
« Je ne sais pas où on va, mais on y va » s’inquiétait Alain dans ce van où régnait un silence insupportable. Étienne était scotché sur son téléphone, tandis que Ben s’était endormi. Les autres passagers étaient plongés dans une torpeur. Lobotomisés, figés, le regard vide, ils subissaient la conduite robotisée d’un chauffeur taciturne, complètement absorbé, roulant à tombeau ouvert sur cette autoroute sans fin en direction de nulle part.
Soudain, le van s’arrêta à cette station essence dans une zone désertique. Ils étaient loin de l’ambiance festive et de cette ritournelle « Vamos a la Playa » qu’ils avaient en tête lorsqu’ils voulurent fuir la sinistre rentrée en quête de profiter des derniers instants d’été sur une plage abandonnée.
Étienne, armé de son boîtier Canon emprunta un chemin étroit en vue de faire quelques photos à la façon d’un explorateur. Alain, toujours à la recherche du cliché parfait pour faire rager ses collègues le suivit. Ben, ne sachant que faire, emboîta également le pas sans grande conviction. Tous les trois progressaient, au gré des cheminements chaotiques, suivant leur intuition, persuadés qu’ils trouveraient un petit coin de paradis.

Après plusieurs minutes de marche, à plaisanter et refaire le monde, ils ont, sans même prêter attention à leur itinéraire, traversé un ponton, longé de nombreuses éoliennes et se sont engagés sur une route de montagne balisée d’un mystérieux fléchage jaune.
Arrivés au sommet de la montagne, leur seule gratification fut cette vue imprenable sur un paysage lunaire, où l’on devine des volcans dans le fond surplombant ce paysage rocheux et désertique qui s’étend tel une immense cuvette, avec ce chemin tortueux qui mène vers un point d’eau verdâtre — le genre de bassin où tu n’oserais pas te baigner sans une combinaison de protection radioactive. Alain envoie cette carte postale énigmatique signée d’un très laconique « Nevada ou Oklahoma ? » à son amie qui lui répond aussitôt : « paysage très glauque, Nevada plutôt, ou carrément terres au Turkménistan ». Et pourtant, ils voulaient juste profiter de la Playa à Malaga.

Le vent se lève, un immense nuage noir se dessine à l’horizon, le temps se couvre et l’orage gronde. Les trois amis ne savent ni où ils sont, ni où aller pour s’abriter. Un éclair les affole, ils courent en direction de cette cabane, tout est fermé. Mitoyen à cette petite maison, un poste de station électrique des plus lugubres et encore moins rassurant qui rappelle une scène du jeu vidéo Resident Evil. Un pick-up Mitsubishi L200 couleur Sun Flare orange est garé non loin, ouvert, alors les aventuriers y pénètrent histoire de laisser passer la bourrasque. Et voilà, comment ils prirent place sans le savoir à bord du tout nouveau Mitsubishi L200.
Nevada ou Oklahoma ? Non, on est bel et bien à Malaga

Les clients lui reprochaient quelque chose de « timide » alors le constructeur aux trois diamants a voulu lui redonner un caractère « plus masculin et plus fort ». Ainsi, et même s’il n’a pas pris 1 millimètre, le nouveau L200 garde la même signature stylistique mais voit son capot rehaussé. Qu’il roule sous la pluie, la neige ou à travers un nuage de poussière, impossible de ne pas le remarquer avec son nouvel éclairage LED à l’avant et à l’arrière. Désormais, il chausse des jantes plus grosses de 18 pouces et embarquant un nouveau moteur 2,2l diesel de 150 ch relié à une nouvelle boîte mécanique de 6 rapports.

Voulant fermer la fenêtre, Alain appuya par réflexe sur le bouton start, et à la grande surprise générale le contact s’établit, le tableau de bord prit vie. « S’il y a le contact, ça veut dire qu’il y a les clés quelque part… », en effet, la clé intelligente se trouvait dans la boîte à gant. Ne cherchant pas à comprendre, il appaire son smartphone au système multimédia. Son téléphone sonne, c’est l’amie Pauline qui habite dans la région, il décroche : « T’es à Malaga ?
— Presque !
— Mais t’es où, t’es à côté de quoi ?
— Si je savais ?! Attends, je t’envoie une photo…
— Hannn, qu’est-ce que tu fous là-bas ?! C’est une zone abandonnée, les mecs ont commencé un projet de construction de parc aquatique…
— Quels mecs ?
— Justement, on ne sait pas, ils ont disparu quand ils ont découvert que la zone était irradiée et ont tout laissé en plan ».
Un silence s’installe, les trois lurons font moins les malins et se regardent… Pauline reprend d’une voix sérieuse : « il y a eu une crise immobilière, il y règne un microclimat et les gens n’osent plus y aller à cause de cette légende urbaine andalouse…
— Comment ça ?
— Tout le pueblo se demande encore pourquoi les enfants n’ont pas le droit de s’y aventurer…
— Pourtant, on y a trouvé un pick-up Mitsubishi L200, le tout nouveau !
— Je peux pas t’expliquer au téléphone mais faut pas rester là…

La radio s’allume, et un bulletin d’alerte prévient d’un changement brutal de climat. Greta avait peut-être raison ? Le message recommandait aux conducteurs la plus grande vigilance.
Ni une, ni deux… Ben prit le volant et démarra en trombe. Étonnamment, il était super à l’aise dans la conduite de l’imposant pick-up de 5,30m de longueur et 2m de large. Il s’était toutefois bien gardé d’expliquer que le L200 était équipé de pléthore d’aides à la conduite qui en facilitait sa prise en main, y compris dans des situations off-road. En effet, d’un tour de molette, l’on peut aisément passer de deux à quatre roues motrices. Enclenchant ainsi le mode 4H pour les routes accidentées et conditions dangereuses, il pouvait progresser ainsi jusqu’à plus de 170 km/h.

Après plusieurs kilomètres à errer, ils croisent le seul panneau dans ce paysage surréaliste : « zona de seguridad ». Mais à l’horizon, toujours rien, sauf des virages et des routes à perte de vue. « Heureusement que le GPS est là, s’enthousiasme Alain, enfin presque, pondère-t-il, nous sommes sur la “Route sans nom” ».

Étienne aperçoit un troupeau de brebis égarées, n’ayant peur de rien, il veut immortaliser cette scène mais ces dernières prennent la fuite à leur approche. La route devient de plus en plus étroite, Ben persiste à malmener ses coéquipiers dans sa conduite de vive allure, n’hésitant pas à écraser les freins renforcés car il est ralenti par les trous qui secouent les passagers — toujours pas malades : « Là, je suis en conduite rallye avec un pickup ». Le contexte est plus que bizarre. En effet, Ben, casquette Che Guevara vissée sur la tête, arrive à faire le commentaire de sa conduite pour rassurer ses amis agrippés aux poignées, tout en restant concentré sur sa performance. Il n’en demeure pas moins ébloui par la fiabilité à toute épreuve du Mitsubishi L200 et de son comportement routier : « elle encaisse grave !!! ».
La montée est rude mais le L200 ne faiblit pas. Les voilà à une intersection. Il y a un panneau STOP — on se demande encore à quoi bon il peut servir… Le GPS se met enfin à causer : « Allez vers le Nord ». Le Nord, le nord… mais encore ?!

Enfin, ils finissent par franchir des grilles. L’odeur des champs d’oliviers bordant les routes est la confirmation qu’ils ont enfin retrouvé un peu de civilisation ou presque. Ils arrivent enfin au point de rendez-vous, devant l’hôtel la Bobadilla mais toujours personne en vue. « Chlack, boum », le bruit venait de l’arrière du pickup : « il est super chouette ce L200 les garçons ! ». C’était Pauline, qui n’a pas pu s’empêcher de grimper à l’arrière dans la benne. « Ben dis-donc, vous en faites une drôle de tête ?
— On a cru qu’on ne sortirait pas vivants de cette vallée de la mort.
— Mais que vous êtes sots, répliqua-t-elle pouffant de rire. T’étais dans les parages, alors je me suis dit, tant qu’à faire, ramène-voir ce nouveau Mitsu ».

Réalisant enfin qu’il n’y avait aucune légende urbaine, encore moins de projet abandonné dans une zone radioactive et que tout ceci n’était que du « pipeau laser », les trois garçons restèrent sans voix. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’y a pas que les montagnards, exploitants agricoles et artisans en construction pour s’amouracher de ce pickup iconique pour sa robustesse et sa résistance notoire.
« Bon allez, on y va à la Playa ? » lança-t-elle dans son entrain.
Quelle coquine cette Pauline !
Daniel Latif
Photos : Étienne Rovillé / DL /DR















Si la magie de Noël reste entière en France, elle est d’autant plus animée au Danemark. Regorgeant de traditions, ce petit pays situé au nord de l’Europe nous invite et nous plonge dans la féerie de Noël. Cap sur le pays où le Père Noël existe bel et bien.
Bien que le froid soit à l’extérieur, les âmes elles sont véritablement réchauffées. Pour les danois, le réveillon de Noël est un jour très important. « Il ne manque que la neige » se désole Tanja, restauratrice à Nyhavn qui peine à se remémorer d’un Noël enneigé. S’il ne neige pas encore à Copenhague, à Aalborg dans le nord du Jutland, de gros flocons commencent à recouvrir la ville. Aalborg, très connue pour son Aquavit, est la quatrième plus grande ville du Danemark après Aarhus et Odense.
L’immersion est totale, que ce soit dans les écoles où les enseignants racontent l’Évangile, et chantent l’Enfant est né à Bethléem puis organisent des sorties scolaires à l’église.
Il n’y a pas que le sapin qui est mis à l’honneur. En effet, les danois ne lésinent pas sur la créativité des décorations et poussent même jusqu’à enluminer leurs maisons avec des guirlandes multicolores, des personnages de Noël, comme ces lutins nommés nissemand, jusqu’aux motifs animés et illuminés grâce à des vidéoprojecteurs, se surpassant ainsi tous dans le concours de la maison la plus illuminée et féerique une fois la nuit tombée.
A l’intérieur des foyers règne un agréable fumet. L’un des plats traditionnels danois y est préparé pour l’occasion. Au menu, canard farci et cochon, accompagnés de pommes de terres caramélisées ou nature agrémentées d’une sauce brune délicieuse.
Non loin de la Mairie et face à la gare centrale, se trouve le célèbre parc d’attraction Tivoli, établi au cœur de la ville.
Parmi les spécialités danoises, il y a le « Fransk Hot Dog », un « hot dog français » qui porte mal son nom car on n’a jamais mangé en France un sandwich aussi bon, dont on ne saurait décrire exactement les ingrédients de sa sauce complètement inconnue dans l’hexagone. « Son nom vient en raison de son pain en forme de flûte qui ressemble à la baguette » explique Sonny qui a son camion de saucisses sur la place Kultorvet.
Pour ce qui est des plats cuisinés, les Frikadeller, prononcez fricadelles — rien à voir avec la saucisse panée et ses frites dont on raffole dans le Ch’Nord — qui sont des boulettes de viande ou bien de poisson le plus souvent servies avec une sauce brune.
C’est l’occasion de déguster une bière authentique de la marque à l’éléphant ainsi que la collection entière de bière dont la déclinaison gastronomique : Jacobsen.









Quand on pense à la Belgique on pense au chocolat, aux moules frites “Chez Léon”, au Thalys… Et quand on voyage en “Confort 1”, au calme dans des sièges confortables, avec des plats gourmands servis à notre place puis la presse internationale gratuite et des prises qui fonctionnent… On se dit que les Belges n’ont rien à envier à la 1ère classe de la SNCF.
Une traduction qui a donné quelques variations linguistiques peuvent amuser le lecteur étranger notamment au niveau des noms de personnages. En Angleterre, le nom de Tintin ne change pas, cependant son inséparable compagnon y est rebaptisé Snowy, le Professeur Tournesol devient ainsi Professor Cuthbert Calculus et les Dupond et Dupont y sont plus connus sous l’identité de Thomson and Thompson.
Pour se replonger dans cet univers, rien de mieux qu’un tour au musée Hergé, situé à Louvain-la-Neuve. Dans un lieu qui rompt avec l’urbanisme de Bruxelles où l’on rentre dans un espace lumineux démesuré et ouvert sur l’extérieur avec de grands vitrages en forme parallélogramme. On accède à plusieurs salles larges et volumineuses au style épuré et à l’éclairage tamisé pour découvrir des planches inédites. Toutes les coulisses de fabrication, les crayonnés, les planches originales à l’encre de chine, dont les traits dégagent une puissance et des expressions profondes.