Deuxième édition du Bal des Quat’z’arts à l’école des Beaux-arts.

Au détour de Saint-Germain et de son boulevard, non loin du Pont des Arts, l’on pouvait assister à une extravagante procession des étudiants de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) sous l’oeil amusé des motards et autres routards.

Paradant, selon les règles de l’art, en guise de préambule du Bal des Quat’z’arts, tout en fanfare au rythme des explosions de pétards, ils s’en sont allés dare-dare jusqu’au Musée d’Orsay sous l’oeil hagard de quelques snobinards. Les costumes s’apparentent au style Pop art et d’inspiration venant de nulle part.

Un jeune artiste prônant l’art pour l’art raconte qu’il aime cette école qui a une histoire incroyable, des profs de technicité qui sont des spécialistes et ont le coeur de transmettre l’amour de l’art.

Ne s’attardant point à raconter des bobards, loin de penser encore à des dollars, ils n’écartent pas néanmoins l’idée d’apprécier prochainement du caviar, alors ils gardent à l’esprit cet objectif : faire tout simplement des beaux arts.

(c) DLDSamedi 22 juin 2013, dans la cour vitrée des Beaux-Arts, les jeunes artistes s’apprêtent à défiler par ateliers devant le directeur de l’école Nicolas Bourriaud entouré d’un jury chargé de délibérer afin de récompenser ainsi la créativité du thème costumé.

Le dress code de cette année était “L’Arche de Noé”. A l’exception de quelques flemmards, arborant un simple loup ou ayant loué un déguisement tout prêt, ce dernier a été relativement bien respecté lors de la soirée. Les plus fêtards comme l’atelier de Philippe Cognée ont ainsi élaboré des costumes retraçant l’évolution de Darwin. Dernières répétitions dans les coulisses avec Madeleine incarnant une méduse, elle inspecte son parapluie tentaculaire qu’elle a confectionné la veille, la pression monte avant le défilé. A ses côtés, il y a Emilienne Alcover, diplômée de 3ème année, déguisée en chien, qui n’éprouve absolument pas de stress et écoute tout sourire le débat soudain qui s’improvise sur lance sur l’ordre de passage : “Qui est apparu en premier ? Ana, une huître qui affiche ostensiblement une perle au dessus de sa tête ou Madeleine, la Méduse ?” Telle est la question à laquelle ils n’auront pas le temps de répondre… (c) Elsa GuillaumeLa scène apparaît, l’ambiance monte d’un cran, la chaleur se fait ressentir : les équipes peinent à patienter leur tour, ils tapent des pieds et des mains pour presser leurs concurrents. Valentin Perrano – Bruc s’inquiète : “J’ai l’impression d’être dans un film… Un film qui dégénère un peu !”. La musique psychédélique et la variété des costumes rendent l’ambiance surréaliste. Vient le moment de défiler, sous l’oeil indécis du jury et les crépitements des flashs, demi-tour et l’on repart : “Ouffff !!! Lance un oiseau, qui a visiblement laissé toutes ses plumes sur le podium, ça y’est enfin diplômé, défilé terminé, la fête peut commencer !”. Les jeunes artistes peuvent souffler car ils sont officiellement en vacances. Après avoir traversé une période assez agitée où ils n’ont pas eu le temps de chômer : trois jours plus tôt ces derniers venaient tout juste d’être diplômés, le jour d’après ils s’attelaient à préparer deux journées pour présenter leurs travaux lors des “ateliers ouverts” au grand public et professionnels du monde de l’art. Puis, à peine une demi-heure après, ils enchaînent avec le bal.

Ainsi, le Prix du meilleur atelier a été décerné à celui d’Emmanuel Saulnier avec le Bateau pirate de l’apocalypse. Un navire, sorte costume de groupe sous l’égide du capitaine Téo Bétin en 4ème année de Sculpture, avec animaux, pirates, sirènes et chasseurs, qui a particulièrement séduit Nicolas Bourriaud, ce dernier regrettait l’absence de travail collectif l’année précédente.

(c) SBDéguisée en sirène, Églantine Laval, jeune diplômée des Beaux-arts, a été récompensée du Prix de beauté. Elle raconte que le choix de son costume “s’est fait dans un geste spontané” puis explique que même si “les sirènes symbolisent la connaissance du monde” car elles sont “situées entre deux continents et savent tout ce qui se passe” elle avoue qu’elle ne s’attendait pas du tout à recevoir une telle distinction avec du “made in China”.

(c) Elsa GuillaumeEnzo Mianes de l’atelier Tania Bruguera, quant à lui, a reçu le Prix du meilleur costume avec “l’escargot qui trace” grâce à une planche à roulette fixée sur son dos. Portant des lunettes au motif de l’Union Jack, il raconte que son personnage rêve d’Angleterre car à “Londres l’herbe y est plus verte et la pluie encore plus abondante”. Ironie du sort, Enzo n’était pas présent sur le podium lorsque le jury a annoncé son nom. Il devait certainement “être en train de marcher… lentement…” ont plaisanté ces derniers.

Il y avait également Sébastien Hamideche, en 5ème année, vêtu d’un maillot de basket rouge, le visage peint en noir et rouge. Derrière cette apparente simplicité de déguisement, où Sébastien incarne le taureau des Chicago Bulls, se cache un profond engagement vis-à-vis de la nature et une pointe de sarcasme. En effet, il déplore que de nos jours “la seule présence d’animaux en milieu urbain se résume à des mascottes dans les stades”.

L’évolution du bal est remarquable par rapport à l’année précédente. Même si le DJ’ing et la musique laissaient parfois à désirer. Avec une présence renforcée de vigiles et beaucoup plus d’encadrement, on note que “le bal s’est professionnalisé”, remarque un invité présent lors de la première édition du bal. Les étudiants n’étaient pas laissés sur leur faim et pouvaient se rendre dans la cour d’honneur pour se restaurer. Effectivement, pour apaiser leur faim de loup, il y avait notamment le camion Cantine California, où l’on y fait de “bons burgers bio, accompagné de frites et la sauce mayo pour pas cher” assure son fondateur Jordan, tout en prenant et encaissant les commandes. Pour ceux qui ont un appétit d’oiseau, il y a la Guinguette d’Angèle, jeune chef spécialisée dans la cuisine diététique. Là aussi, “tout est bio, fait maison et sans gluten”, du gaspacho en passant par le riz aux épices fraîches jusqu’au délicieux gâteau bergamote-pavot.

“Ils ont pensé à tout” renchérit-il sauf à s’assurer que “le contact avec les professionnels, restés souvent à l’écart, ne soit pas aussi timide”.

Il est bientôt 3 heures du matin, il n’y a plus de métro. Jean-Éric, étudiant en architecture à Malaquais est assis dans une Formule 1 en bois dans la cour d’honneur. Il cherche à démarrer l’oeuvre d’art, réalisée par un étudiant de l’atelier Tadashi Kawamata, pour rentrer chez lui à bord de ce bolide dont les détails ont été magnifiquement reproduits. Il me confie qu’il aurait “souhaité être invité au bal” et explique la séparation de l’Archi et des Beaux-arts (peinture, sculpture et gravure). Car, il y a bien une réelle scission avec l’école nationale supérieure d’Architecture Paris-Malaquais restée cependant implantée dans l’enceinte historique de l’école des Beaux-arts. Un autre étudiant des Beaux-arts pris de compassion “regrette que les étudiants d’archi ne soient pas invités au bal des 4’z’arts”. Apparaît Johane, une autre étudiante qui fait partie du Bureau des étudiants en Archi, qui me souffle : “qu’il soit rassuré, nous sommes présents à la soirée”. La doléance de Jean-Éric n’est point vaine et les étudiants de Malaquais ont bien raison de persister et venir au Bal. En effet, sans eux le bal devrait s’appeler “le Bal des Troi’z’arts”.
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Guide Michelin 2013, le meilleur ambassadeur de la gastronomie française

“Michelin a toujours été en avance sur son temps”. C’est ce qu’a affirmé Michael Ellis, directeur international des Guides Michelin, lors de la présentation de l’édition 2013 du célèbre Guide rouge dans la prestigieuse enceinte de l’Automobile Club de France. Et il n’a pas tort. En effet, le guide Michelin recense depuis plus de cent ans les meilleures tables en France. L’UNESCO, de son côté, a attendu 2010 pour ériger la gastronomie française dans son patrimoine de l’humanité. Un siècle plus tard, “Michelin sait toujours vivre avec son temps” poursuit Michael Ellis en soulignant la complémentarité du Guide avec l’application mobile et du site internet.
Au menu de la 104ème édition du Guide, une sélection qui salue la vitalité de la cuisine française avec 8 768 établissements dont 4461 hôtels et maisons d’hôtes et 4282 restaurants. Le nombre d’étoiles distingue les meilleures tables, tous styles de cuisine confondus. Les critères retenus sont : les ingrédients, la maîtrise des cuissons et des saveurs et le rapport qualité/prix. Notons l’arrivée d’un seul nouveau “trois-étoiles” : La Vague d’Or à Saint-Tropez dirigé par Arnaud Donckele, un jeune chef de 35 ans. Parmi les “deux-étoiles”, cinq nouveaux restaurants avec, entre autres, l’Hostellerie du Chapeau Rouge à Dijon avec à sa tête le chef William Frachot qui explique que cette distinction “n’est pas le fruit du hasard mais de longues années de travail et de remises en question” puis La Table du Kilimandjaro à Courchevel avec l’un de ses chefs Glenn Viel qui confie ne pas vouloir s’“arrêter en si bon chemin et pense déjà à la troisième étoile”.

Ce millésime 2013 sortira le 1er mars. Un baromètre de la gastronomie que je recommande fortement de garder dans votre voiture, au cas où l’envie vous prendrait de partir en escapade gourmande à travers la France.

Daniel Latif
Photo : Sylvester Djualim

Les Beaux-Arts relancent le Bal des 4’z’arts

Samedi 30 juin, 22 heures, au 14 rue Bonaparte, il fallait montrer patte blanche — ou plutôt bracelet bleu — pour accéder au Bal de l’école nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA). Au terme des « Ateliers ouverts », où les étudiants ont exposé leurs œuvres et rencontré le grand public ainsi que des professionnels de l’art, l’ambiance est à la fête. Les quelques 2 000 invités ont vraiment joué le jeu et se sont donnés la peine de se déguiser. Les étudiants étaient facile à reconnaître, se démarquant ainsi grâce à leur inventivité et créativité pour élaborer des costumes originaux et assez réussis. Parmi les plus notoires, il y avait Saïdia déguisée en Amy Winehouse, qui, équipée de son micro, entonnait les chansons les plus connues de l’artiste soul. Cette dernière vient tout juste d’obtenir son Diplôme national supérieur d’arts plastiques et a tenu à cette occasion un atelier maquillage et costume afin de « permettre à chacun de se grimer à son envie, de peaufiner les laborieux personnages et aux invités extérieurs de l’école de prendre part à l’euphorie du bal » explique-t-elle.

L’apogée de la soirée se fit ressentir lorsque les étudiants répartis en ateliers ont été invités à procéder au défilé — dans un cadre historique grandiose, sous la verrière des Beaux-Arts — chacun avec un thème spécifique, devant un jury. Saïdia confie que ce fut « pour beaucoup d’étudiants de l’école un moment de fête après une longue période de travail en vue des passages de diplômes tout au long du mois de juin ».

Georges Brassens regrettait longuement de ne plus pouvoir aller danser au grand bal des Quat’z’arts dans sa chanson éponyme. Prenant cela très à cœur en affirmant que : « les vrais enterrements viennent de commencer ». Aujourd’hui, il doit se retourner dans sa tombe !
46 ans après l’épilogue du fameux carnaval des quatre branches de l’ENSBA (architecture, sculpture, peinture et gravure) où la fête se transformait habituellement en orgie. « Le bal représentait l’image libertaire qui commençait à devenir assez dérangeante pour l’institution » explique Nicolas Bourriaud, directeur des Beaux-Arts ayant pris ses fonctions en décembre 2011. Ce fut, en effet, lors de ces bals que l’on vit pour la première fois, une participante du nom de Mona effectuer l’effeuillage, le précurseur du strip-tease…

Quelques mois après son arrivée, Nicolas Bourriaud décide de rétablir cette tradition datant de 1892 et de la remettre au goût du jour sous un aspect plus distingué et moins libertin : « Il me semblait que ce bal faisait partie de l’ADN des Beaux-Arts » et se trouve être un moyen efficace pour réinscrire l’école « dans le monde de l’art du 21ème siècle ».

Le thème de la soirée était « Excessif » mais les participants ont su interpréter intelligemment cette consigne et rester dignes. Il suffit de comparer l’ambiance de la soirée à celles organisées par d’autres écoles de commerce, entre autres, où les secours interviennent inlassablement pour des tristes comas éthyliques.

« Les quat’z’arts avaient fait les choses comme il faut », c’est certainement ce que penserait le célèbre chanteur poète s’il avait assisté à cette version contemporaine du bal historique des beaux-arts. Tous les étudiants s’accordent sur le fait que cette renaissance du bal s’achève sur un franc succès eu égard au nombre de convives. « Tout le monde s’était bien impliqué pour le préparer et ça s’est très bien déroulé » conclut Emilienne qui a participé à la soirée avec l’atelier Philippe Cognée sous les couleurs du tuning, son seul regret est « de ne pas avoir défilé dans la rue ».
Mais le directeur souhaite faire évoluer le concept et pense d’ores et déjà à l’édition 2013 du Bal des 4’zart en promettant de « donner davantage d’ambition » et notamment de « relancer le traditionnel défilé ».

Daniel Latif
Crédits photo : ENSBA & Mathilde Le Cabellec

Hommage à Gökşin Sipahioğlu

Rue de l’Odéon, un coiffeur sort de son salon, l’air inquiet, il questionne les passants, s’interroge sur l’attroupement devant le théâtre de l’Europe. Plus de 300 personnes étaient rassemblées pour rendre hommage à Gökşin Sipahioğlu, fondateur de l’agence Sipa Press, décédé à 84 ans. Parmi la foule on pouvait reconnaître les nombreux confrères et collègues du reporter armés de boîtiers d’appareil photo.
Le choix du lieu ne relève pas du hasard. Ce dernier symbolise le « théâtre » des manifestations estudiantines de Mai 68, au cœur du quartier Latin. Premier événement que Gökşin Sipahioğlu a couvert lors de son aventure en France.

Gökşin Sipahioğlu est décrit comme « un homme grand » qui n’a jamais hésité à franchir les barrières des CRS pour être au plus près de l’action et partager au monde l’actualité sous son regard singulier. Nommé affectueusement « le Turc », il incarnait la figure du père qui a laissé la chance à de nombreux passionnés de pouvoir se lancer dans leur plus belle aventure, celle du photojournalisme. Sur scène se succèdent de surprenantes personnalités, dont Tony Comiti, notoire pour ses reportages Zone interdite sur M6. Tony Comiti, qui est passé de la photo à la caméra, est venu rendre hommage à ce « patron de presse » qui a crée une « école orientale où l’argent est une chose secondaire » et où le seul mot d’ordre était : « Démerdez-vous ! ».

L’ambiance était à la nostalgie. En effet, un paparazzi regrette la fin de l’époque du photojournalisme et s’inquiète sur le tournant que prend la profession avec « la fin des relations humaines au profit des ordinateurs et des réseaux ». Patrick Chauvel, reporter photographe de guerre a terminé la cérémonie sur un discours satirique retraçant de singulières anecdotes à propos de Gökşin Sipahioğlu puis conclut ainsi : Gökşin est « quelqu’un qui m’a mal payé et à qui je dois autant ».

Bras ouverts pour les journées du patrimoine

Le 18 et 19 septembre, la France ouvrait les portes de son patrimoine au public. Cette 28ème édition des Journées européennes du patrimoine a été l’occasion rêvée pour tout le monde de pouvoir accéder à des lieux habituellement fermés ou relativement restreints au public ou encore des endroits où l’on n’aurait jamais pensé mettre un pied : édifices, hôtels particuliers, ministères, musées, etc. et même chez les concessionnaires Renault qui ont fait également Journées Portes Ouvertes.

Cette année mon coup de cœur s’est porté dans un coin peu ordinaire : le campus de Jussieu, au 24ème étage de la Tour Zamansky, plus précisément. Après une opération de désamiantage de cinq ans, la tour de Jussieu a été réhabilitée pour les personnels administratifs de l’Université Pierre et Marie Curie Paris VI. Cette imposante tour de 90 mètres, dispose d’un atout qui a de quoi sérieusement inquiéter la tour Montparnasse. Située en plein cœur du quartier latin car elle propose un panorama singulier et une vue plus chaleureuse, car moins perchée dans le ciel. Une nouvelle vue s’offre à nous, on aperçoit les artères et grands axes de la capitale puis on redécouvre la géographie de Paris avec le regard d’un géant qui observe une maquette sous ses yeux.

Je remarque, lors de ma traversée de Paris, que c’est la première fois que l’on peut observer de très longues files d’attente, semblable à celles de Disney Land, pour accéder aux différents monuments… Il était aisé de reconnaître les habitués des journées du patrimoine qui progressaient patiemment et sereinement armés de gros livres. Ceux qui n’avaient pas prévu le coup n’ont pas pour autant été pris au dépourvus car des comédiens venaient tester leur talent devant une foule qui n’avait guère le choix que de supporter leur performance artistique des plus dilettantes. Certes, il fallait de la patience mais également une bonne dose de détermination. En effet, quand on pense qu’il fallait compter 3 heures d’attente — le temps d’effectuer Paris – Istanbul en avion — pour visiter la bibliothèque Mazarine ou 8 heures, soit le temps d’un vol Paris – New York, pour visiter le Palais de l’Élysée… On se dit que deux jours dans l’année ne suffisent absolument pas et qu’il faudrait instaurer des semaines du patrimoines ou plusieurs séries tout au long de l’année.

En dépit d’une visite un peu décevante à l’Opéra Garnier où le visiteur était laissé à l’abandon et ne pouvait ni accéder aux sous-sols de l’Opéra pour voir le lac souterrain ni même accéder à la grande salle de spectacle.

Du côté de l’Hôtel de Bourvallais, place Vendôme, où se trouve le siège du Ministère de la Justice. Étonnamment, les agents pénitenciers ne n’ont pas du tout été aimables comme une porte de prison. Hélas, à l’intérieur il y avait beaucoup d’attente pour admirer des bureaux sur le pas de la porte.

Habiter Paris est une chance car l’on y côtoie foison de merveilles. Il faut juste savoir éviter de tomber dans la spirale du “métro, boulot, dodo” qui vous prive de la possibilité visiter ou pourquoi pas redécouvrir tous ces trésors qui nous entourent.

J’ai certes la chance d’avoir au quotidien une splendide vue sur la tour Eiffel. Depuis dix ans, la Dame de fer ne n’a cessé de me surprendre. Cette muse a été ma source de distraction, d’inspiration mais également de création. Son faisceau lumineux, à la manière d’un phare, a toujours interpellé ma vision périphérique, lorsque j’étais occupé à quelque travail, éclairant d’un bref instant le crépuscule et perdant mon regard dans le ciel, m’invitant à une rêverie. Fine et longue, telle un mannequin, l’œuvre la plus visitée au monde a su rester à la mode en arborant de nouvelles parures. Le 21 juin 2003, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, inaugure le nouvel éclairage avec scintillement de diamant durant les dix premières minutes de chaque heure dès la tombée de la nuit jusqu’à 1 heure du matin. Le plus grand émetteur radio français a revêtu les couleurs du drapeau turc en octobre 2009 à l’occasion de la saison de la Turquie en France.

Les journées du patrimoine revêtent une autre ambiance qu’une simple visite de musées. Pendant ces journées on croise de nombreux passionnés et curieux qui veulent informer et/ou s’informer. Des moments conviviaux, propices aux échanges et à la rencontre. Pour ceux qui auraient manqué ces courtes journées ou qui n’ont pas eu le temps de tout visiter, ces derniers peuvent retrouver sur la plupart des sites internet des différents monuments ou lieux, qui ont participé aux journées des patrimoines, des vidéos de visite guidée et devront s’armer d’encore plus de patience jusqu’à l’année prochaine.

Plus d’informations sur :
http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr/

Ça va péter ! L’ultime atome est lancé…

Ça va péter ! Le titre annonce déjà la tonalité de la pièce de théâtre écrite par Maxime Greslé. Ce dernier accompagné de sa troupe, la Compagnie les 3 portes, monte sur les planches du Guichet Montparnasse pour mettre en garde sur les prochaines catastrophes écologiques à venir sur terre.

Aux côtés de son ami Cédric Taillon, Président d’une association écologique, ils se battent contre le projet d’implantation d’une centrale nucléaire. Maxime est un militant écolo, arborant foison de macarons et pin’s revendiquant ses engagements Agriculture Biologique, Anti OGM, Recyclage, etc. Il incarne la figure de pédagogue qui n’hésite pas à faire culpabiliser son entourage, y compris la Baronne von Derrière, une fervente écolo interprétée par Solenn Beauvais, en condamnant toutes leurs mauvaises habitudes au quotidien.

Ça va péter ! est une véritable réappropriation contemporaine et dynamique du théâtre de Boulevard, avec son dessein de divertissement, mais conserve cependant une forte tendance moralisatrice véhiculée tout au long de la pièce. En effet, l’auteur arrive, grâce à un procédé de mise en abyme, à donner un cours à sa secrétaire, Anne Vaillant, sur le tri des déchets à la manière de C’est pas sorcier puis entraîne le spectateur à travers un quizz saugrenu qui allie un mélange de Questions pour un Champion et de Qui veut gagner des Millions où le public participe à la pièce et donne son avis.

Les plus écolos seront sans doute ravis d’entendre qu’il est préférable d’oublier “les vacances à l’île Maurice” car “trop loin” et que “l’avion” rime avec “pollution” alors qu’il y a plein de belles destinations tout près de chez nous desservies en train. Les moins extrêmes seront surpris d’apprendre qu’un mégot de cigarette suffit à “polluer 500 litres d’eau” et que “rien ne vaut une bonne petite pipe”. De nombreux exemples ludiques sont parsemés dans la pièce, servis par Maxime qui a le don de les sortir dans les moments les plus inattendus. Suite à la réception d’une lettre anonyme contenant une menace de mort, ce dernier se lamente sur le fait que l’expéditeur ait utilisé « du papier non recyclé” ou encore lorsqu’il se fait braquer une arme contre lui, de lancer : “vos balles contiennent-elles du mercure ?

Hasard du calendrier ou prophétie de l’auteur, six jours après la première mise en scène au théâtre des Deux Rêves, le réacteur nucléaire de Fukushima se fissurait… Deux semaines après leur première représentation au Guichet Montparnasse, c’est un autre incident nucléaire qui se produit à Marcoule.

A une époque où la “Nicolas Hulot attitude” a tendance à lasser l’opinion, Maxime Greslé se félicite sur le choix épineux du thème autour duquel la pièce tourne : “On n’est pas démodés !” lance-t-il en rigolant. Il reconnaît qu’il partage la même idéologie que le personnage éponyme qu’il incarne, tout en étant un brin moins zélé. “Hélàs, je ne suis pas un bon exemple, avoue Maxime, j’ai des petites failles, je suis un accro du portable.

Ca va péter ! est une pièce dynamique à l’intrigue bien ficelée et aux nombreux coups de théâtre, mise en scène par Mélody Garotin, “avec des acteurs pas connus”, comme le dit Cédric Taillon, mais dont la performance épate. Une comédie de la Compagnie les 3 portes qui leur ouvrira un brillant avenir sur les planches.

Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 22h
au Guichet Montparnasse