La Corse, c’est du contraste avant toute chose, avec ses routes où tout monte, tout descend et tout zigzague. Des agrumes des plaines à l’iode des criques, en passant par les herbes sauvages, tout y change, tout s’entremêle. Sur l’île, les parfums parlent presque autant que les paysages. Parmi les plantes les plus connues de l’île, comme la myrte, il y en a une qui surprend tout autant : la nepita.
Avec sa liqueur de Nepita, la Distillerie de Louis Napoléon Mattei en donne une expression particulièrement agréable. Née à Bastia au XIXe siècle, la maison s’est imposée au fil du temps parmi les grands noms insulaires des apéritifs et des liqueurs. Comme toutes les liqueurs de la distillerie, cette nouveauté suit la recette initiale du fondateur et prolonge un savoir-faire ancien.
La nepita appartient à la famille de la menthe, mais la liqueur évite justement tout ce que la menthe a souvent de trop appuyé. Au nez, on croit d’abord percevoir un jeu discret de plusieurs plantes. Puis la dégustation recentre tout, avec une menthe fine, légère et en toute retenue. On se prend alors à penser à la manière dont tant de produits ou de sirops industriels ont déformé ce goût-là en le poussant jusqu’à l’excès. Ici, on retrouve au contraire la subtilité de la plante et ce qu’elle a de plus vrai.
C’est aussi ce qui distingue L.N. Mattei. Là où beaucoup de liqueurs classiques reposent sur un seul ingrédient, celles de la maison sont conçues à partir d’un assemblage. Fruits, baies et plantes du maquis, récoltés localement, sont épluchés, mis en macération, puis distillés. Une technique qui permet de retrouver l’alchimie des recettes originelles et de magnifier les arômes. Dans cette Nepita, les notes végétales sont en outre soutenues par des extraits de cacao, qui apportent du relief et de la structure à l’ensemble.
Le flacon participe lui aussi au charme. L’étiquette évoque celles d’autrefois, avec son beau dessin botanique et son charme ancien. Le verre, avec ses motifs en relief, rappelle ces belles bouteilles qui attirent l’œil derrière un bar, celles qu’on remarque tout de suite parce qu’elles ont une allure, une illustration, une vérité.
À déguster avec un carré de chocolat, pour faire naître une saveur d’After Eight authentiquement corse.
Décidément, si vous n’allez pas en Corse, alors c’est la Corse qui vient à vous.
Que ferait-on aujourd’hui sans GPS ? À l’heure où tout passe par le téléphone, la sortie d’une carte Michelin a presque quelque chose de réjouissant. Au-delà du simple plaisir nostalgique ou de la sensualité du papier retrouvée, cela reste l’outil le plus pragmatique pour chercher une route, embrasser une région, suivre un relief ou simplement préparer le voyage : la carte est souvent plus lisible qu’un écran.
Quand il s’agit de routes des vins, de villages, de bonnes adresses à dénicher et de paysages à parcourir, une carte de cette taille ouvre le regard. Elle donne envie de quitter l’itinéraire le plus rapide, de prendre son temps, de déambuler et a fortiori de se laisser surprendre.
C’est l’idée de cette nouvelle carte Michelin consacrée à l’œnotourisme, réalisée en collaboration avec Michelin Éditions et Vin de France. Cette première carte Michelin dédiée à cet univers recense 252 caves et maisons, ainsi que des offres de restauration et d’hébergement chez des vignerons.
Pour une sélection plus pléthorique, il y a bien sûr le célèbre Guide Michelin, mais pour s’orienter, suivre une route, longer un parcours, saisir un territoire, la carte garde ce vrai avantage. Elle permet de redécouvrir la topographie et la géographie. Surtout, elle sort du cadre fermé d’un GPS qui vous conduit d’un point A à un point B sans toujours laisser de place à ce qui pourrait surgir en chemin.
Et si l’on rangeait le GPS pour suivre la carte des vins ?
Ici, l’idée n’est pas seulement de rouler. C’est aussi de lire le vin autrement, avec une approche pédagogique et intuitive pour explorer la France viticole, comprendre l’originalité de la dénomination Vin de France, pensée comme un espace de liberté pour les producteurs, la diversité des profils de vins, la ronde des cépages et les bases des accords mets-vins.
L’objet lui-même séduit beaucoup. Avec son pliage en accordéon, cette carte rappelle les cartes historiques que l’on gardait dans la voiture, dans un sac à dos, ou que l’on dépliait sur une table avant de repartir. L’on y ajoutait des annotations, traçait des parcours, découvrait des patelins inconnus aux noms les plus farfelus. Parfois plus utile qu’un compagnon de route, elle reste un support concret, facile à emporter, à consulter, à partager et à transmettre.
C’est aussi une bonne raison de lâcher le téléphone. De sortir un peu du flot des informations, des alertes et des publicités. De renouer avec une manière plus libre de voyager, presque à l’ancienne, comme quand on était scouts et qu’on suivait une direction, un paysage, un nom de village, avec l’envie d’aller voir plus loin. Un esprit d’aventure qui rappelle les départs sans GPS, avec un goût d’exploration et d’imprévu.
La carte « Sur la route de Vin de France » s’adresse à ceux qui aiment la gastronomie et qui rêvent d’escapades gourmandes, de petites adresses sur la route, de maisons à découvrir au fil du périple ou d’endroits où passer la nuit selon les établissements. Que l’on parte en voiture, en van, en camping-car ou même à vélo, elle insuffle un nouvel élan et une autre manière de parcourir les régions viticoles : plus lente, plus curieuse et plus ouverte à la découverte.
Et dans cet imaginaire des routes, des vins et des haltes gourmandes, la Bourgogne garde une place à part. C’est l’une des régions qui viennent tout de suite à l’esprit quand on pense au lien entre paysages, gastronomie et culture du vin. Cette carte donne justement envie de reprendre la route dans cet esprit-là, à la recherche de nouvelles maisons, d’autres étapes et peut-être d’un nouveau trésor.
C’est une ligne emblématique qui s’arrête et, au fond, presque personne ne semble s’en émouvoir.
Après 34 ans de service, le Roissybus a tiré sa révérence. La navette directe entre Opéra et l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle ne circule plus. Une page se tourne dans une relative indifférence. Pourtant, cette ligne n’était pas une ligne de bus comme les autres.
Pendant des décennies, elle a été l’une des plus stratégiques de la RATP. La plus rentable de la Régie, chaque passager validant son titre, régulière, largement préservée des incidents récurrents du RER B, et assurant une desserte centrale, en plein cœur de Paris à Opéra, au plus près des terminaux.. Pour beaucoup de touristes, elle constituait la première image concrète de Paris. À peine sortis de l’avion, valises à la main, les touristes grimpaient à bord et filaient vers le cœur de la capitale. Pas de correspondance, pas de complication. Une ligne droite entre l’aéroport et l’Opéra.
Le Roissybus, c’était aussi une certaine idée du service. Une ligne exigeante, confiée à des conducteurs chevronnés connaissant parfaitement la topographie de Paris, familiers du réseau parisien et capables de s’adapter aux imprévus de la circulation. Traverser Paris en toute circonstance, affronter les grands axes, puis s’engager sur l’autoroute A1 jusqu’à Roissy demandait de la maîtrise.
Roissybus, terminus. La fin discrète d’une ligne pas comme les autres
Les MAN Lion’s City GL articulés ont longtemps assuré la liaison. Près de 19 mètres de long, une présence massive dans la circulation parisienne. On les voyait quitter l’Opéra, se faufiler dans le trafic, puis prendre la direction du nord avec assurance. Ces bus nous faisaient déjà voyager. Leur capacité importante et leur aménagement intérieur correspondaient parfaitement à la mission.
Plus récemment, certains services ont été assurés par des Iveco Bus Crossway Line. Sur le papier, ces autocars interurbains disposent de soutes à bagages. En pratique, celles-ci n’ont jamais été exploitées, notamment pour des raisons d’assurance. Les valises restaient en cabine, ce qui densifiait l’espace. Malgré leur présentation plus routière, ils se sont révélés moins adaptés et moins confortables que les articulés historiques.
La décision d’arrêt laisse un goût amer aussi bien aux passagers qu’aux chauffeurs de la ligne. La RATP renvoie vers une décision portée par la Région Île-de-France. La Région évoque de son côté des problèmes de régularité, notamment les retards liés à l’A1. Officiellement, le trafic routier aurait fragilisé l’équilibre de la ligne.
Mais ces difficultés n’ont jamais été nouvelles. Elles faisaient partie du quotidien de la ligne depuis des années.
Au-delà des responsabilités institutionnelles, c’est surtout une liberté qui disparaît. Jusqu’ici, chacun pouvait choisir. Prendre le RER ou préférer le bus pour un trajet direct, sans correspondance. Désormais, ce choix n’existe plus.
L’alternative du RER apparaît pour beaucoup comme une fausse bonne idée. En cas de panne, et elles sont régulières, il n’existe pas de solution équivalente immédiate. Les quais se remplissent rapidement, les rames deviennent saturées. Pour un voyageur chargé de bagages, la situation peut vite devenir pénible.
Le Roissybus avait aussi un avantage évident. Il déposait directement aux différents terminaux. Pas de remontée interminable depuis la gare RER, pas de longue marche jusqu’aux halls d’enregistrement. On descendait, on y était.
Sa disparition pénalise aussi de nombreux employés de la plateforme aéroportuaire qui avaient leurs habitudes. Pour eux, cette ligne représentait un repère fiable dans des journées souvent décalées. Une liaison simple, identifiée, intégrée à leur routine professionnelle. Aujourd’hui, cette évidence disparaît.
Alors oui, ce n’était qu’une ligne de bus. Mais une ligne identifiable, cohérente et symbolique. Sa suppression ne bouleverse pas Paris mais perd les touristes. Elle retire simplement une solution claire, directe qui laissait le choix.
On en a vu, des lounges d’aéroport. Beaucoup. Mais rarement un espace qui pousse aussi loin la réflexion autour du bien-être que le Aviator Business Lounge de Copenhague. Ici, la promesse n’est pas seulement celle du confort ou du calme : elle se joue d’abord dans l’assiette.
Dès le buffet, le ton est donné. Harengs au curry, houmous, pain noir, câpres, chou rouge, artichauts… une sélection aussi nordique que résolument saine. Les wraps au cottage cheese, pesto et épinards côtoient l’ananas frais, les salades de pâtes, les salades croquantes, le chou rouge et même le flæskesteg, clin d’œil assumé à la tradition danoise.
Le fromage n’est pas en reste et change chaque semaine : brie, fourme d’Ambert, bleu, gouda classique ou encore au cumin. Pour accompagner, du pain noir, des galettes de riz ou des pains façon tartines Wasa. Résultat : des assiettes colorées, généreuses, appétissantes — et surtout parmi les plus équilibrées que l’on puisse trouver dans un lounge.
Une soupe à la tomate vient compléter l’offre, simple et réconfortante, tandis que l’ensemble du buffet parvient à conjuguer esthétique, fraîcheur et cohérence nutritionnelle. Ici, manger avant d’embarquer devient presque un acte réfléchi.
Côté boissons, le lounge fait la part belle aux références danoises. La bière Carlsberg est proposée à la pression, dans sa version classique, mais aussi en Yakima IPA. On retrouve également une bière plus élaborée signée Jacobsen, la célèbre déclinaison de Noël Julebryg de Tuborg, ainsi qu’une Carlsberg Nordic Pilsner 0.0 %, sans alcool.
Le bar surprend aussi par une sélection d’alcools moins attendue : un gin à la rhubarbe Harlegin, à l’équilibre subtil entre douceur acidulée et notes aromatiques, parfait avec un tonic ou un soda ; une liqueur de café Råstoff, élaborée à partir de grains d’arabica ; et, plus inattendue encore, une bouteille de sambuca Casoni, liqueur anisée à base de graines.
Mais un bon lounge ne se résume pas à son buffet. L’Aviator Business Lounge impressionne par la qualité de ses assises : de vrais fauteuils, dignes d’un salon privé, avec maintien de la tête, accoudoirs confortables, et une inclinaison qui invite à s’y installer pendant des heures. Chaque place dispose de sa tablette pour poser un verre ou une assiette, de prises électriques intelligemment réparties et même d’une lampe d’appoint. On se croirait à la maison.
Le silence est un luxe supplémentaire : aucune annonce sonore ne vient troubler l’atmosphère. Il faut simplement garder un œil sur les écrans d’embarquement. La vue donne sur les boutiques et le couloir des débarquements, tandis que deux écrans géants diffusent des chaînes sportives — handball, football ou golf — en fond discret.
Pensé comme un véritable salon à vivre, l’espace se décline en plusieurs zones : repos, travail individuel sur tables basses ou hautes, et même une longue tablée propice au travail en groupe. Une modularité rare, qui transforme l’attente en parenthèse agréable.
À Copenhague, l’escale devient presque un moment à part entière. Et si le lounge le plus sain au monde se trouvait, tout simplement, ici ?
Située au cœur de Copenhague, sur la mythique place de Kongens Nytorv, non loin du palais d’Amalienborg, résidence de la famille royale, une scène presque irréelle se dévoile chaque hiver. Juste devant l’iconique hôtel D’Angleterre, une patinoire éphémère s’installe, défiant la solennité du lieu par sa poésie glacée.
L’imposante façade de l’hôtel, mêlant élégamment architecture victorienne et raffinement scandinave, est notoirement connue dans tout le nord de l’Europe pour ses décorations somptueuses et ses illuminations spectaculaires, capables à elles seules de faire oublier les longues nuits d’hiver.
À la tombée du jour, Rexh Shala, responsable de la patinoire, enclenche l’immense guirlande de LED qui enserre l’anneau de glace : « c’est plus hyggeligt ainsi ? » lance-t-il à sa collègue, qui acquiesce aussitôt d’un sourire complice.
« Hygge »… Rexh s’amuse de ce mot que tout le monde tente de traduire. « Le hygge, ça ne se définit pas vraiment. Ça veut juste dire prendre du bon temps, rendre un moment plus cozy et profiter ». Et ici, le concept semble avoir trouvé son écrin parfait.
Installer une telle patinoire au cœur de la capitale danoise n’est pas une mince affaire. Près de deux semaines de travail ont été nécessaires, suivies d’un entretien quotidien minutieux. Un effort largement récompensé : depuis 1999, la patinoire revient chaque hiver, ajoutant une couche supplémentaire de magie et de hygge à cette place royale déjà chargée d’histoire.
Selon plusieurs médias danois, Katy Perry et Orlando Bloom auraient même été aperçus patinant incognito avec leurs enfants. Difficile de résister à l’appel de la glace lorsqu’on séjourne juste en face d’un tel décor.
Parmi les patineurs du jour, Arthur Lervad, menuisier-ébéniste, vient tout juste de s’offrir une paire de patins Bauer. De passage par hasard sur la place, il n’a pas résisté à la tentation d’essayer immédiatement son nouveau cadeau. Un tour, puis deux. Le geste revient vite. Le coup de patin n’a pas été oublié.Arthur se dit « ravi de reprendre le patin à glace, nouvelle résolution de l’année, surtout après huit ans sans patiner ».
Bien calé dans ses Bauer Supreme M40, qu’il juge particulièrement agiles, il rappelle que le patinage est avant tout une question de confort. Pour tout bon patineur, avoir ses propres patins reste essentiel.
Une patinoire circulaire en plein centre-ville, sur une place aussi emblématique, à deux pas de Nyhavn. Ici, personne ne semble pressé. Tout est extravagant, presque irréel, et pourtant profondément apaisant. Les bancs originels de la place, restés accessibles malgré l’installation, invitent à s’y poser quelques instants, à observer, à mieux saisir l’âme de Kongens Nytorv et à en apprécier chaque détail : « c’est un plaisir à regarder », commente Andréa, étonnée de n’avoir vu personne tomber pour le moment.
Au fil des tours, le panorama se dévoile et se redécouvre sans cesse. Le regard glisse sur le patrimoine danois : au centre, la majestueuse statue équestre de Christian V, sculpture baroque datant de 1688 ; un peu plus loin, le Théâtre royal danois ; l’Académie royale des beaux-arts installée dans le palais de Charlottenborg ; l’ambassade de France, dont l’énorme panneau publicitaire, érigé depuis de nombreuses années, vient malheureusement gâcher la vue sur ce bâtiment historique de 1683. Dans le prolongement, les façades multicolores typiquement danoises de Nyhavn, puis Magasin du Nord, ce grand magasin de style Renaissance. La boucle est bouclée.
Il ne manque plus que la neige pour parfaire cette carte postale de Copenhague. Le temps d’un surfaçage, et le miracle se produit. Confirmé par les cris d’émerveillement des passants et des patineurs, les premiers flocons commencent à tomber, de plus en plus nombreux. Les enfants exultent, les adultes retrouvent le sourire. Chacun ralentit, observe et savoure cet instant tant attendu depuis Noël.
Malgré le froid redoutable, la place de Kongens Nytorv n’a jamais semblé aussi chaleureuse, encore plus féerique, enveloppée dans cette parenthèse hivernale où le hygge prend tout son sens.
Plusieurs plans m’avaient été proposés : une « masquerade party » — bof — ou une « dancing music party ». Non, merci.
Aucune envie d’un dîner guindé, encore moins de vivre l’impatience artificielle du passage à 2026. Juste celle de prendre le temps. Du bon temps. Sereinement. Il faut le reconnaître : pas de plans a souvent été le meilleur plan. Alors suivons cette philosophie et embrassons la Saint-Sylvestre dans ce qu’elle a de plus précieux : la spontanéité.
Le dîner de réveillon s’improvise ainsi, presque naturellement, chez Mikkeller Færgekroen, au cœur du plus ancien parc d’attractions du monde : le Tivoli. Aucune réservation, évidemment. Mais Clara — serveuse solaire et attentive — trouve une solution.
Me voilà installé face au lac des jardins du Tivoli, là où se déroule un spectacle d’illuminations d’inspiration féerique : lumière, son, laser, feu, fumée et eau s’unissent dans une chorégraphie inspirée de Casse-Noisette, portée par le fil d’or de la musique de Tchaïkovski.
Le hasard fait bien les choses. La rencontre d’un couple bourguignon, venu célébrer un anniversaire, se transforme en discussion chaleureuse, puis en tablée partagée. Le réveillon prend corps.
À table, la tradition danoise se raconte avec sincérité. Des plats classiques, préparés avec soin, à partir d’ingrédients locaux de grande qualité. Le menu de Noël met à l’honneur le pâté de foie maison, le filet de carrelet croustillant, le généreux schnitzel viennois ou encore la poitrine de porc lentement rôtie. La maison excelle aussi dans l’art du smørrebrød, ces sandwichs ouverts emblématiques, travaillés avec précision, saisonnalité et ce savoir-faire danois justement réputé.
Ce soir, je choisis un grand classique : le Stjerneskud, garni de crevettes et d’œufs de truite. Une explosion de fraîcheur, nette, élégante. Pour accompagner ce plat à la fois savoureux et familier, une stout export sélectionnée par le brasseur Mikkeller : ronde, profonde et réconfortante.
En dessert, le patrimoine gastronomique danois s’invite à nouveau avec un divin risalamande. Et pour conclure, un havtorn snaps : doux, subtilement parfumé à l’argousier, préparé maison. Servi jusqu’à ras bord, comme la tradition l’exige. Skål !
Le froid est mordant, mais ici, le bon sens règne encore. Lampes chauffantes à l’extérieur, chaleur de l’accueil, convivialité assumée : on profite de l’air frais sans renoncer au plaisir.
Direction ensuite l’atelier de Johan Bülow, le confiseur spécialiste des Lakrids, pour une note de réglisse tout en douceur. L’art délicat — presque audacieux — de rendre la réglisse universelle, déclinée en près de vingt parfums permanents, parfois plus selon les saisons : menthe givrée, caramel beurre salé, fraise amère… Une gourmandise maîtrisée.
Puis cap sur le Nimb. L’American Bar offre refuge et chaleur autour d’un gløgg, vin chaud traditionnel accompagné d’amandes et de gâteaux à la cannelle, faits maison bien évidemment.
Le cinq étoiles, à la stature de palace, s’active. Ici, tout est prêt pour offrir à ses hôtes un passage à la nouvelle année inoubliable. Les privilégiés s’apprêtent à rejoindre le rooftop, autour de la piscine, pour assister au feu d’artifice du Tivoli. La direction et le personnel sont aux petits soins ; le temps s’efface dans une parenthèse aussi magique qu’inattendue.
Si cette période devait avoir un parfum, ce serait celui d’Amouage, qui habille harmonieusement le Nimb. Une senteur délicate, présente jusque dans les savons et crèmes pour les mains — attention précieuse en cette saison où la peau est mise à rude épreuve.
À 23 heures, le Tivoli lance officiellement les festivités. Un feu d’artifice orchestré par une équipe de pyrotechniciens chevronnés, mondialement reconnus. Un spectacle éblouissant qui laisse petits et grands les yeux levés, et semble émouvoir jusqu’au ciel lui-même.
Une coupe de champagne Ruinart accompagné d’un kransekage — que je surnomme affectueusement le gâteau de la reine, tant il est associé aux mariages royaux et réceptions officielles — viennent sceller l’instant. Une douceur de pâte d’amande, en anneaux superposés, simple et symbolique.
Après Copenhague et Aarhus, Odense est la troisième plus grande ville du Danemark. Une ville à taille humaine, douce et attachante, souvent associée à l’une de ses spécialités les plus emblématiques : le marcipan d’Odense. Cette délicate douceur, proche de la pâte d’amande mais plus fine et plus subtile, est fabriquée à partir d’amandes finement broyées et de sucre. Un symbole gourmand devenu presque indissociable de la ville depuis plus d’un siècle.
Capitale de la Fionie, Odense est aussi connue bien au-delà des frontières danoises pour être la ville natale de Hans Christian Andersen. Sa maison d’enfance, devenue un musée que l’on peut visiter aujourd’hui, rappelle que c’est ici qu’est né l’un des plus grands conteurs européens.
Mais Odense ne se résume ni à ses douceurs ni à ses contes. La ville se prête merveilleusement à la flânerie, entre vestiges vikings du Moyen Âge et patrimoine religieux remarquable. La cathédrale gothique Saint-Knud, dont les origines remontent au XIᵉ siècle, domine le centre historique. En hiver, elle fait face à un immense sapin de Noël, point de départ d’une mise en lumière qui se prolonge naturellement jusqu’à la place Flakhaven.
C’est là, au cœur de la ville, que s’installe chaque hiver une patinoire extérieure en vraie glace. Une activité idéale à faire en famille, entre amis, ou même en solo, pour prolonger un peu la magie de Noël quand on trouve, comme beaucoup, que les fêtes passent toujours trop vite.
Dès l’arrivée, l’ambiance est chaleureuse. Accueilli par une équipe souriante, on enfile ses patins avant de s’élancer sur la glace, dans une atmosphère qui évoque presque un Holiday on Ice à ciel ouvert. La glace est de très bonne qualité, parfaitement entretenue, sans aspérités. Et surtout, on ne s’ennuie pas : une très légère descente d’un côté et une montée tout aussi douce de l’autre viennent casser la monotonie des tours. Une subtilité bienvenue qui apporte du rythme et permet de travailler l’équilibre et la maîtrise du patinage.
Au centre de la patinoire, un banc circulaire invite à la pause. L’occasion d’admirer la vue imprenable sur la mairie d’Odense, dont l’architecture néo-Renaissance de 1893 dialogue harmonieusement avec la cathédrale voisine et les bâtiments historiques alentour. À quelques pas, d’autres églises du centre ancien complètent ce décor urbain dense et élégant. La carte postale est parfaite.
Un véritable esprit de famille règne ici. Le temps d’un instant, on devient presque le spectacle des passants, qui s’arrêtent, regardent, rêvent. « C’est beau et ça fait rêver, et en plus ça a l’air super simple », s’émerveille Gitte, replongée dans ses souvenirs de jeunesse, quand elle patinait encore sur des lacs gelés.
À la tombée du jour, lorsque les lumières se reflètent sur la glace et que les cloches de Saint-Knud retentissent, le temps semble s’arrêter : la patinoire de Flakhaven devient bien plus qu’une simple attraction hivernale. C’est une parenthèse, encore plus délicate si l’on a la chance d’entendre le carillon des quarante-huit cloches. Un moment suspendu où la ville se laisse apprivoiser en glissant. À Odense, l’hiver est une caresse qui donne envie de rester encore un peu.
Le craquement du plastique cristallise soudain toute l’attention des voyageurs. Des relents de saucisson viennent nous chatouiller les narines, puis s’impose une fragrance plus insistante : une impression de pâté… vieux pâté, limite pâté de foie, version Canigou.
Le voisin d’en face croque ses chips bruyamment, comme s’il voulait qu’on les compte une à une, avant de faire glisser les dernières miettes dans sa main pour les gober avec un sérieux d’archéologue.
Nous sommes pourtant bien dans un train, dans une voiture de voyageurs, pas dans une voiture-restaurant.
Et voilà qu’un arrêt exceptionnel s’annonce. Nouveaux voyageurs… nouvelles odeurs.
Ça n’a pas manqué : aussitôt, le carré des quatre passagers à côté perçoit la nouvelle fragrance et éclate de rire. Les autres, silencieux jusqu’ici, finissent eux aussi par la sentir.
Se répand alors un parfum d’eau de Cologne à la lavande — « presque une odeur de shampoing anti-poux », analyse l’une. « Eau de Cologne très bas de gamme, alors », rectifie son amie, pince-sans-rire.
« On a une odeur de tabac mouillé ! », se lamente une voix égarée au fond du wagon. La fumée de cigarette s’installe, sournoise, se mêlant à l’air climatisé. On retient son souffle, on prend son mal en patience.
Mais l’émanation la plus emblématique reste sans doute celle-ci : « une odeur de poussière accumulée dans la clim », raconte un grand voyageur d’un ton d’expert.
Heureusement, tout le monde préfère en rire. Le voyage continue dans la bonne humeur. Tiens, maintenant, une vague de monoï flotte dans l’air… L’été s’invite entre deux gares.
« C’est bien de sentir les odeurs, on se sent vivant ! », philosophe Julia. « Si on ne sent plus rien, soit on a le covid, soit on est morts ».
Finalement, le train n’a peut-être pas une odeur, mais bien des odeurs. Une symphonie d’arômes en mouvement, une fragrance sans fin.
Il y a des moments, parfois, où le hasard s’invite au salon Air France du Terminal 2F. Entre deux vols, une surprise : le Chef François Adamski est là, en veste blanche à col tricolore et à l’œuvre. Une session de cuisine en direct, un rare instant de contact entre la restauration et les passagers — un moment de création culinaire à vue, presque intime.
C’est alors qu’on mesure que les plats servis ici ne sont pas de simples repas de transit, mais des assiettes pensées, travaillées, portées par une véritable équipe.
Aujourd’hui, Air France dévoile la nouvelle carte d’automne imaginée avec la signature culinaire de François Adamski, Chef corporate de Servair, Meilleur Ouvrier de France 2007 et Bocuse d’Or 2001.
Au menu du jour : pâtes radiatori à la crème de champignons, potirons sautés aux herbes. « C’est un plat de saison, j’aime bien ces pâtes, car la crème pénètre bien dans les radiatori, ça amène du moelleux et de la gourmandise », confie le Chef Adamski, un brin de passion dans la voix.
Et pour prolonger la dégustation, le Chef suggère un accord mets et vins : un Condrieu de chez Jaboulet 2019, Les Cassines de la Vallée du Rhône, un Château La Clape 2022, ou tout simplement, une coupe de champagne Pommery Brut Royal.
Deux autres plats chauds accompagnent ce ballet gourmand. Poulet sauce truffonade et mélange de légumes, « un plat réconfortant et gourmand, accompagné de différents légumes d’hiver pour la couleur et la saveur », précise le Chef. Et puis la fraîcheur de gnocchetti aux deux saumons et sauce citron-aneth, « un crémeux de saumon pour apporter de la gourmandise aux gnocchetti, eux-mêmes relevés par des zestes de citron et d’aneth. Un plat frais et gourmand rehaussé de saumon fumé ».
La file s’allonge devant le stand. « On essaie de reprendre en température et après je continue le service », sourit le Chef MOF, heureux de pouvoir échanger quelques instants avec ses convives.
Pendant ce temps, Olivier, sosie de Richard Gere, avoue qu’il se « resservirait volontiers une troisième rasade » s’il ne devait pas embarquer maintenant. Agréablement surpris par cette cuisine inattendue, il confie avoir « l’impression d’être un privilégié, avec le Chef qui vient vous rencontrer à votre table ».
Darya, voyageuse portugaise, partage le même enchantement : « la façon dont il vous sert, explique les ingrédients, ajoute le basilic…Ça nous fait sentir comme quelqu’un de spécial ».
François Adamski, lui, savoure cette communion rare. À la tête du « plus grand restaurant du monde, nous préparons les plats des cabines Business et Première, pour toutes les destinations au départ d’Air France — courts, moyens et longs courriers ».
Un chef des airs, habitué à concevoir des plats pour toutes sortes de voyages, y compris jusqu’aux navettes spatiales. Il a même eu l’honneur de cuisiner pour Thomas Pesquet, lors de sa mission de 2023 à bord de l’ISS. Au menu de l’espace il y avait un bœuf bourguignon et risotto de petit épeautre à la truffe.
Comme quoi, dans les airs, et même dans l’espace, il y a toujours moyen de bien manger.
C’est l’été, enfin le moment tant attendu où l’on peut se découvrir.
Aller à la plage, à la piscine ou encore profiter d’une simple sortie en bord de mer peut vite devenir un casse-tête. Que porter avant, pendant et après le bain ? Telle est l’éternelle question à se poser en amont, pour éviter de se retrouver dans une situation délicate ou embarrassante.
Voici nos conseils pour rester élégant, même en plongeant dans l’océan.
L’objet fétiche, à toujours avoir avec soi, c’est bien évidemment le maillot de bain. Attention, pas n’importe quel maillot. Une fois enfilé, il devient l’unique vêtement qui attirera tous les regards, des plus indiscrets, voire même ceux des personnes derrière leurs lunettes de soleil, qui font semblant de dormir, mais gardent toujours un œil ouvert.
Caleçon, slip de bain ou short de bain : chacun son style, chacun son confort. L’origine du short de bain remonte aux années 1970, lorsque Fred Prysquel, un journaliste automobile, retrouve un amour d’antan à Saint-Tropez. L’histoire a tous les ingrédients d’un film d’amour, et c’est Roland Herlory, PDG de Vilebrequin, qui la raconte avec passion : « Pour séduire à nouveau cette femme, il décide de confectionner un maillot de bain en s’inspirant des tissus en coton qu’il avait vus lors d’un séjour en Afrique ». Résultat : un élégant mélange de motifs, de couleurs et surtout un maillot dont le tombé est remarquable. Ce qui devait être un accessoire romantique se transforme en objet de curiosité, pour ne pas dire de convoitise. « Victime de son succès, il décide alors de s’associer avec son amour de jeunesse et de produire le fameux maillot en série », poursuit Herlory.
Sa belle amie lui demande quel nom donner à cette pièce. Après un court moment de réflexion, les yeux posés sur un escalier en colimaçon, celui dont les proches sont Jacky Ickx et Jean-Pierre Beltoise, il a cette réminiscence d’un vilebrequin. La marque était née !
Aujourd’hui, Roland Herlory reste tout aussi attentif et attaché à maintenir l’héritage de cette marque, autrefois connue sous le nom de « costume de bain ».
Au-delà de sa fonction initiale, le maillot de bain est « un porteur de souvenirs », décrit le président de Vilebrequin. « Cet objet de mémoire doit rappeler les vacances, et pour moi, il doit durer toute une vie », affirme-t-il. Aussi surprenant que cela puisse paraître, « un maillot de bain doit être comme une voiture : réparable ».
En effet, s’il arrive que le filet se déchire, les boutiques Vilebrequin proposent aux clients des retouches avec remplacement pour un coût d’une vingtaine d’euros, afin de garantir la pérennité de leur compagnon le plus intime.
Toutes les matières des maillots Vilebrequin sont à base de fibres naturelles, recyclées et recyclables. Certains modèles sont fabriqués à partir de filets de pêche industriels, d’autres à partir de bouteilles d’eau minérale récupérées à Turin. Le fil est italien et le tissage se fait en France, à Bourgoin-Jallieu, en Isère.
Porter un maillot de bain ne se résume pas simplement à se baigner. C’est aussi un atout séduction lorsque vous bronzez en bord de mer. Ainsi, après la baignade, il est coutume dans les yachts-clubs de se changer pour rester confortable et présentable en toutes circonstances.
C’est là que votre maillot de rechange entre en scène. Le Vilebrequin Woolmark est remarquable par le fait qu’il soit en laine mérinos, ce qui le rend ultra-respirant et capable de maintenir la fraîcheur. En sortant de l’eau, il rejette l’humidité efficacement et sèche rapidement. De plus, son drapé, au-delà de vous donner une allure élégante, crée l’illusion d’un smoking de bain.
Il existe aussi des maillots brodés, avec des motifs en relief, des embouts en argent massif, parfois même en or. Ces éditions limitées à 199 exemplaires arborent une étiquette numérotée à l’intérieur.
Autant de soins qui ont le mérite d’offrir un éventail de couleurs et une variété de motifs, dont la tortue, emblème de Vilebrequin. Plus qu’un simple maillot chic, le « costume de bain à Saint-Tropez depuis 1971 » prend ici tout son sens.
Vilebrequin ne se cantonne pas uniquement aux maillots de bain et va même jusqu’à vous habiller de la tête aux pieds. Chemises, pantalons, serviettes, sacs de plage, chaussures, chaussures de bain pour ne pas vous blesser en mer, et même matelas gonflables vintage.
Vilebrequin se décline aussi en automobile et lance, avec Fiat, une édition limitée de la Topolino. Cette déclinaison entièrement faite à la main est dotée d’une douchette côté conducteur qui permettra de vous rincer les pieds avant de prendre la route. Entièrement électrique, sans portes, avec juste un support pour fixer une malle et un toit découvrable pour rouler cheveux au vent. La Fiat Topolino Vilebrequin est conduisible à partir de 14 ans, avec une vitesse maximale de 45 km/h et une autonomie de 75 km. Une microcar de luxe qui se recharge en 4 heures sur une prise classique. Cette édition spéciale, destinée aux collectionneurs, est limitée à 200 exemplaires.