary Art), the Museum of Sport… And why not stop at the Saleya flower markets ?

A walk on the waterfront

Not far from Nice is a small and relaxing town, though far from the hustle-and-bustle: Beaulieu-sur-Mer is the ideal place for seaside strolls on the sunny beaches of Little Africa or La Baie des Fourmis, or for splendid garden visits. For those who are looking for something a little more cultural at Beaulieu-sur-Mer, you can take a trip to the heart of ancient Greece thanks to Villa Kérylos, before discovering the beautiful garden of Olivaie.

Daniel Latif

Mieux qu’un mois d’août à Paris

Au-delà du surréaliste, le calme qui règne à Paris est des plus insolites : « mieux qu’un mois d’août à Paris » commente Véronique penchée sur son balcon filant au cinquième étage. Un bus vide passe à toute allure, suivi d’un autre des plus fantomatiques, complètement éteint et qui affiche « Sans voyageur ». Les panneaux RATP indiquent que le trafic est perturbé.

Les rues de la capitale sont vides, tout juste clairsemées de quelques passants. Certains marchent au milieu des avenues, téléphone portable à la main pour immortaliser une belle carte postale d’un Paris qui respire à nouveau, par décret.

Hasard du calendrier des travaux ou simple coïncidence, on s’émerveille devant la façade du Palais Bourbon aux « colonnes pimpantes remarque Julien, un photographe parisien. C’est surprenant et d’autant plus rare d’avoir un contexte aussi photogénique » s’enthousiasme-t-il tout en dégainant son appareil photo.  

La place de la Concorde est vide, et pourtant le cliché ne bluffe guère de monde, comme le raconte cet officier de police qui se remémore des airs de dimanche matin. Si Eric et Ramzy voulaient tourner un deuxième opus du film Seuls two, le décor leur serait servi sur un plateau.

Les taxis attendent à la station sur le presque vierge boulevard Saint Germain. Fofana, sort de sa majestueuse berline noire, masque chirurgical autour du cou. On croirait qu’il vient de sortir du bloc opératoire et pourtant cet artisan taxi depuis 28 ans ne fait que profiter du boulevard Saint Germain vide pour se dégourdir les jambes.

 « Ça fait réfléchir… » observe-t-il, en constatant les portes closes du Café de Flore avec des chaises et tables en barricades. À la question, craint-il la proximité avec des clients potentiellement contaminés par le Covid-19 dans son taxi, le chauffeur remet aussitôt son masque sur son nez : « il faut être fataliste, sinon on ne travaille plus » philosophe-t-il.

LE CALENDRIER DE LA PEUR

Un jeune couple marche rapidement sur la rue du Four. « Mais si, ça doit être ouvert » lance-t-elle pour rassurer son bel ami. Approchant de l’angle avec la rue Bonaparte, ils arrivent devant une pharmacie fermée, sans affiche, ni indication d’alternative, alors que l’enseigne aux nombreuses croix vertes lumineuses clignote pourtant. Sur les avenues, seules les croix vertes des pharmacies et les enseignes des tabacs sont illuminées.

Quelques joggers passent, certains arborent un masque. Un couple court à un mètre de distance, mesure de sécurité oblige ou alors c’est juste le deuxième qui n’arrive pas à suivre la cadence du premier ?

Juliette, étudiante à Sciences Po Aix, promène sereinement son chien sur le boulevard. Loin de céder à la panique autour de l’épidémie, elle estime « la vision des masques anxiogène. Ces gens te donnent l’impression que tu as la peste quand tu passes à côté d’eux »

Elle raconte avoir préféré rentrer à Paris pour être au plus près de sa famille. « Les rassemblements ont été limités, ensuite les parcs ont été fermés, puis le discours d’Édouard Philippe a tout précipité. La montée de la peur et la psychose se sont fixées sur la parole de nos dirigeants et elles se sont multipliées sous l’effet des réseaux sociaux créant ainsi un calendrier de la peur » analyse-t-elle.

Alors que le Quai d’Orsay annonce une suspension des liaisons aériennes en Europe jusqu’au 17 avril, le ministre de l’Intérieur implore un confinement jusqu’au 31 mars, au moins… Étonnamment, l’Apple Store du marché Saint-Germain annonce une fermeture « jusqu’au 27 mars ». Des hôtels affichent une fermeture « pour une durée indéterminée », tandis que les kiosques sont fermés « jusqu’à nouvel ordre ».

Le temps s’est arrêté à 12H ce mardi mais le peuple est déjà impatient de retrouver sa liberté.  Il scrute le calendrier des jours prochains, avec une multitude de dates incohérentes et des échéances incertaines, a fortiori extensibles. Seul le compteur qui chiffre les morts et les contaminés continue à bouger.

La population attend la prochaine allocution de Godot ou celle du gouvernement prodigue annonçant la fin d’une « guerre sanitaire » ou plus vraisemblablement un prolongement du confinement dont la date de fin reste inconnue. Adieu les plannings, out les agendas. La France latine vit au jour le jour en rêvant du mois d’août. La seule échéance que les Français attendent, c’est celle de leur libération…

La liberté de se mouvoir. La liberté de contester. La liberté de commenter l’actualité au zinc du bar de son quartier. La liberté de donner son avis en live devant un public en chair et en os qui réagit de vive voix.  La main d’un pote sur son épaule. Le parfum d’une femme qui n’est pas la sienne, le spectacle de la rue, les bruits. Le miroir de l’autre. L’interactivité avec ses 5 sens. Voilà ce qui manque subitement et qui est irremplaçable.

Les smileys sont subitement devenus insuffisants. Il n’aura pas fallu une journée pour se rendre compte que les réseaux sociaux ne créent pas tant de lien que ça et qu’on s’ennuie déjà peu importe les nombreux messages qu’on envoie ou qu’on reçoit.

Le jour de leur libération, les français entreront dans un café voisin, ils serreront des mains qui ne sentent pas le gel hydroalcoolique ou le savon de Marseille, ils plongeront leurs doigts dans le bol de cacahuètes aux milliards de bactéries, ils commanderont un café, une bière ou un verre de vin blanc, ils s’embrasseront, et tout ne sera plus qu’un mauvais souvenir. En attendant, ils appliquent les décrets de leur démocratie chérie et rêvent de jours meilleurs.

Mieux qu’un mois d’août à Paris, en témoignent ces trois canards, sans doute échappés du jardin des Batignolles qui déambulent à 23 heures sur la chaussée place de l’église. Il aura fallu moins de douze heures pour que la nature commence à reprendre ses droits…

Daniel Latif
Photos : DL /DR

Illustration : Anne-Catherine Belliot

6 Ausflugsziele an der Côte d’Azur

Die Côte d’Azur beherbergt malerische Landschaften, die das ganze Jahr über von einem azurblauen Himmel umrahmt werden und unzählige besondere Orte für unvergessliche Abenteuer!

Die Côte d’Azur

Genießen Sie die Vielfalt der Landschaften und Aktivitäten in einem ruhigen und idyllischen Rahmen an der Côte d’Azur. Machen Sie sich auf eine Reise voller abwechslungsreicher Abenteuer.

1. Kulturelle Momente in Nizza

Für einen kulturellen Ausflug gibt es nichts besseres als einen Städtetrip nach Nizza. Entdecken Sie die barocken Schätze wie die Kathedrale Sainte-Réparate oder den Palais Lascaris, bevor Sie auf der symbolträchtigen Promenade des Anglais entlangspazieren. Nizza verfügt über zahlreiche Museen, die wertvolle Schätze beherbergen: das Chagall-Museum, das Matisse-Museum, das MAMAC (Museum für zeitgenössische Kunst), das Sportmuseum… Und was spricht eigentlich gegen einen Abstecher zum Blumenmarkt auf dem Cours Saleya?

2. Ausflug nach Grasse

Für ein duftes und außergewöhnliches Erlebnis gibt es nichts besseres als einen Besuch in der Hauptstadt des Parfums. Der Besuch des internationalen, weltberühmten Museums ist ein betörendes Erlebnis. Dort lernen Sie alles über die Geschichte der Parfümindustrie, die Produktionsgeheimnisse sowie die verschiedenen Marketingstrategien für die Verpackung dieser unglaublichen Gerüche. Die Parfümerien Molinard und Fragonard bieten ein Parfümatelier mit spielerischen Aktivitäten an. Eine hervorragende Idee, um uns einen Vorgeschmack zu geben, bevor wir unser eigenes, ganz persönliches Parfum zum Mitnehmen zu kreieren! Ein Stück Südfrankreich zum Mit-nach-Hause nehmen.

3. Kulinarische Highlights in Menton

Die größten Feinschmecker können sich auf eine kulinarische Entdeckungsreise in Menton, der Stadt der Zitronen, freuen. Im Herzen des Stadtzentrums befindet sich das Herbin Haus, in dem seit 1974 liebevoll selbstgemachte und vor Ort hergestellte Marmeladen unsere Augen, Geschmacksknospen und unseren Geruchssinn erfreuen. Übrigens bietet die Zitronenregion auch zahlreiche aus den Zitronen von Menton hergestellte Produkte. Vom Essig über Schokolade bis hin zur Tapenade verfeinert dieses Geschäft zahlreiche Produkte mit dem Goldelexir der Stadt.

4. Eine Safari in den Monts d’Azur

Lust auf Abenteuer? Das Naturwaldreservat Monts d’Azur ist ein idealer Ort zur Entspannung und vielleicht sogar für eine Safari inmitten der Côte d‘Azur. 40 km von Grasse entfernt eröffnet sich uns eine der überwältigendsten Naturlandschaften voller Felsen, langer Wiesenflächen und einer Vielzahl frei lebender Tiere. Hunderte von Tieren wie Bisons, Hirsche oder Wildschweine leben miteinander. Erleben Sie das faszinierende Zusammenspiel von Flora und Fauna bei einer Besichtigung zu Fuß oder mit der Kutsche.

5. Spaziergang am Meer

Unweit von Nizza entfernt befindet sich eine kleine Stadt, fern vom Tumult: Beaulieu-sur-Mer. Der ideale Ort für Spaziergänge am Meer zu den sonnigen Stränden Petite Afrique oder La Baie des Fourmis oder für einen Besuch der herrlichen Gärten. Alle, die auf der Suche nach kulturellen Höhepunkten sind, können dank der Villa Kérylos in Beaulieu-sur-Mer eine Reise ins Herz des alten Griechenlands unternehmen, bevor sie den wundervollen Garten Olivaie besuchen.

Lust auf noch mehr Sonne, Strand und Meer? Entdecken Sie die schönsten Küstenorte an der Côte d’Azur!

6. Spaziergang in der Natur

Lust auf Natur, Felsen und wilde Vegetation? Auf nach La Turbie! Dieses mittelalterliche Dorf ist geprägt von den kleinen, blumengesäumten Gässchen, die einer weit zurückreichende Geschichte haben. Es ist möglich, die Trophée des Alpes, ein römisches Bauwerk aus der Regierungszeit des Kaiser Augustus, das Fort Tête de Chien und die von der Barockepoche inspirierte Kirche Saint Michel, in der es eine Vielzahl an hochwertigen Gemälden gibt, zu erkunden. Die Turbie ist aufgrund ihres reichen Natur- und Kulturerbe eines der charmantesten, kleinen Städtchen an der Côte d’Azur.

Daniel Latif

Les Vénitiens ne font pas carnaval

Il règne comme une ambiance surréaliste sur le Canal grande à Venise lorsque vous longez à bord d’un Riva ce palais illuminé la nuit. À Ca’Rezzonico, un couple d’amoureux s’embrasse, assis en haut des marches à moitié immergées, déguisés en braqueurs dans la Casa de Papel.

Une touriste anglaise les observe, un paquet de chips à la main, comme si elle était au cinéma. Plus loin, il y a ce faux baron et cette fausse comtesse, costumés comme au bon vieux temps, qui déambulent masqués avec cette nonchalance et dans une démarche fantomatique. Les touristes s’amusent, ils observent, rient et prennent des photos.

Les vénitiens, eux, sont partagés. Les jeunes observent cette effervescence avec scepticisme. « Venise est victime de son succès », souffle Giovanna, vénitienne de naissance. L’afflux de visiteurs complique leur vie et les déplacements au cœur des rues étroites. Les touristes leur  « volent [leur] ville », Les anciens sont plus compréhensifs, comme Bruna, qui porte le titre de Grand-mère des Gondoliers : « c’est beau de voir ces visiteurs venir du monde entier pour perpétuer cette vieille tradition » s’enorgueillit-elle. 

Antonella, assise en terrasse avec sa mère, ricane devant le défilé de toute cette galerie. « Il faut bien s’amuser, je les comprends » philosophe-t-elle même si elle reconnaît que les costumes et personnages incarnés sont « de plus en plus bizarre » lance-t-elle devant ce touriste déguisé en Joker avec une batte de baseball.

« Nous faisions carnaval, se remémore Antonella, mais c’était dans les années 80. Les vénitiens s’habillaient avec des costumes d’époques et allaient dans des soirées exclusives feutrées dans des palaces improbables bordant le Canal. Aujourd’hui, les vénitiens ne font plus carnaval », confesse-t-elle.

Entre « Carnaval » et « Halloween », il faut reconnaître qu’on ne sait plus trop sur quel pied danser. Des masques, de toutes les formes, de tous les goûts et souvent de mauvais goût. Des effrayants, des basiques, des ridicules. Foison d’anges, un Zorro des plus bluffants, un impressionnant Batman ou quelques Spiderman et un sosie presque parfait du Professeur dans la Casa de Papel. On aperçoit aussi certains membres de la famille Windsor, William et Kate, Meghan et Harry échappés de Buckingham Palace qui se déhanchent dans une improbable charcuterie transformée en dancefloor pour la soirée d’ouverture du carnaval.

Il est facile de distinguer les touristes, l’œil rivé sur le GPS cherchant leur hôtel ou un embarcadère, des vrais vénitiens qui vous bousculent rouspétant continuellement : « permesso, permesso ». Veronica, comtesse aux racines italiennes, ne peut s’empêcher de décortiquer les tenues de la plupart des passants. Sensible à l’effort de certains, comme ce jeune acteur sur qui elle a jeté son coup d’œil expert : « ah, il y a du plombé dans sa cape ! Les plis sont maintenus, il y a du volume et il porte un vrai col en fourrure de vison » commente-t-elle. 

Donnant un bon point à ces espagnols et les asiatiques qui jouent le jeu à fond et qui ne se content pas que d’arborer le masque mais qui néanmoins tombent parfois dans le « complètement ridicule, observe-t-elle. Il suffit de regarder ce faux velours de soie, c’est trop transparent. Elle poursuit avec l’analyse de « ces fausses capes froissées » qui lui donnent « envie de louer un costume pour relever le niveau » de la parade.

« Ici, c’est un Carnaval, on ne se déguise pas, on se costume » précise Didier Spang, qui tient le stand Plume NC Design sur la place Campo S. Stefano. Cet éleveur, passionné d’oiseaux, est le seul commerçant non vénitien autorisé à exposer et invité par la Chambre de commerce et de l’artisanat à participer à cette 36ème foire organisée par la ville de Venise.

Ses masques sont entièrement faits à la main, et les prix atteignent pour certains 8000 euros comme pour cette pièce intitulée « Nous deux » : un masque en plume qui a été porté « lors de nombreux défilés Jean-Paul Gaultier et Hermès ».

A l’origine, le carnaval de Venise était « le seul moment où les petites gens se déguisaient et pouvaient faire ce qu’elles voulaient. Elles pouvaient ainsi se mélanger avec ces classes qu’elles ne pouvaient approcher le reste de l’année. C’est pour cela qu’ils se noircissent le tour de l’œil car il ne fallait surtout pas voir un centimètre carré de peau, de peur d’être reconnu » recontextualise Didier Spang.

Ainsi, le masque conférerait comme dans le célèbre film The Mask avec Jim Carrey, un pouvoir qu’ils n’avaient pas d’habitude. Étonnamment, derrière cette symbolique de la dissimulation, les regards deviennent plus perçants. L’illusion de l’autre l’emporte et les échanges visuels se soutiennent davantage. L’ambiance s’ouvre gaiement, nul besoin d’autre artifices, la troupe de masques entre dans le bal et danse, les uns avec les autres, les uns contre les autres. Car, derrière ce masque, la fantasmagorie opère immédiatement et crée une tension érotique. Les couples se mélangent, s’anonymisent, des clins d’yeux s’échangent furtivement. Perdus dans cet immense Venise, aux ruelles toutes semblables, le doute s’installe. Des regards mystérieux se questionnent, s’interpellent, se jaugent et ils paraissent familiers et essaient de se reconnaître, en vain.

Cette année le thème du carnaval est l’amour. Ça tombe bien, entre les odeurs de toute une gastronomie typique avec des légumes grillés du marché, la mortadelle et les salamis, les vins de la région sans oublier les incontournables Prosecco, Bellini et Spritz, tout est réuni pour faire un formidable banquet où après avoir fait bonne chère, les convives passeront peut-être aux plaisirs de la chair.

Une recette simple pour rester vivant et revoir Venise.

Daniel Latif
Photos : DL /DR

Mazda 2 : le retour aux sources

Qui aurait pu croire qu’avec un modèle d’entrée, compact l’on pouvait faire une voiture sophistiquée et agréable à conduire ? La recette est simple et voici comment le constructeur japonais l’a concrétisée à travers la nouvelle Mazda 2. Soignez le design extérieur, en renforçant la présence de l’auto avec des phares qui lui forgent un regard perçant. Ajoutez-y des lignes horizontales pour asseoir l’autorité de la caisse. A l’intérieur, conservez la sobriété en assurant un choix de coloris qui s’accorde selon les envies.

Et enfin, l’humain ! Ce dernier aspect est essentiel, et chez Mazda, cet esprit se conceptualise selon la philosophie « Jinba Ittaï », en d’autres termes : faire corps avec la voiture. Car chez Mazda, les ingénieurs se sont attachés au soin du conducteur notamment en respectant la position du corps lors de l’assise et en portant une attention particulière à la posture pendant la conduite.

Ainsi, les sièges ne se contentent pas que d’être enveloppés de cuir mais s’assurent d’un maintien du pelvis et de la colonne vertébrale selon sa courbe naturelle. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour les grands voyageurs et ceux qui se bousiller le dos au bureau, ça veut dire beaucoup !

Mais l’effort porté à l’attention des passagers est d’autant plus remarquable sur route, notamment les routes de Grèce où la chaussée est plus que redoutable, les chemins chaotiques. Pendant la conduite, l’on ressent que les suspensions ont été adaptées afin de ne pas brutaliser le corps et absorber les défauts de la route.

L’argument ultime qui portera le plaisir de conduite à son acmé reste tout simplement la boîte de vitesse mécanique et un moteur SkyActiv-G M Hybrid 1,5l 90 ch des plus réactifs. En effet, il n’y a rien de plus délectable que de passer soi-même les 6 rapports et de surcroît, tirer le frein à main comme avant !

Voilà comment une Mazda 2, une auto au gabarit assez petit, s’affranchit des préjugés et réussit à incarner l’image parfaite de ce que l’on pourrait qualifier de voiture européenne premium de référence.

Encore une des rares automobiles qui rentre dans les critères d’excellence au niveau d’esthétique puis de la conduite et qui respecte harmonieusement bien l’approche humaine. Plus qu’une recette qui marche, une voiture qui roule !

Daniel Latif

Michou must go on !

Un calme saisissant règne sur la rue Caulaincourt. Les néons du café Au Rêve, brillent d’un bleu turquoise éclatant. En terrasse, Jean-Michel, un habitué, prend son café et observe les quelques badauds qui attendent déjà devant le cimetière Saint-Vincent . « Ce sont des places en or, vous êtes aux premières loges pour l’arrivée de Michou » lance une voisine. Intrigué, il commence à discuter avec les autres clients : « Brigitte Macron sera aussi présente » lui apprend un Montmartrois.

Alicia, professeur d’espagnol, est venue rendre hommage à ce personnage truculent que « tout le monde connaît ». Arrivent deux Poulbot, figures emblématiques, aux côtés de quelques membres de la République de Montmartre, reconnaissables par leur habits traditionnels composés de chapeau, cape, arborant l’écharpe rouge et une imposante médaille. Admirative devant un tel folklore, elle poursuit : « en Espagne aussi nous sommes traditionalistes, et c’est important, sinon on ne sait pas d’où on vient et on perd ses racines ». Regrettant de ne pas avoir eu le temps d’aller assister à son spectacle, « le cabaret, c’est comme notre flamenco. C’est une partie du patrimoine parisien qui s’en va, mais c’est une partie de nous qui meurt aussi » se désole-t-elle.

UNE PARTIE DU PATRIMOINE PARISIEN QUI S’EN VA

Un important dispositif de sécurité écarte la foule pour faire place à un corbillard, fraîchement repeint pour l’occasion aux couleurs de Michou. Alexandre, photographe qui passait par hasard, observe la scène : « il laisse plus qu’un souvenir, une trace dans ce quartier. C’est quelqu’un qui avait compris que l’être était autre chose que le paraître. C’était un Pedro Almodóvar avant l’heure ». 

Ce qui revient le plus souvent, au-delà de l’aspect culturel et artistique, c’est sa personnalité et sa générosité : « tous les gens qui venaient dans son cabaret, c’était des amis, il ne les prenaient pas pour des clients. Michou discutait, il était content de faire des photos avec eux » souligne Any d’Avray, créatrice de perruque. « Il maintenait les années populaires, faisait bouger tout le quartier et vivre encore le cabaret ».

« On reste optimiste, mais ça ne sera plus jamais la même chose… ». Arnaud, le patron du Nazir se rappelle avec émotion ses nombreuses visites dans son établissement : « c’est un monument historique qui a beaucoup fait pour tout le quartier et surtout les anciens ».
Ses proches, ses amis étaient tous réunis dans la bonne humeur et la convivialité. « On s’y attendait, et il nous disait : « j’espère que tu viendras à mon enterrement ». Ainsi, tout était préparé pour que son enterrement soit un moment d’amitié et de commémoration. Roger Dangueuger, ancien patron du cabaret « Chez ma cousine » et ami de Michou se remémore : « il disait que le cabaret ne lui survivra pas et pourtant, il y a toujours trois mois de réservations enregistrées, alors on espère que ça nous permettra de le garder encore un petit peu avec nous ».

Daniel Latif
Photos : DL /DR

Bonne année « sous BH » !

C’est dans ce petit Paris que sont les Batignolles que trois amis se sont accoudés à la fenêtre de leur appartement comme le feraient ces compères dans nos villages.

« Bonne année Monsieur ! lancent-ils en cœur à ce passant qui s’arrête à leur niveau. On aime beaucoup votre chapeau mais par contre il faut arrêter la cigarette.
— Merci de prendre soin de moi. Bonne année, vous aussi lance-t-il amusé.

Cela fait deux heures que David, Ludwig et Maxence coiffés de chapeaux canotier présentent leurs vœux à tous ce qui s’approchent. « Si on faisait ça sur un banc, les gens prendraient peur » analyse Maxence. Après avoir passé deux ans en Australie, il se rappelle avoir croisé nombre d’inconnus qui lui ont à chaque fois adressé de chaleureuses salutations alors qu’à Paris tout le monde a peur de tout le monde. « Le bonjour ne devrait pas se cantonner aux voisins de palier » surenchérit David.

« Mes meilleurs vœux Mademoiselle.
— Ah, merci c’est gentil, bonne année également… Déjà à l’apéro ? Vous carburez à quoi ?
— On est sous BH, t’en veux ?
— Non, non, c’est quoi la BH ?
— La bonne humeur ! » éclatent-ils de rire.

Ils adaptent les vœux en fonction du client. Avec cette mamie qui promène son chien : « Bonne année Madame, que votre chien puisse voir 2021 ».
Deux policiers municipaux arrivent : « Bonne année Messieurs, plein de santé et des PV ! ». Les agents rétorquent, hochant la tête et élevant leur main droite.
Plus tard, ils remarquent de loin cet étudiant de l’école hôtelière Vatel marchant de bonne allure en costume : « Lui, ça fait deux fois qu’il passe, il fait des tours de quartiers » observe Maxence qui lance : « Bonne année jeune homme ! Bonne santé et quoi d’autre ?
— Du cul, du cul, du cul ! » rétorque hilare l’étudiant.

C’est le moment crépusculaire, le passage se fait rare mais les jeunes parisiens sont toujours autant motivés…
« Oui, oui, merci mais vous me l’avez déjà souhaitée, s’étonne cet autre riverain.
— Mieux vaut deux fois qu’une !

« Il manquait un endroit où se retrouver et ici on est dans notre salon, mais avec tout le monde » commente Ludwig.

Certains ont leur casque et ne répondent pas, d’autres sont méfiants à l’idée d’être interpellés par un « bonjour ! » aussi impromptu, puis les bons mots fusent. Et ça marche, une fois le « bonne année » souhaité, les piétons quittent leur torpeur et retrouvent aussitôt le sourire. Les enfants répondent spontanément, certains restent coi devant ce trio délirant.

Farceurs dans leur commérage mais toutefois bienveillants dans leur réflexions : « Ah ! C’est bien, il a mis son casque et le gilet jaune » ou encore envers cet utilisateur Vélib’ : « Vous n’avez pas bien verrouillé votre vélo ». Et voici, comment ce trio de jeunes a égayé de façon simple mais non moins surréaliste cette après-midi de janvier 2020 aux Batignolles.
La pluie s’invite, la nuit tombe… Avant de repartir, ces trois batignollais m’ont chargé de vous souhaiter « la bonne année et surtout la santé » ! Le message est transmis.

Daniel Latif
Photo : DL/DR